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Die Form › Bach Project

cd | 13 titres

  • 1 BWV 42-7 Am Abend Aber Desselbigen Sabbats (Church Cantata) [2:12]
  • 2 BWV 243-3-4 Magnificat: Quia Respexit & Omnes enerationes [4:25]
  • 3 BWV 1031 Sonata Nr 2 In Es-Dur [5:11]
  • 4 BWV 1002 Partita Nr 1 In B Moll [4:17]
  • 5 BWV 147-5 Bereite Dir Jesu Noch Itzo Die Bahn (Herz Und Mund) [4:26]
  • 6 BWV 1030 Sonata Nr 1 In H Moll [4:27]
  • 7 BWV 1004 Partita Nr 2 In D Moll [3:45]
  • 8 BWV 565 Toccata Nr 2 In D Moll [10:04]
  • 9 BWV 54-1 Aria: Widerstehe Doch Der Sünde [5:55]
  • 10 BWV 29 Wir Danken Dir Gott Wir Danken Dir [4:16]
  • 11 BWV 209 2+3 Recitativ: Non Sa Che Sia Dolore & Aria: Parti Pur [7:27]
  • 12 BWV 4 Christ Lag In Todesbanden [7:09]
  • 13 BWV 244-39 Matthäus Passion - Aria: Erbarme Dich Mein Gott! [6:31]

line up

Philippe Fichot, Eliane P. sur des compositions de Jean-Sébastien Bach

remarques

Coffret A5 + insert, limité et numéroté à 1999 exemplaires. Existe aussi en boitier cristal, tirage illimité

chronique

Les mélanges contre-nature, ça fait toujours débat et c'est tant mieux. Bach Project est l'essai qui tombe à point nommé pour raviver un peu certaines questions ; j'aurais eu de quoi faire une thèse rien que sur le remake de la célébrissime tocate 'BWV 565-2' si mon directeur me l'avait demandé au lieu de me virer de l'école. Les faits, d'abord : après Laibach, le festival de Leipzig dédié à Bach a commandé à Die Form son interprétation des oeuvres du maître avec pour seule contrainte que les partitions soient reconnaissables à l'oreille, et ce afin d'accompagner un spectacle musical approprié ; du reste : carte blanche. Le résultat : une récupération large d'oeuvres pour piano, d'arias, de sonates, de cantates, pièces individuelles ou tirées de symphonies dans une version électronique froide mais loin d'être macabre, lisse mais pas neutre, psychorigide mais pas cadavérique, sensible mais pas emportée. Une retenue élégante autour d'une appropriation discrète mais manifeste – des bidouillages supplémentaires, des rythmiques technoïdes, et toujours cette approche électronique inhumaine accompagnée de la voix souple mais volontairement impassible d'Eliane. Maintenant, deux points de vue. Soit on est un goth et on s'extasie – car le goth est comme un chat : farouche mais prévisible – du packaging superbe, de la complexité rare des arrangements néoclassiques de Philippe Fichot, de la grâce absolue du résultat tout réservé qu'il soit au milieu d'une discographie qui le considérera comme un cousin étrange. Ou bien on est un partisan de la “grande musique”, ho ho, et l'on s'insurgera de l'hérésie proférée ici, tout hérétiques que furent Jacques Loussier, Pierre Henry et Wendy Carlos en leurs temps en y voyant qu'un abominable simulacre aseptisé d'une musique à l'origine riche et profonde. Oui mais voilà, le monde n'est pas tout noir ou tout blanc. Et Jean-Sébastien Bach, tout humain qu'il était, n'en était pas moins méthodique dans son écriture. Méthodique jusqu'à épuiser parfois un processus de développement systématique que les romantiques s'empresseront d'oublier. Et en cela, il n'est pas si éloigné de la rigidité négationniste de Die Form. Ces derniers exhortent le vivant par son inversion, montrent l'homme sous la machine et la machine sous l'homme, le corps dieformé jusqu'à devenir poupée de désir, allégorie systémique d'un monde se résumant à un livre de mathématiques. Mais les mathématiques sont aussi affaire d'érotisme. Leur complexité refait surgir la beauté soudaine du vivant, le mystère divin, la simplicité d'un monde qui fonctionne, d'un art cinétique total. Et c'est bien là que Die Form a tout bon. Il ne fait pas du goth, pas plus que du Bach – il fait tout bonnement du Die Form. Philippe Fichot a commencé à jouer aux poupées avec la psyché humaine en 1977 avec 'Zoophilic Lolita', et ça n'est pas le plus grand compositeur de l'Histoire occidentale qui l'empêchera de poursuivre trente années plus tard la même obsession. Il n'y a ici nulle matière à s'horrifier, pas plus à s'extasier ; ceux qui le feraient passeraient à côté de l'essentiel, comme indignes de l'indicible subtilité du jeu dévoilé ici. Bach Project ne parle que de systèmes, d'érotisme, de désir et de désindividualisation, que l'on soit vêtu de cuir ou d'étoffe. “Songe aux têtes de mort qui se ressemble toutes.” François Coppée... A méditer.

note       Publiée le dimanche 19 juillet 2009

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taliesin › mardi 18 août 2009 - 21:54  message privé !

Ahaha ;-) Oui je trouve que cet album est un chef-d'oeuvre au minimum ! Et juste après viennent 'Poupée mécanique' et 'Suspiria de profundis'...

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cyberghost › mardi 18 août 2009 - 18:36  message privé !

" le meilleur à mon goût étant 'Corpus Delicti', pour situer"... Dans mes bras

taliesin › mardi 18 août 2009 - 18:13  message privé !

Il y a ici des parties de synthé que je trouve super "cheesy" comme on dit ;-) Un peu le côté pouet-pouet de certains albums de techno quoi... Bref, tant j'aime les deux séparément (et encore je me dois d'admettre que je n'accroche pas à tout Die Form - le meilleur à mon goût étant 'Corpus Delicti', pour situer), tant ce mélange ci m'est indigeste. Sinon c'est vrai qu'en général Die Form a déjà un petit côté kitsch, mais qui lui va bien, alors que Bach et kitsch, pour moi, ça ne peut pas rimer. Sorry pour les amateurs hein ^_^

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Wotzenknecht › mardi 18 août 2009 - 13:09  message privé !

Niin minustakin

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born to gulo › mardi 18 août 2009 - 12:38  message privé !

vois pas ce qu'il a de plus kitsch que n'importe quel Die Form

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