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Airsculpture › Doom Bar

cd | 2 titres

  • 1 Doom Bar [48:08]
  • 2 Voter Run [14:56]

line up

Adrian Beasley: Mellotron, Elka Rhapsody et synthé John Christian: Synthé analogue et Digital Modular Pete Ruczynski: Synthé analogue et Digital Modular

remarques

Pour en savoir plus sur Airsculpture et entendre des échantillons sonores, visitez leur site web; http://www.airsculpture.com/

chronique

Disponible en format téléchargeable sur le site de MusicZeit, Doom Bar marque une nouvelle orientation musicale pour Air Sculpture. Groupe ayant toujours privilégié une approche de composition de style improvisée, soit en concert ou en studio, le trio Anglais s’est plutôt appliqué à créer un univers sonore discordant où l’ambiant toise des prérogatives sonores instables. Le résultat n’est pas banal, quoique plus près des structures anti musicales que mélodieuses, Doom Bar est un audacieux voyage musical en plein cœur d’un délire schizophrénique qui gruge tous les sens. Bien installé sur 2 pièces quasi identiques, Doom Bar ouvre les sonorités avec une approche amphibique aux réverbérations troublantes. Des accords de piano circulent dans cette sphère instable, couplant bribes doucereuses à des intercades sonores d’une ‘’métallicité’’ provocante qui traînasse sur des clapotis que l’on ne peut discerner d’un monde humain, extra terrestérial ou simplement inexistant. C’est dans une noirceur rebiffante, digne d’une station lunaire où des milliers de coléoptères grenouillent en apesanteur que le mouvement valse, où voix, chuchotements, bruits éclectiques font de ce 11ième opus du trio Anglais une étrange ode schizophrénique à la folie claustrophobique. Parmi cette cacophonie astrale réside de beaux élans mellotronnées qui se dandinent sur des tam-tams hypnotiques, mais enveloppées d’une sirène qui roucoule dans une ambiance lourde et menaçante. Une atmosphère de condamné saisie de tous côtés par des bizarreries sonores tantôt clémentes, tantôt intempestives. Bien plus un exercice de style musical à sonorité complexe que tout autre genre, Doom Bar se distingue par la complexité de son évolution. Absolument rien n’est prévisible. Ainsi l’auditeur est plongé dans un univers ambiant où la folie caustique est palpable à chaque recoin sonore, avec ses sonorités gutturales, ses synthés aux lourdes vapes agressantes et ses percussions enclumés qui battent sur une démesure provocante et démentielle, empêchant le repos de l’âme avec une torture industrielle bigarrée. Loin d’être totalement iconoclaste, cette folie repentante contient une étrange douceur qui crèche en arrière plan, derrière cette violence sonore ambiante. Un film d’horreur qui bouffe une proie virginale qui s’écoute et se sent à mesure que les 63 minutes s’égrènent, la pièce titre risquant dans marquer plus d’un. À écouter en haute définition pour en saisir tous les effets, mais à éviter totalement si la schizophrénie vous guette.

note       Publiée le samedi 9 mai 2009

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