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Parallel Worlds › Shade

10 titres - 62:49 min

  • 1 Frightening Frontiers 5:42
  • 2 Entities 6:30
  • 3 A Moment Frozen 2:16
  • 4 Mutating Realities 10:32
  • 5 Compulsive Mechanics 5:38
  • 6 Not Being Mirrored 8:25
  • 7 Shade 6:02
  • 8 Urgency 8:25
  • 9 Towards 5:09
  • 10 Ungreat Certainty 3:48

enregistrement

Composé et produit bans les studios Wavemountain à Athènes, Grèce, en 2007 et 2008.

line up

Bakis Sirros: Serge modular music system, Analogue Systems RS-Integrator modular, Doepfer A100 modular, Arp 2600, EMS VCS3, Technosaurus Selector system D, Livewire/Plan B/Harvestman modular, Metalbox/CGS modular, Analogue Solutions Concussor modular, Korg MS50, Oberheim 4 Voice modular John Sirros – Claviers, synthés et traitement des voix sur 2, 8 et 10

remarques

Pour entendre des échantillons sonores et en savoir plus sur l’artiste, visitez son site web au : http://www.parallel-worlds-music.com/

chronique

Deux ans après le surprenant et audacieux Obsessive Surrealism, Parallel Worlds (Bakis Sirros) nous présente un 5ième opus avec comme toile de fond les ombres et leurs frontières inconnues. Utilisant toujours une vaste panoplie d’instruments autant numérique qu’analogue, cet ensorceleur des sonorités ambigües explore les recoins de l’obscurité. Un sujet audacieux à parcourir sur une distance de 63 minutes. Frightening Frontiers ouvre le bal avec un doux rythme échotique et hypnotique. Le travail des percussions est efficace et accompagne une ligne de basse névrotique qui inspire une course folle dans les pernicieux couloirs d’une angoisse croissante aux sonorités aussi bigarrées qu’intrigantes, croisant le dramatique et la schizophrénie latente. Les arrangements sont d’un réalisme saisissant, allant jusqu’aux derniers souffles d’un névrosé hors d’haleine. Entities continue cette exploration des peurs nocturnes avec des arrangements séquencés saccadés, créant un rythme imprécis qui suit une tangente un peu comme sur Frightening Frontiers. Mais avec une texture plus jazzé, plus lounge, grâce à une superbe basse qui foule des sentiers brumeux et un piano aux accords charmeurs qui roucoule dans une ambiance sombre pour une aussi belle ligne mélodieuse. Un beau mélange entre Spyra et Vangelis. A Moment Frozen est un titre sombre et inquiétant avec sa démarche emplie de statique et de avec boucles circulaires sur effets sonores gutturaux. Toujours imbibé d’une recherche sonore très efficace, Mutating Realities est une longue marche dans les couloirs sinueux du complexe monde des ombres et de la noirceur. Graduellement, le titre gagne en crescendo, partant de démarche craintive aux contours sensuels à l’exploration tactile de la peur. Bakis Sirros a beau détendre l’atmosphère avec un mellotron flûté à la TD que le résultat reste sensiblement le même, surtout avec l’ajout d’effets sonores des plus hétéroclites à date sur Shade. Avec ses percussions légèrement enclumées, brandissant le spectre des chaines fantomatiques, Compulsive Mechanics est un superbe titre qui évolue musicalement dans une structure lourde et abstraite. Malgré ce mode, et ce monde surréaliste, une étrange mélodie macabre émerge de cette approche musicale industrielle. Le genre de titre à écouter en haute définition, afin d’en gober toutes les subtilités sonores qui y coulent paresseusement. Une basse intrigante ouvre Not Being Mirrored qui progresse dans un univers sonore parallèle avec une approche constamment en quête d’une mélodie des ombres. Une mélodie qui fait son nid parmi une panoplie de sonorité composite, dont une guitare qui laisse ses accords glaner ici et là, ouvrant le passage entre le réalisme et la fantaisie. La pièce titre est une belle mélodie minimalisme qui coule au travers un piano mélancolique et une ligne de percussion inoffensive dans une faune sonore unique à Parallel Worlds. Après cette douceur, pourquoi pas une explosion initié par une marche névrotique? Indescriptible, Urgency crève d’une violence retenue avec ses boucles symétriques qui survolent un tempo nerveux, explosif mais hésitant. Une retenue qui asticote la passion de la peur se terminant dans une douceur inconfortablement métallique. Towards et Ungreat Certainty concluent dans un calme relatif. De l’ambiant sombre et planant avec des intercades menaçantes, histoire de rappeler le contexte de ce 5ième opus de Parallel Worlds qui ne cesse d’étonner avec une approche musicale aussi curieuse que mélodieuse. Histoires à dormir debout, histoires de peur sonore, Shade est un bel album d’une musique plus contemporaine qu’électronique pure, qui déroutera plus d’une fois à cause d’une profondeur sonore insoupçonnée, des rythmes imprécis qui se situent dans un genre de ‘’lounge’’ pour ‘’weirdos’’, mais qui cache de belles mélodies qui rendent la noirceur un peu plus sympathique.

note       Publiée le vendredi 24 avril 2009

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