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Coil › ...And the Ambulance died in his Arms

cd • 5 titres

  • 1Triple Sun Introduction 4:08
  • 2Snow Falls Into Military Temples 16:50
  • 3A Slip In The Marylebone Road 11:00
  • 4Triple Sons And The One You Bury 13:58
  • 5The Dreamer Is Still Asleep - The Somnambulist In An Ambulance 17:23

enregistrement

enregistré live au festival All Tomorrows Parties, 4 avril 2003

line up

John Balance (voix), Peter Christopherson (séquenceurs), Tom Edwards (marimba), Thighpaulsandra (claviers)

remarques

chronique

Styles
ambient
electro
ovni inclassable
Styles personnels
moon musick / spoken word expérimental

Histoire de couper court aux discussions avant d’entamer les chroniques des live de Coil, ce disque enregistré à l’occasion du festival All Tomorrow’s Parties de 2003 (dont les commissaires n’étaient autre qu’Autechre) est indiscutablement celui qui possède le meilleur son, c’est du moins le seul qui semble avoir été enregistré en prise directe. La petite histoire autour de ce concert, si triste et belle soit-elle, vaut aussi le mérite d’être contée pour mieux cerner le pourquoi d’un live aussi chaleureux et touchant. Nous sommes un an avant le tragique accident de John Balance et celui-ci s’est séparé de Peter Christopherson, ce dernier ne pouvant plus supporter de vivre avec un alcoolique dépressif passant ses journées à boire et rester allongé dans un état de torpeur permanent. Si John trouvait la force de monter encore sur scène (et de ne pas trop boire avant), c’était surtout pour pouvoir porter les costumes que ses amis lui confectionnaient sur mesure, ce qui lui redonnait son étrange capacité à côtoyer le sublime et le magique entre deux amnésies éthyliques. Ces costumes, comme ceux que l’on retrouve sur les couvertures de la série de live (ceux-ci créés par David Cabaret), ont donc une importance toute particulière : sans eux, beaucoup de concerts n’auraient simplement pas pu avoir lieu… Pour le concert d’ATP, John était vêtu d’une robe cousue par Ian Johnstone et était sobre depuis quelques jours – il le fait même remarquer entre deux titres : « There’s no alcohol in my blood at the moment at all. –Liar ! –I’m not a liar ! Well, I am a liar but i’m not lying about that ! » Le contact avec le public est très chaleureux, et la setlist plutôt calme et mélancolique et comme d’habitude, partiellement inédite ou improvisée : deux versions du ‘Triple Sun’ (que l’on retrouvera sur ‘The Ape of Naples’), une étrange fresque passablement ésotérique et expérimentale ‘Snow Falls into Military Temple’ qui rappelle ‘I am the Green Child’ sur ‘Constant Shallowness…’ dans une variante proche des expérimentations électroniques des années 50’s avec John pris de glossolalie… et un autre titre qui mérite sa petite anecdote : ‘A slip in the Marylebone Road’ dans lequel John raconte comment deux inconnus lui ont volé son carnet de notes précieuses, ce qui d’après un interview de Christopherson n’était autre qu’une métaphore pour un autre delirium, qui l’a amené à se retrouver ivre mort et amnésique sur cette fameuse route. Le dernier mot, il est pour le titre qui rend cet enregistrement totalement indispensable, c’est l’immense interprétation de ‘The Dreamer is still Asleep’, ici avec une préquelle dans lequel John récite des mantras en boucle sur les ambulances, les médecins, les somnambules, jusqu’à ce que tous ses mots se mélangent, avant de doucement converger vers l’hypnotique et fascinante ballade électronique qui clôturait le premier ‘Musick to Play in the Dark’. John n’était pas un chanteur, c’était un conteur, et son humanité est ici plus que palpable, ainsi que sa grande incapacité à vivre entre ces instants de grâce lunaire. Il dépose ses mots sur les bidouillages électroniques de ses confrères – accompagnés par Tom Edwards aux marimbas - qui eux génèrent des tapis de velours s’élevant à l’unisson, emportant le public et l’univers tout entier dans un état irréel où tout devient alors évident et simple, nocturne, éphémère et fragile, en un mot, magique.

note       Publiée le vendredi 15 mai 2009

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Tallis › dimanche 4 décembre 2016 - 18:09  message privé !

John Balance tutoyait vraiment les étoiles, ce soir-là. L'album de Coil vers lequel je reviens le plus souvent, probablement mon préféré...

Note donnée au disque :       
novy_9 › mardi 19 novembre 2013 - 15:26  message privé !

Beau tout simplement beau, un voyage calme et profond dans l'univers de Coil, la route étoilé des rêves et du subconscient ...

Note donnée au disque :       
Xainsleena › dimanche 10 juillet 2011 - 22:30  message privé !

Triple sons + The dreamer: deux interprétations qui donnent juste la chair de poule. Dommage que les deux tires ne soient pas enchaînés, fondus, ça casse un peu le trip qui aurait été parfait. Coitus interruptus, en quelque sorte.

Note donnée au disque :       
Sigur_Langföl › jeudi 25 juin 2009 - 17:53  message privé !

"Abominable beauté." Tu veux bien le redire encore une fois, dis. Histoire que je replonge pour de bon…

Coltranophile › jeudi 25 juin 2009 - 10:48  message privé !

Première écoute; toujours aussi difficile à appréhender. Il ne fait pas partie de ceux où la séduction est immédiate contrairement à un "Ape of Naples" (ce qui n'est pas un défaut; "Astral DIsaster" m'a demandé plusieurs écoutes avant que je ne m'aperçoive à quel point il est bon). Wotzy le dit bien: le titre indispensable est le dernier. C'est là où la magie tragique de Coil opère pleinement: évocateur en diable, ce titre vous serre les tripes avec une mélancolie implacable. Comme aux lentes heures de nuits insomniaques où l'on se torture tout seul, on y revoit défiler bout à bout ses extases, ses amours perdues, ses deuils, ses histoires de sexe poisseux. Abominable beauté.