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Monâjât Yultchieva › Maqâm d’Asie Centrale, Ferghâna

  • 1994 - Ocora, C560060 (1 cd)

cd | 12 titres | 76:15 min

  • 1 Monâjât [8:49]
  • 2 Tanâvar [6:23]
  • 3 Girya [8:02]
  • 4 Shâm u saharlarda [6:54]
  • 5 Kim avval kim ilgari [6:03]
  • 6 Tânavar (instrumental) [4:16]
  • 7 Chârgâh [9:27]
  • 8 Ushshâq [8:18]
  • 9 Saquinâme-i Bayât [3:41]
  • 10 Dasht-i navâ [5:18]
  • 11 Aylading [5:10]
  • 12 Dogah-Hosayni [3:50]

enregistrement

Enregistré en Ouzbekistan en 1994.

line up

Monâjât Yultchieva (voix), Shawqat Mrizâev (luth rabâb), Ahmad Jân Dâdâev (vièle à pique ghijak), Timur Mahmdov (psaltérion chang), Malika Ziâeva (luth dôtar), Soltân Ali Khodaverdiev (luth dôtar), Ahmad Jân Sâbirov (flûte nay), Fârhâs Dâdâev (tambour sur cadre dâyera), Jân Murdâdâev (tambour sur cadre dâyera).

chronique

Styles
musique classique
world music
Styles personnels
maqâm>vallée de larmes et de lumière

Il y a des beautés comme ça, qui d’emblée nous plantent leur crochet. Pour tout ce qu’on en ignore et pour tout ce qu’on voit. Nul besoin, pour tomber en arrêt, de connaître sur le bout des doigts ou du bout des lèvres l’histoire tourmentée de cette contrée, l’Ouzbékistan. De ces terres du Milieu, marches d’Asie où se fécondent, se croisent, s’affrontent ou se toisent les peuples à côté de nos siècles. Iraniens, Grecs, Mongols ou Huns. Et d’autres dont, toujours, on ignore le nom. Que cette Brune aux yeux vifs se nomme Supplique, Imploration, on l’apprendra plus tard, au cœur du ravissement. Peu importent, d’abord, les modes, les échelles, ces Maqâms et leurs cycles. On entend bien quand même, Étrangers que nous sommes, d’où vient la voix. De très loin sous la chair, où d’autres chairs palpitent. Il y a cette intimité du souffle, de l’existence sous la peau, qui s’écoule en offrande. Ces ornements subtils et sensuels, ô combien, qui sont la profondeur, la finesse merveilleuse de cet art. Cette exquise gravité qui nous fait toucher à notre légèreté, qui nous baigne à son onde. Et cette ambiguïté, partout palpable en ce monde-ci, des poèmes d’amour où l’Érotique a même saveur que la Mystique. L’Univers qui brûle dans les corps. Doubles sens des vers et périodes qui seuls peuvent rendre l’Entier, concilié hors les murs. Qu’elle chante les poètes ou les saints (soufis, les uns, les autres), les Reines, son maître Shawqat ou l’Anonyme, ce grand génie des peuples, Monajat Yultchieva porte l’incandescence ; chaque syllabe, chaque variation, chaque envolée, nous élève d’un palier. Et fiche nos pieds à la terre, humains dont la chaleur vient se fondre à la sienne. Son monde est vaste, habité, ample comme son stupéfiant registre, qu'elle parcourt sans faiblir, jamais. Il est proche, animé, souffrant et joyeux, comme ces mots qu’il faut oser porter, avec aplomb et modestie, sans déférence, avec l’essentielle élégance. Derrière elle, tout autour plutôt, autant sans doute que dedans, s’épanouissent gammes et mélodies, douceurs et rythmes cheminants. En cordes, en peaux, en roseau vibré. Frappes, pincements, frottements. Pas l’écrin, non… La lumière et les ombres aux prunelles et aux creux de cette femme et de son chant. Les rayonnements, reflets, caches et réfractions. Cette grandeur est Séduction. Ce désir est immensité. ‘Mon cœur se remplit de sang comme la tulipe/…’.

note       Publiée le mardi 21 avril 2009

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saïmone › mercredi 21 décembre 2011 - 20:07  message privé !
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le dôtar, quel bel instrument

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Dioneo › lundi 17 octobre 2011 - 12:35  message privé !
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C'est un nom que j'ai déjà vu/entendu passer - via un portrait/rétro-de-son-boulot qui était paru dans Vibrations il y a quelques années, notamment - mais je ne me suis pas penché sur ses écrits directement, non !

Se pourrait que ce soit un tort ou juste un truc à faire, dis-donc.

(Ocora, en plus... C'est pas comme si je passais jamais par chez eux ! Ce qui ferait une raison de moins pour pas, si besoin était).

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saïmone › lundi 17 octobre 2011 - 12:30  message privé !
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Je sais pas si t'as traîné du côté de Jean During, il a écrit (et enregistré surtout, via Ocora entre autres) des trucs vraiment intéressants autour de la tradition musicale au Moyen-Orient et Asie Centrale. Son approche du mythe musical est assez bluffante

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Dioneo › lundi 17 octobre 2011 - 10:59  message privé !
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Tu veux dire que... Les Barbares auraient un Cœur ?! ... Oh !

(Ceci dit, sans avoir mangé jamais à la table des Huns ou des Autres Susdits, ta définition me semble assez juste, au vrai).

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saïmone › lundi 17 octobre 2011 - 10:41  message privé !
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Les maqams ouzbeks sont aux radifs iraniens ce que les Huns sont aux Sassanides: des sauvageons un brin brutaux, avec cette vélocité naturelle, ce verbe et cette authenticité qui s'en balance des ornements, mais s'intéresse bien plus au corps à corps et à la joute.

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