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Butthole Surfers › Rembrandt pussyhorse

9 titres - 32 :54 min

  • A1/ Creep In The Cellar
  • A2/ Sea Ferring
  • A3/ American Woman
  • A4/ Waiting For Jimmy To Kick
  • A5/ Strangers Die Everyday
  • B1/ Perry
  • B2/ Whirling Hall Of Knives
  • B3/ Mark Says Alright
  • B4/ In The Cellar

enregistrement

1984-1985

line up

Gibby Haynes (vocaux), King Coffey (batterie), Paul Leary (guitare, basse), Teresa Nervosa (batterie), Trevor Malcolm (basse sur Sea Ferring et Mark Says Alright)

remarques

Certaines éditions cd de l’album contiennent les 4 titres de l’EP Cream Corn from the Socket of Davis en bonus, portant la durée totale du cd à 49 :19

chronique

Styles
dub
noise
ovni inclassable
rock
Styles personnels
bidule

A l’origine un mini-album, devenu LP à part entière à force d’enregistrements à droite à gauche (deux ans de gestation, tout de même), heures de studio grappillées par ci par là par un groupe tout à fait fauché, notamment sur Creep in the cellar, où ils parviennent à obtenir du temps de studio à l’œil en laissant le proprio jouer du piano sur le titre (et de l’orgue sur Perry)… On y entend également un violon (c’était un studio de country, et le groupe a eu la flemme d’effacer les pistes du groupe précédent !) que le groupe découpera et détournera avec un sadisme torve, profitant ainsi du multipiste local pour développer un son nettement plus abouti que les disques précédents, même si le tout reste plus drogué que Brown reason to live. Résultat : après quelques aventures, le groupe fini par avoir "De quoi faire un album" (sic), ce qui en dit long sur l’hétérogénéité du machin. Un halo de drogues et de questions entoure ce disque, au titre typiquement Buttholien… Jeff Pinkus, le bassiste ex-black flag (de quoi faire remonter une crédibilité), prétend qu’il s’agit des premières chansons écrites par le groupe… Sauf qu’il ne joue même pas sur Pussyhorse ! Les autres confessent n’avoir strictement aucun souvenir des sessions… Ce qui fait fort dans cette période souvent vue comme dorée pour le groupe, c’est l’aspect totalement en roue libre de la carriole Butthole Surfers, à faire passer les pires flaques d’Alice Cooper (voir ses 2 premiers albums) pour des récitals de Maria Callas. C’est ici qu’ils commencent à "reprendre" des vieilles scies des années 70, dont la première victime sera le American Woman des Guess Who (meilleur morceau du disque), entendu depuis dans American Beauty et repris par Lenny Kravitz, laissant éclater le panache de Leary à la six-cordes… Il y a aussi le thème de Perry Mason, qui deviendra Perry après un petit tour par la case tex-mex et orgue foutraque. Black Sabbath et Donovan suivront sur les disques suivants, donnant un avant goût de ce qu’allait pouvoir être le grunge. Si le début de l’album se prête à une sorte de pop déglinguée mais encore comestible, malgré l’ambiance assez dérangeante de Creep in the cellar, on entre, dès Waiting for jimmy to kick, dans un train fantôme où même les quelques éléments familiers du groupe se sont fait la malle… Strangers die everyday propose un petit tour de manège à dada sur paranoïa, comme dirait Gérard Blanc. Whirling Hall of Knives entame une série de recherches sonores pour le groupe qui empile avec succès les couches d’effets de gratte sur 16 pistes (ne jamais sous estimer la technique et l’inventivité de Leary, seul bon musicien du groupe), ce qu’ils appliqueront à la voix grâce aux fameux "Gibbytronics" sur le quasiment flippant Mark says alright (dans un autre contexte, sans doute…), qui rejoint l’hystérie dadaïste des Residents. D’ailleurs Mark n’est autre que le Pitbull du groupe, qu’on peut voir sur leurs photos de presse... La remarquable version dub de Creep in the cellar vient parachever ce disque d’une bargerie totale, qui franchit un nouveau palier dans la déjante du groupe. Nos nerfs sont mis à rude épreuve, et bien que ce genre de projet faussement psyché et authentiquement slacker allait pulluler lors des 90’s, aucun ne parviendra autant à chatouiller les synapses de l’auditeur, la faute peut-être à ce son incroyablement 80’s (avril 86, on est au beau milieu du trou noir), où tout est noyé dans une reverb de supermarché, que personne n’aura l’idée de reprendre pour ce genre de zique, et peut-être pas à tort… Ceux qui avaient d’abord cru à une blague de courte durée commençaient ici à baliser… Butthole Surfers : Un nom qui allait rester dans les anals. Bien profond.

note       Publiée le lundi 6 juillet 2009

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Note moyenne        3 votes

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cyberghost › mardi 7 juillet 2009 - 14:10  message privé !

Je comprends maintenant bien des choses quant à ce disque, merci Dariev ; très bizarre en tout cas, même pour du Butthole, mais qui a pourtant un certain charme dans cette volonté plus expérimentatrice, là ou l'on commençait à s'habituer dangereusement à leur punk noise débilissime