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MGMT › Oracular spectacular

10 titres - 40 :24 min

  • 1/ Time To Pretend (4:21)
  • 2/ Weekend Wars (4:12)
  • 3/ The Youth (3:48)
  • 4/ Electric Feel (3:50)
  • 5/ Kids (5:03)
  • 6/ 4th Dimensional Transition (3:58)
  • 7/ Pieces Of What (2:44)
  • 8/ Of Moons, Birds & Monsters (4:47)
  • 9/ The Handshake (3:40)
  • 10/ Future Reflections (4:00)
  • Bonus Electric Feel Interactive Video (3:49)

enregistrement

Enregistré et mixé aux Tarbox Studios, Cassadega, NY & Context Studios, Brooklyn, NY par Dave Fridmann - Produit par Dave Fridmann Masterisé à Sterling Sound par Greg Calbi - A&R : Maureen Kenny

line up

VanWyngarden , Goldwasser

remarques

chronique

Styles
electro
electroclash
pop
Styles personnels
« future seventies » > et ta soeur

Autant vous le dire tout de suite, je serai lapidaire et mal embouché. Nan mais sans blague, on en est encore à ramer pour dénicher les albums de Ween ou à assister impuissant à l’indifférence récoltée par les Fiery Furnaces, et il faudrait faire preuve d’indulgence ou je ne sais quoi envers les MGMT ? MGM, comme MGM-Columbia ? Non, comme Management, qu’ils disent. Whaou. Quand je pense qu’il y a 10 ans, le clip de Sexx Laws passait tous les matins sur la 6, et qu’aujourd’hui ces mecs représentent L’Alternative, une certaine idée de la "pop transgenre et aventureuse"… Il suffirait pourtant de taper "elephant 6" ou "Super Furry Animals" sur un P2P quelconque, mais non, les gens adorent MGMT. Je ne vois aucune raison d’avoir pitié d’eux. Bon. Soyons positifs : après tout, les lyrics de Time to Pretend et The Youth sont pleines de bonnes intentions, de rêveries adolescentes plutôt attendrissantes ("This is a call to arms, to live and love and sleep together"), et de regrets clairement exprimés d’avoir à jouer les beau gosses indie, genre "ouais on racole à mort mais on est pas dupes, en fait tout ça nous dégoûte à nous aussi, mais on y peut rien, on veut nos putain de 15 minutes de gloire et surtout, ne jamais grandir"… J’ai toujours préféré la sincérité et la marginalité assumée à ce genre de pose cynique mais admettons, MGMT va assez loin dans la confession et raconte on ne peut mieux le malaise de l’époque. Reconnaissons aussi à nos deux éphèbes du Connecticut la paternité des deux tubes en puissance irrésistibles que sont Time to Pretend (du bon boulot, tout simplement) et surtout Electric Feel, énormissime bombe de disco pur à ranger entre Daddy Cool et D.A.N.C.E. et meilleure chanson de Prince depuis, pfouh, Calhoun Square ? Sauf que le reste de l’album est un gros tas de merde. Ok, je sais que c’est ringard d’écouter un album en entier, surtout pour la génération de sagouins ayant porté MGMT aux nues, qui confondent acide avec acidulé et psychédélisme avec "fringues bariolées". Des bohémiens les MGMT ? Non, des faussaires habiles et foncièrement sympathiques, surfant élégamment sur toutes les tendances à la mode en coiffant la concurrence au poteau. Un peu comme Bowie de la période glam, avec une grosse lampée de désillusion nécessaire en plus. Tout comme ce dernier, les mecs sont cultivés et citent les Legendary Pink Dots, sans y ressembler une seule seconde… et – plus grave – sans y croire une seule seconde. Bowie était bon acteur, mais les MGMT voulaient eux-mêmes intituler leur album "Mystical Bullshit". Mais personne ne relève l’ironie. Toute cette hype démesurée aura au moins permis de le rappeler : "psychédélique" est juste un mot, aujourd’hui utilisé à propos de n’importe quoi et en aucun cas un gage de qualité. Il n’y a pas une once de psychédélisme dans l’album des MGMT, sauf peut-être dans la voix parfois aigrelette et typiquement 60’s anglaises de Andrew Vanmachin (Pieces of What, 4th dimensional). Le reste n’est que new-wave molle et surproduite, claviers gloussants et gimmicks radio-micaux dignes de Superbus (les riffs de Kids et Time to Pretend, ça va 5 minutes…). La voix se cache derrière des camions d’effets pour cacher son impersonnalité, les mélodies sont tout simplement inexistantes (sauf sur les 2 hits…). Très sérieusement, mieux vaut écouter les productions des Neptunes (Britney, quelqu’un ?) si vous voulez de la bonne pop éphémère et grossière, ou bien Hot Chip ou Glass Candy si vous voulez du raffinement futuriste et ché-bran, mais certainement pas ce genre de merde tiédasse et prétendument défoncée. Alors évidemment, tout a une explication… Andrew Vanmesburnes étant objectivement plus sexy que la moyenne et le succès du groupe ayant été fabriqué de toutes pièces (je dois encore avoir la newsletter du label criant au carton avant même que l’album ne soit sorti…), comme pour tant d’autres, le grand public n’y aura vu que feu, ne prêtant guère attention aux textes et aux interviews du groupe… Et les journalistes de rajouter de l’huile à la machine, en comparant Weekend Wars à Instant Karma de Lennon… N’importe qui ayant écouté les deux chansons à la suite aura invariablement un rire bien gras. Bien, il est temps de conclure cette chronique fort défoulatoire pour votre serviteur, et fondamentalement inutile (je ferai mieux de vous parler de choses intéressantes, mais je suis humain et j’ai un cœur, un cerveau et une bi…le aussi) par un petit name-dropping, puisque les deux babas-cools d’un soir auront été comparés à à peu près tout le monde, des flaming lips (la faute au producteur, Dave Fridmann qui remplit ici les caisses) aux Spacemen 3 en passant par Todd Rundgren et les Jacobites, leurs idoles avouées… Que faire du cas MGMT ? La solution finale viendra finalement de Primal Scream, qui enlevait déjà les voyelles pour se la jouer cool en cette bonne année 99 : Kill all hippies. Et comme en ces insalubres lieux nous ne sommes pas "condamnés à faire semblant", j’ajouterais avec malice : ainsi que tous les prétendus journalistes qui les ont encensés (ça en fait du monde hein ? z’avaient qu’à pas tous recopier le feuillet promo). Et qu’ils ne repoussent pas, s’il vous plaît.

note       Publiée le vendredi 19 juin 2009

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Raven › mercredi 22 avril 2020 - 23:22  message privé !
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Vous noterez au passage, grâce à cette full HD fourmillante de détails qui n'avait cours en l'an de grâce 2009, la subtile référence visuelle à Black Flag, sur le t-shirt déchiré de gauche (edit : ah non y manque une barrette... par contre c'est une référence à Sol Invictus, Lex Talionis, sur le bermuda de... droite ?)

(N°6) › mercredi 22 avril 2020 - 23:18  message privé !
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Je trouvais déjà les looks des fluo-kids dégueulasse à l'époque, ça n'a pas exactement pris une patine avec le temps...

dimegoat › mercredi 22 avril 2020 - 23:12  message privé !

Je parle beaucoup trop de rock en seine mais c'est aussi là-bas que j'ai fait connaissance avec la fan-base de Mgmt, tout fluo avec des trucs au marqueur écrits sur la figure. Et après, on va me dire que les gens sont bizarres à l'obscene extrême fest

Raven › mercredi 22 avril 2020 - 23:04  message privé !
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Hahahaha j'avais oublié l'existence de cette daube (le chantier des pochettes en grand, un vrai terrain miné) !

Winslow › vendredi 15 mai 2015 - 12:39  message privé !

Pas vraiment fan de ce 1er album trop naif à mon gout. Par contre Congratulations (l'album suivant) est absolument parfait, si jamais vous avez une heure à perdre

Note donnée au disque :