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Ian Boddy › Slide

cd | 9 titres | 56:23 min

  • 1 1 The Probability of Doubt 7:14
  • 2 2 Lost and Found 5:46
  • 3 3 Slide 6:57
  • 4 4 Tourmaline 7:40
  • 5 5 A Moment of Gliss 3:43
  • 6 6 Yesterdays Memories 7:38
  • 7 7 Mechamystical 5:27
  • 8 8 Troubadour 5:01
  • 9 9 The Possibility of Existence 6:38

enregistrement

Composé et produit par Ian Boddy de janvier à juillet 2008

line up

Ian Boddy : Roland System 100-M, Doepfer A-100 et synthés modular analogues Analogue Systems French Connection keyboard. Minimoog & VCS-3, Spectrasonics Atmosphere & Stylus RMX. Native Instruments Kontakt, Battery & Reaktor & AAS Lounge Lizard.

remarques

Pour entendre des échantillons sonores de Slide, visitez le site: http://www.din.org.uk/din31.html

chronique

Bienvenu dans l’étrange monde d’Ian Boddy. Le fondateur du label DiN est à la MÉ ce que Tim Burton est au cinéma, soit la finesse de l’art contemporain, avec de fantastiques clins d’œil à la vétustité des œuvres maîtresses. Pourtant, Ian Boddy est loin d’être un novice sur la scène de la MÉ. Slide est déjà son 16ième album solo, lui qui a réalisé des œuvres avec Robert Rich, Mark Reuters et Mark Shreeve pour le très Berlin School duo Arc. Slide pour glisser, coulisser. Mais aussi pour la musique qui coule comme sur une ‘’slide’’ guitare ou plutôt un ‘’slide’’ synthé. Slide est un superbe album d’une musique audacieuse qui plaira autant aux amateurs d’une musique contemporaine que de Berlin School, car Ian Boddy transcende les 2 mondes avec une étonnante approche sur des cadences inattendues et aussi limpide que les roches qui escarpent les torrents. Des rythmes truffés d’un synthé aux ondulations légatos qui ensorcèlent dans un univers sonore arqué par l’utilisation massive des ondes Martenot, composant la presque totalité d’un album aux incantations éthérées. Pourtant c’est bien timidement que démarre Slide avec The Probability of Doubt et ses gongs tibétains. Une intro ecclésiastique surplombée d’un moulant synthé mellotronné dont les strates épousent la pieusité du moment. Des strates qui se font menaçantes dont les lamentations spectrales ondulent sur un tic-tac débalancé, épousant timidement une sonorité de chaines qui accompagne la marche nocturne des fantômes. Poursuivant sa démarche spectrale, Lost and Found débute avec des ondes Martenot qui font office de lamentations ectoplasmiques sur une structure qui s’anime avec des cymbales papillonnées et un synthé aux souffles d’une guitare coulissante, sous des percussions aux vocables gutturaux ou des phases harmonieuses se glissent avec enchantement. Lorsque que l’on parle d’étrangéité! Slide, la pièce-titre débute sur des percussions qui claquent comme les ailes d’une libellule sur un synthé glissant et une basse ondulante. Un beau morceau, peut-être le plus accrocheur à la première écoute, avec son ascension crescendée sur des ondes spectrales et un rythme permutant qui embrasse un soft techno. Délicieux. Tourmaline est une course effrénée qui débute d’une façon débonnaire. Une séquence hyper nerveuse dessine une cadence névrotique qu’un synthé enveloppe d’une tendresse morphique. Mais le rythme persiste et se déchaîne sous un synthé mellotronné, à la mélodie accrochante, et une séquence ondoyante à la Berlin School torpillée d’effets sonores hétéroclites, à l’image du monde musical de Ian Boddy. Un très bon titre qui plaît dès les premières mesures à l’oreille. Après le soporifique A Moment of Gliss qui étale ses ondes Martenot tel une mouette prise dans une turbulence éolienne, Yesterdays Memories nous entraîne dans l’univers rythmique d’Arc avec une bonne séquence hésitante et lourde, accouplée à un synthé fébrile aux accords sautillants. La lourdeur atmosphérique d’Arc est présente avec ses échos réverbérants qui masquent de fines percussions xylophonées et des cymbales aux ‘’tsitt-tsitt’’ technoïdes qui tanguent avec un synthé aux ondes spectrales. D’ailleurs Yesterdays Memories est le début d’une section musicale plus animée, démontrant la passion des rythmes insolites et novateurs qui habite Ian Boddy. Bâtit dans le même moule Mechamystical est plus léger, même avec ses lourdes percussions résonnantes qui fluctuent irrégulièrement sous un synthé aux ondes apocalyptiques. Un synthé qui délaisse son côté spectral pour offrir de bons solos sur une cadence devenu plus limpide. Un peu comme sur Troubadour qui offre en contrepartie une cadence plus névrotique sous une avalanche de notes qui déboulent au travers un synthé langoureux et très lyrique. Un titre nerveux, avec un rythme hoquetant et une pulsation lourde, qui oscille entre la techno et le disco, mâché par un synthé frondeur aux ondes spectrales qui virevoltent innocemment dans une rythmique martelante. The Possibility of Existence est le calme après la tempête rythmique entamée par Yesterdays Memories. Un beau titre ambiant où les ondes spectrales Martenot refont surfaces, telles les lamentations de baleines repues et sereines dans le bleu noir d’un océan de tendresse. Une superbe façon de conclure un superbe opus étonnement surprenant qui se délecte du premier au dernier souffle, avec toute la poésie futuriste d’Ian Boddy. À se procurer

note       Publiée le vendredi 25 septembre 2009

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