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The Associates › The affectionate punch

lp • 10 titres

  • 1The Affectionate Punch (A)3:21
  • 2Amused As Always (A)4:09
  • 3Logan Time (A)4:02
  • 4Paper House (A)4:37
  • 5Transport To Centra 1 (A)4:48
  • 6A Matter Of Gender (B)4:21
  • 7Even Dogs In The Wild (B)3:15
  • 8Would I… Bounce Back ? (B)3:50
  • 9Deeply Concerned (B)3:31
  • 10A (B)3:46

enregistrement

Enregistré à Morgan Studio One - Produit par The Associates, Mike Hedges, Chris Parry – Ingé-son : Mike Hedges, assisté par Mike Dutton.

line up

The Associates : Billy McKenzie (Lyrics, Chant), Alan Rankine (guitares, basse, effets) - + Nigel Glockler (batterie), Martyn Webster, Andrew Warwick, Mark Freegard, Graham & Flood (Strong Tea)

Musiciens additionnels : Robert Smith (backin vocals)

remarques

Il existe une version cd remixée à la baisse, préférez lui la deuxième réédition, du 25ème anniversaire, avec bonus, au son parfait. Attention également à la version réenregistrée en 82, sous une pochette mauve immonde, elle n'arrive pas à la cheville de l'originale. – Cover art : Bill Smith, Photo : Andrew Douglas, Idée : MacKenzie.

chronique

Il est des disques que vous avez beau écouter et réécouter, ils vous incitent toujours à y revenir, comme si vous étiez à chaque fois sur le point de les déshabiller de leur dernier voile de mystère… Des disques que vous ne pouvez vous empêcher de tenter d’élucider, encore et encore, et qui se dérobent à chaque fois sous vos oreilles, signe d’une réussite de l’artiste difficile à contester. Ce premier album des Associates est de ceux-là… Un groupe oublié s’il en est, qui s’était taillé une place dans le monde du rock anglais à coup d’audace et de culot : signé sur Fiction, fameux label pour avoir hébergé Cure, sur la foi d’une reprise de Bowie sans autorisation (ce qui, avec Bowie, peut mener loin…), le groupe menaçait ensuite de plaquer sa tournée en première partie de Cure si Fiction ne lui proposait pas un studio pour enregistrer son album ! Grand bien leur en a pris : The affectionate punch est un chef d’œuvre. Prod exceptionnelle de Chris Parry, moins datée que sur les albums des Cure, chant inoubliable, parfois décharné, parfois soulful, toujours sur un fil étrange entre grandiloquence et absence maladive d’émotion, rythmique insaisissable changeant de tout au tout à chaque morceau, et pour finir guitares hyper travaillées, très présentes et agressives… Les ingrédients sont là, magnifiés par la personnalité de Billy MacKenzie, un jeune homme qu’on qualifiera, faute d’un mot existant dans le dictionnaire pour définir son humeur très spéciale, de perturbé. Que trouve-t-on ici ? Désolation, passion, hallucinations, rancœur tenace et mélancolie putride comme seules les 80’s peuvent en secréter. La chanson titre et A Matter of Gender (où McKenzie l’acteur se rêve en amant brûlant à la voix glacée) entament chaque face sur des sursauts de tempéraments d’un romantisme effréné, dansants et catchy sans en négliger les textes, qui cultivent sur tout le disque un mystère épais. On pense au songwriting de Jarvis Cocker (Pulp), à son excès de théâtralité, voire à du cabaret sur Even dogs in the wild, qui aborde l’air de ne pas y toucher un thème sordide et mal défini. Le chant est sanguin, extrêmement singulier, et porté par des textes, encore une fois, époustouflants. L’opacité est ici maniée comme une arme de précision, bien plus que chez Bowie, qui se fait ici doubler dans la dernière ligne droite avant liquidation synthétique (Let’s Dance). De quoi parle-t-il sur la ballade saturnienne Logan Time, au parfum latent de morphine ? "Now my voice deep with age, talks in tongues of younger days". Et Transport to Central, où l’on sent encore une fois que la mélodie tranquille n’est qu’un leurre, couvrant mal ces guitares lacérant l’espace et ces bruits indus en fond (la fin de la face A est quasiment une torture), sans parler de ce pont où l’atmosphère change pour quelques secondes à peine, la voix devenant soudain éteinte. On dirait un pitch de scénario SF, mais rien n’est sûr. On croit bien deviner le malaise d’un futur père sur le troublant Paper House, aux guitares sans pitié, mais que dire des métaphores hirsutes de "A", où McKenzie chante tout l’alphabet tel un possédé ? Une chose est sûre, il est "deeply concerned" par ce qu’il raconte, et nous aussi, par la même occasion. Cette manière de tourner autour du sujet sans jamais l’évoquer peut faire penser aux Talking Heads à première vue, mais tout le côté maladroit, surjoué, et parfois drôle de Byrne a disparu. L’enchaînement des 2 premiers titres fait montre d’une maîtrise parfaite, Amused as Always étant la claque ultime, la seringue qui se casse dans le bras, le tocsin de minuit… Le travail de production est titanesque : le refrain prend un contrepied surnaturel au couplets, et le solo fait décoller la chanson en plein cœur d’un nuage chargé de pluie et d’électricité (cette rythmique doublée à la voix, ugh, c’est écoeurant de brillance). S’il fallait trouver des références, on penserait à Marc Almond, où au Robert Smith de Boys Don’t Cry, qui fait d’ailleurs ici une apparition aux chœurs, comme pour attester qu’à l’époque, la distance entre les deux groupes n’étaient pas si grande. Un disque qui me laisse perplexe, et c’est la mort dans l’âme que je lui mets 5/6, avec la conviction de n’avoir rien compris du tout mais d’avoir aperçu le Mensonge des mensonges, ou bien la grande Vérité, je ne sais plus très bien, un soir de pleine lune entre les contradictions qui flottent à la surface des choses… "If I threw myself from the ninth storey, would I levitate back to three, well would I ?"

note       Publiée le mercredi 8 juillet 2009

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notes

Note moyenne        6 votes

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Shelleyan aka Twilight › dimanche 26 juin 2016 - 05:43  message privé !
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la version de 'Gloomy Sunday' sur 'Sulk' est à tomber par terre...McKenzie avait une voix tellement incroyable :0(

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22goingon23 › samedi 25 juin 2016 - 21:18  message privé !

Moins enthousiaste et dithyrambique concernant leur second album, Sulk, bouderie en anglais je crois. Après The Affectionate Punch le groupe composera de très bons singles dotés d'une ambiance étrange, "cabaret" mêlant le bizarro lugubre de Pornography (Q Quarters) et le barocco décalé de The Top (White Car in Germany) ces 2 groupes se connaissant bien et aux inspirations proches. Pourtant, ce Sulk, considéré par la presse comme leur chef d'oeuvre, a perdu cette spontanéité magique présente sur The Affectionate P, et sonne très daté pour moi. La faute surtout a une production outrancière et indigeste (too much synthés, batterie en plastique, arrangements à n'en plus finir). Le groupe dédaignant la sobriété et la simplicité s'est vautré dans l'excès, l'emphase.

Note donnée au disque :       
Hazincourt › jeudi 16 juin 2016 - 11:52  message privé !

En tout cas rien que pour le cd bonus c'a fait envie :)

Kagoul › jeudi 16 juin 2016 - 11:38  message privé !

J'ai une vieille édition CD. ça vaut la peine de prendre la réédition ? le son est donc meilleure car provenant des bandes d'origines c'est bien ça ?

Note donnée au disque :       
Hazincourt › jeudi 16 juin 2016 - 11:17  message privé !

J'ai découvert cet album et ce groupe il y a peu de temps (étonnant d'ailleur) une très belle surprise, un truc maîtrisé et parfait.