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Earth › HEX: or Printing in the Infernal Method

cd • 9 titres • 46:31 min

  • 1Mirage1:45
  • 2Land of Some Other Order7:19
  • 3The Dire and Ever Circling Wolves7:34
  • 4Left in the Desert1:13
  • 5Lens of Unrectified Night7:56
  • 6An Inquest Concerning Teeth5:16
  • 7Raiford (The Felon Wind)7:21
  • 8The Dry Lake3:21
  • 9Tethered to the Polestar4:42

enregistrement

Enregistré, produit et mixé par Randall Dunn aux studios Alep, Seattle, de mars à mai 2005.

line up

Dylan Carlson (guitares, banjo), Adrienne Davies (batterie, percussions, wind chime)

Musiciens additionnels : Steve Moore (trombone, tubular bells), John Schuller (basse), Dan Tyack (lap, pedal steel)

remarques

La seconde pochette est celle de l'édition vinyle. Cette édition possède un bonus track non intitulé.

chronique

"HEX: Or Printing in the Infernal Method" : l'album du retour inattendu de Earth après une quasi décennie d'absence. Et pour ce retour, Dylan Carlson et ses nouveaux accolytes développent une musique des plus introspectives et contemplatives, qui puise son inspiration dans l'Amérique profonde et ses grands espaces quasi désertiques. Le son de l'album, country dans le sens noble du terme, est pour beaucoup dans cette impression d'immensité implacable, dans laquelle on pourrait marcher pendant des jours sans pouvoir trouver la sortie. Porté par des nappes de guitares répétitives, le disque dégage par moment une moiteur hypnotisante, un peu comme si on se retrouvait coincé dans une de ces scènes étouffantes d'un western mis en musique par Morricone, mais sans toutefois que l'on retrouve le côté délicieusement épique de ce dernier. Ici nous sommes confrontés à des atmosphères d'un calme inquiétant et latent. Le calme avant la tempête ? Nous n'aurons pas l'occasion de le savoir...

note       Publiée le dimanche 21 juin 2009

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chronique

Styles
folk
rock
Styles personnels
instrumental > post-americana

Je parlerai peu de musique. Il n’y a que quelque mots à dire sur HEX, cinquième album de Earth, celui du come-back en grande pompe, aidé par le fanboy nouméro ouno : Stephen O’Malley. Il suffit de préciser que HEX contient 46 minutes de guitare lancinante, résonnant dans un espace qu’on devine quasi-infini, seulement agrémenté de quelques samples adéquats (bruit du vent, etc…). On est seul. Qui n’a jamais fantasmé sur les grands espaces américains trouvera ça chiant, les autres se délecteront de cette musique pour western spaghetti sous valium. Serait-ce un calembour que de parler de traversée du désert pour Earth ? Grace aux anglais et aux japonais, il y a aujourd’hui un public pour cette musique. Problème du groupe sur ce disque : Comment avoir les guitares les plus lourdes possibles sans disto ? Pour trancher avec sa production passée (de son propre aveu, il voulait ici séparer sa vie en deux, comme pour s’éloigner du toxico qui faisait du drone-doom), Carlson change radicalement d’esthétique… Le grand ouest américain remplace les litanies chimiques et les paradis artificiels. L’artwork est, à ce sujet, sublime. Les pochettes de Earth ayant toujours été très classes, ce n’est pas en signant chez Southern Lord (réputé pour ses packagings grand luxe) que ça allait changer. Le livret regorge ainsi de superbes photos évoquant la conquête de l’ouest et du centre de l’amérique. Couplé avec la musique, le sens en devient plus opaque… On devine bien quelques samples en rapport avec le sujet dans The Dry Lake mais hormis cela, c’est un album de guitare instrumentale tout ce qu’il y a de plus monotone, quoique magnifique. Hypothèse : et si Carlson, voulant prendre du recul sur la mythologie de son pays, avait simplement dépeint avec sa 6 cordes l’état du continent américain AVANT la conquête des blancs ? Car quelques photos du livret sont froidement lucides sur les horreurs perpétrées par les pionniers : forêts entières décimées, l’intégralité des bisons du continent américain abattus pour affamer les indiens… ça fait peur, et ce n’est clairement pas cela qu’évoque cet album. Non, la musique jouée ici se veut pure, libre, ni triste ni gaie. En dépit de l’Histoire qu’elle illustre. C’est peut-être ça aller "against the legacy"… Autre changement pas si anecdotique : ce n’est plus le Dylan Carlson à la dégaine d’asocial posant à la fraîche sur Earth 2, mais le couple Carlson/Adrienne Davies. Peut-être que cela explique une batterie un chouïa trop présente à mon goût ? Il s’agit en tout cas d’un très bel objet, à l’extérieur comme à l’intérieur, et dernier album où le concept venait avant la musique, toujours d’après l’intéressé (à ce stade-là, il convient de dire merci à l’excellente interview réalisée par Françoise Massacre, base de mes extrapolations…). Ce qui m’amène à la conclusion suivante : maintenant que la musique est passée au tout premier plan, et compte tenu de l’embellie (dans l’humeur et dans la richesse musicale) de leur dernier opus, les meilleurs albums de Earth sont sûrement à venir (à quand un ptit unplugged in Sad Hill ?).

note       Publiée le vendredi 26 juin 2009

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notes

Note moyenne        18 votes

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taliesin › vendredi 14 juin 2013 - 11:27  message privé !

Tiens ça me donne envie de le réécouter. Il m'avait laissé l'impression d'un désert plombé sous le soleil, avec le cactus, la flasque de whisky au sol, et la petite brise qui fait s'envoler quelques fétus de paille ;-)

Note donnée au disque :       
Potters field › vendredi 14 juin 2013 - 11:06  message privé !

ou red dead redemption...

Twilight › vendredi 14 juin 2013 - 00:10  message privé !
avatar

mmm, 'Le Grand Silence', belle référence...

Harry Dickson › jeudi 13 juin 2013 - 22:49  message privé !

Les fantômes des pionniers, indiens et autres morts dans la conquête, à la poursuite de Dead Man. L'autre bande son pour accompagner "Le Grand Silence" de Corbucci.

Note donnée au disque :       
Mountain of Judgement › samedi 22 mai 2010 - 19:09  message privé !

Superbe! Et dire que, bêtement, j'étais resté cantonné à "Pentastar". Je vais partir arpenter le reste maintenant.