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The Mars Volta › The bedlam in goliath

12 titres - 75 :52 min

  • 1/ Aberinkula (5:45)
  • 2/ Metatron (8:12)
  • 3/ Ilyena (5:36)
  • 4/ Wax Simulacra (2:39)
  • 5/ Goliath (7:15)
  • 6/ Tourniquet Man (2:38)
  • 7/ Cavalettas (9:32)
  • 8/ Agadez (6:44)
  • 9/ Askepios (5:11)
  • 10/ Ouroborous (6:36)
  • 11/ Soothsayer (9:08)
  • 12/ Conjugal Burns (6:36)

enregistrement

Produit et arrangé par Omar Rodriguez-Lopez Enregistré à 6050 W. Sunset Blvd. Los Angeles, CA ; 5074 Alhambra Ave., Los Angeles, CA et 99 Sutton St. Brooklyn, NY par Robert Carranza, Lars Stalfors, Isaiah Abollo et Omar Rodriguez-Lopez Mixé par Rich Costey aux Electric Lady Studios, NYC assisté par Charlie Stavish. – Masterisé par Howie Weinberg à Masterdisk, NYC.

line up

John Frusciante (guitare doublée sur les solos), Omar Rodriguez-Lopez (guitares, synthés), Cedric Bixler Zavala (chant), Thomas Pridgen (batterie), Juan Alderte (basse), Isaiah Ikey Owens (claviers), Marcel Rodriguez-Lopez, (percussion, synthéthiseur), Pablo Hinojos-Gonzalez (manipulation sonore)

chronique

Styles
ovni inclassable
progressif
rock
psychédélique
Styles personnels
over the top… and beyond that, too !!!

Ahh, le cas Mars Volta. On ne sait plus très bien si il faut se poiler ou tripper avec eux… Ne cherchez pas la grandeur pastorale où la poésie du prog des 70’s ici, Mars Volta, quoi qu’il fasse, vient de la scène punk d’El Paso. Mars Volta est putassier, post-moderne, et racoleur dans ses mélodies vocales. Mars Volta, c’est comme le péruvien au coin de la rue à Barbès qui vend des porte-clés qui clignotent, sauf que celui-là aurait hérité de super-pouvoirs vaudou dignes d’une série Z des années 80. Si identité mexicaine il y a dans la musique du groupe, alors c’est une identité bancale, déracinée, transformée, désincarnée et passée à travers le filtre des vocoders et des innombrables samples au son pourri vaguement exotiques qui parsèment leurs chansons, encore plus crispant pour l’oreille du puriste que l’attirail de fête foraine de Manu Chao. Comme toujours avec les grands groupes bâtards, ce que que les uns les détestent est exactement ce qui rend les autres fous. Que penser de l'histoire d'exorcisme a base de planche de ouija racontée par le groupe pour promouvoir ce disque ? Ce n'est pas le propos ici, aussi je vous invite à parcourir le web, l'affaire étant compliquée et tordue. Pour l'heure, évacuons d'emblée la question qui fâche : oui, certains morceaux sont largement superflus sur ce trop long album (mais indispensables à l’histoire, on imagine…) : l'indigeste Metatron (en 2ème morceau, beurk, ça va pas la touffe ?), Aksepios, Conjugal Burns (alias le seau qui fait déborder le vase)… Mais en même temps, qu’attendre d’autre d’un groupe forcené de travail, bridé par la politique d’une major comme Universal (en gros, moins on sort de musique, plus on capitalise) ? Ils mettent probablement tout ce qu’ils ont en stock à chaque album, de peur d’avoir à attendre encore 2 ans. Z’avaient qu’à signer chez Domino.Il y a pourtant ici des chefs d’œuvres incontestables : Ouroborous, étrange odyssée fantomatique, Soothsayer, et surtout Ilyena, porté à bout de bras par les hallucinantes envolées mélodiques de Cedric, d'une efficacité et d'une force qu'on n'aurai jamais imaginé trouver chez le groupe il y a quelques années. 6 boules pour celle-là, garçon, c’est jacquant au possible, et la surprise risque de faire taire pas mal de détracteurs. La raison de la réussite, ainsi que LE truc qui accroche sur ce disque, ça n’est pas la guitare d’Omar Rodriguez (doublée par Frusciante lors des solos, un à gauche, un à droite, comme chez Sonic Youth mais dans un tout autre genre), mais bien la voix tant honnie de Cedric, l’eunuque provocateur, qui vient de franchir ici un palier incroyable… Jamais elle n’a eu autant d’aisance dans les aigus, bien que le côté bavard et labyrinthique jusqu’à la caricature des paroles noient comme d’hab la beauté sous une logorrhée un peu inepte, qui devient carrément énervante dans les graves. On ne va pas tourner autour du pot : c’est quand Mars Volta ajoute des synthés et des effets sur la voix qu’il est le moins chiant, et le plus flamboyant, comme sur l’énorme Acadez, où on atteint une sorte de gabarit Zeppelinien, tout simplement magique, funky et tragi-comique, qui s’achève comme il se doit dans un carambolage jouissif et superfétatoire… Rahhh, que voulez vous, j'ai essayé de pas aimer, de résister, en vain !! Bien sur, ce n’est qu’après une demie-douzaine d’écoutes exclusives (comprendre : ne rien faire d’autre qu’écouter) qu’on commence à y voir clair dans ce magma surchargé, mais le jeu en vaut la chandelle. Ces mecs se font chier à composer jusque dans les détails, autant se faire chier à rentrer dedans. Le groupe s’amuse beaucoup à maltraiter ses structures, à proposer des rythmiques jamais entendues ailleurs, voire à creuser des trous ambient dans ses compos, qui gagneraient à être plus développés, tant ils constituent – une fois de plus – le pic émotionnel du disque. Ils sont délicieusement nombreux dans Cavalettas, glorieuse et interminable partie de cache-cache entre cette rythmique claudicante et le matador Cedric Bixler, et ce putain de solo d'appeau à canard surréaliste. La déconstruction et la bizarrerie totale côtoient le groove et les acrobaties prog 70’s les plus tubesques, comme sur Goliath, morceau puzzle parfois fatiguant de par ses allées-venues entre équilibre mélodique et fulgurances insensées… Mais quel groupe peut se vanter d'être aussi scandaleusement mélodique sur un tempo pareil ? On pense à Zappa pour le goût du défi, même s'il n'est clairement pas relevé de la même façon. Quasiment pas de ballades ou de moments de recueillement, pratiquement que des titres groovy et enlevés, portés par le nouveau batteur du groupe (les 5 premiers titres s’enchaînent à toute vitesse comme s’ils avaient un train à prendre… Parfait pour vos boums). Seule entorse à la règle : Tourniquet Man, pivot du disque, et l'un de ses moments de bizarrerie totale. The Bedlam In Goliath est un disque cohérent dans son extrémisme, et sortir ça sur une major company mériterait la putain de légion d’honneur. Alors bien sûr, il n'est pas inutile de le répéter, il faut se forcer à passer outre la pléthore de notes, les ridicules titres à crypto-rallonge du duo genre Aberinkula ou Metatron (et si je vous dit que le prochain album va s’appeller Octahedron ?). La diva et le laborantin, la castafiore et le nerd trousseur d’arrangements maladifs ont ici accouché d'un album énorme, dense, et non dénué d'humour (encore un point commun avec l'autre), sorte de bébé monstrueux issu d'un gang bang entre RATM, King Crimson, Brainac et Maroon 5 dans un bordel mexicain... Désolé pour la comparaison, je nettoierai en partant. A noter que certaines éditions incluent des reprises (toutes plus qu'excellentes) des Sugarcubes, Siouxie et Pink Floyd. Un disque GLANDIOSE, comme disait Mel Brooks. Un disque universal. Ça me fait bizarre à moi aussi.

note       Publiée le mardi 4 août 2009

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dariev stands › mardi 19 septembre 2017 - 21:05  message privé !
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Ah ah, j'adore provoquer des débats super intéressants juste avec un comm... plein de choses à dire, mais d'ores et déjà super d'acc avec Dio et Rav'

Dioneo › mardi 19 septembre 2017 - 17:38  message privé !
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Ouais, sans doute, pour la sémantique. Étant entendu quand-même que personne n'a l'air de croire que "beau = joli" et "laid = pas joli"... Et perso je continue de trouver que les histoire de "l'art c'est du beau", ben c'est... Dépassable. Quant au laid déjà partout et pas la peine d'en remettre... Je pense que je vois ce que tu veux dire mais je me méfie de ça au sens où "mal" pris, ça rejoint facilement le "bah c'est pas de la musique vos trucs là, juste du bruit" ou "font chier avec leurs trucs bavards et plein de signes qui vont trop vite, nous on veut des belles histoires qui font des jolis films"... Je sais bien que tu ne dis pas DU TOUT ça mais c'est vrai que ça peut vite tourner aux foutaises genre "l'art doit être PO-SI-TIF absolument". (et je maintiens à mon tour : "fermer" des tas de trucs intéressants qui ignorent sciemment ce postulat quand ils ne s'appuienet pas très consciemment sur son inverse, même).

(N°6) › mardi 19 septembre 2017 - 17:28  message privé !
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Je crois qu'on s'entend pas sur le mot "laid" en fait, tout simplement. Je vais pas ressortir la vieille tirade de Jean Yanne sur la différence grossièreté/vulgarité, mais bon, c'est un peu pareil. Par exemple, y a plein de chansons de Sardou qui sont bien joliment écrites, avec de bonnes mélodies, très bien chantées, mais qui sont pourtant très laides. Et des trucs tous biscornu, crade, horrifiant, desquels se dégage de la vrai beauté (au hasard puisque je suis encore dedans, des plans de Lynch, dignes de cauchemar). Mais bon, à ce niveau c'est de la sémantique plus qu'autre chose. Ceci dit, je m'y tiens, le laid est déjà partout, tout le temps, tout autour de nous. Pas la peine d'en produire en plus.

Raven › mardi 19 septembre 2017 - 17:13  message privé !
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M'reconnais totalement dans cette tirade. Comme dirait l'autre, "après tout pourquoi n'y aurait-il pas autant d'art possible dans la laideur que dans la beauté ?" Même ressenti sur King Crimson, ça me parle un peu pareil, pas tout King Crimson certes ; mais du difforme volontaire, du hideux, du vicié, du biscornu, du reptile, du monstrueux, y en a. Paraît que ça fait les contrastes. Il faut du laid, et il faut du beau, comme il faut de l'ombre et de la lumière, du Calva et du Nada.

Note donnée au disque :       
Dioneo › mardi 19 septembre 2017 - 15:56  message privé !
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Non mais dans ce que je disais, il ne faut pas prendre laid/laideur etc. comme quelque chose de négatif - ni de positif, hein, d'ailleurs, en soi. S'agirait plus, disons, d'un "mode expressif usant de la laideur"... Quand je dis qu'il y a du laid chez Crimson, c'est surtout que ça raconte - tiens, justement - des trucs laids, prend pour ça des traits expressifs, donc, d'une certaine laideur. (Je trouve que la pochette d'In the Court, par exemple, rend bien ça sur un autre plan, tiens). Après oui, ça en fait quelque chose de "beau" mais ça n'est pas une beauté apaisée, neutralisée, "apollinienne", comme dit le cliché... Pour les Cardiacs, pareil, ça en intègre, du moche - y'a qu'à voir leurs clips gerbos, que je trouve très cohérents avec la musique elle-même... Et on peut en trouver d'autres qui font/faisaient ça - Lucrate Milk, tiens, par chez nous, eux disaient qu'ils "cherchaient le beau partout" mais pareil, à les écouter autant qu'à voir les vidéos cradoques qu'ils faisaient à l'époque, c'est évident qu'il en usaient délibérément, là-dedans, du vilain, du contrefait, du dégueulasse... Pas du tout les seuls à faire ça dans "un certain punk" d'ailleurs... Et pas d'acc' avec toi (N°6) sur le "c'est con de faire du laid volontairement"... Y'a des gens qui font ça très bien, y'a aussi parfois une espèce d'humour finalement assez poussé (jusqu'au-boutiste oui) - cf par exemple Sete Star Sept et d'autres de ce secteur du grind, noisecore etc. Ou même une grosse partie du black, tiens, ou du death "primaire" - au hasard Sadistik Exekution dont on parle pas loin d'ici, même assez nettement Morbid Agel ou des gens comme ça. Puis des trucs dans les thrash - Slayer, si ça joue pas avec la laideur... -, dans l'indus, qu'on prenne le mot dans la définition des débuts/de Gen P. Orridge ou qu'on parle en disant ça de Skinny Puppy, du métalindus à la Ministry... Voilà quoi, le laid réussi, ben ça existe !