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Guilty Connector › Cosmic Trigger/2AM Visit

cd • 12 titres • 42:55 min

  • Cosmic Trigger
  • 1Cosmic Trigger Pulled at Koenji Space Station0:55
  • 2Straight to Taisho0:29
  • 3Skunked Result1:29
  • 4666 Koenji Awamori Trinken Massacre3:14
  • 5Roulette (w. Sudden Infant)4:25
  • 6Brighter Than 10000 Cacophonous Suns (live)15:54
  • 2AM Visit
  • 7The Curse Behind2:45
  • 8Sawed Starvation Dogs Head1:51
  • 9Nail - 15cm Long1:24
  • 10Stabbed Straw Puppet3:14
  • 11Rock Me2:40
  • 122AM Visit4:33

enregistrement

Studios Extrem Shibaki Terror et QKU, Asagaya, avril et juin 2003 (1, 2, 3, 4, 5, 12). Studio 80, Kamata/Tokyo le 30 juin 2002 (6). Utsu Connector, Nakano, Tokyo le 16 décembre 2001 (11), avril/mai 2002 (7, 8, 9, 10). Plage 6 remixée au studio Extrem Shibaki Terror, Asayaga, le 15 mai 2004. Materisé par Kelly Churko, studio Extrem Shibaki TerrorO, Asayaga, les 15 et 16 mai 2004.

line up

Guilty Connector (Utsu electronics, Shibaki electronics, batterie, vinyle d’Abba, platine disque, sifflement, porte, rire, verre d’eau, guitare acoustique, enregistrement/field recordigs), Sudden Infant (enregistrements sur 5), fans de noise ivres et tarés (hurlements sur 6)

remarques

La plage 5 est tirée du EP7’’ sans titre avec Sudden Infant, préalablement sorti sur le label Gender Less Kibbutz, Allemagne ; la plage 6, du CDR 3’’ Colesterinosis Extracelular, précédemment sorti sur le label Tabula Rasa, Espagne ; la plage 11 tirée de la compilation Masters of the Scene – The Definitive ABBA tribute, sortie sur Nihilist Records, USA.

chronique

Styles
metal extrême
noise
harsh noise
punk
rock
Styles personnels
harsh pogo

De la harsh-noise qui plaide coupable et ne s’en excuse pas. Tout est dit dans le nom, déjà : le Connecteur Fautif, le branchement défectueux. Le câble abîmé, la soudure bousillée qui fait sauter les amplis. Un retour aux bases du genre, en fait : bruit blanc et rose, aberration acoustique assumée, recherchée, poursuivie tête baissée-droit devant. De fait, Guilty Coonector attaque le boucan avec une mentalité grindcore, punk, rock’n’roll. Métal Extrême. Et pas seulement dans la présentation, volontairement (?) parodique : logo Tête de Mort et Barbelés, T-Shirt Mötorhead, et chevelure Funeral Doom (très longue, noir-corneille et pas mal grasse, donc) ; pas seulement pour ces titres au grotesque gore parfois très recherché (‘Sawed Starvation Dog’s Head’ ; quand-même…) ; pas non plus pour la brièveté de certains morceaux. Pas seulement, non. Métal, parce que les sons ici torturés privilégient la tôle froissée, l’acier défoncé, la mécanique fracassée. Pour ce goût décérébré de la vitesse, aussi, quitte à balancer tout ça dans le mur le plus proche. Extrême donc, disais-je, est-il besoin de préciser ? La subtilité n’est pas de mise. Le son est dur, angulaire, le rythme -quand il s’agit de ça, c’est sans ambiguïté !- complètement primaire, basique, rentre-dedans. La saturation est poussée toujours plus loin dans le rouge, au-delà d’où l’aiguille peut butter, comme si le seul objectif était de faire fondre les enceintes et les liaisons synaptique de part et d’autre des circuits imprimés. Pas de concept chiadé, de prétextes mystiques. Pas d’alibi. Juste du Fun et de l’Effroi, déversés à travers nos chairs en paquets non triés, avec joie, avec rage . (Si, si, du Fun : écoutez donc les réactions du public sur le quart-d’heure-et-plus capté en concert). À la rigueur, les références cosmiques peuvent être prises comme chez M.A.S.O.N.N.A. ou C.C.C.C. : il ne s’agit pas de ramener sur terre la paix des étoiles mais plutôt de trouer la voûte pour que s’engouffre jusqu’à nous le Foutoir de l'Infini, l’Accident Céleste, le temps que l’accroc se comble. Seulement voilà. Guilty Connector -et toute cette génération de la Noise Japonaise- arrive après trente ans d’exactions et merveilles sonores, derrière quelques Monstres Aînés avec qui on ne plaisante pas. Des gens qui en plus -chose rare- n’ont pas baissé les bras avec l’âge, n’ont jamais ‘trahi la scène‘, ouvert la garde ou viré pop (allez donc vérifier sur disque et sur scène si Merzbow ou KK. Null ont molli…). Il y a derrière lui, qui poussait déjà dru alors qu’il était à peine né, toute une science du Chaos, cartographie, tectonique, balistique ou colorimétrie. Un art qui s’est affranchi depuis longtemps du "plus fort-plus vite", jusqu’à atteindre des profondeurs, des hauteurs, un raffinement qu’on n’envisage pas sans frayeur quand on entend les dépasser. Alors certes -à cette aune- l’approche, ici, peut sembler sommaire -mais c'est expressément !- ; les textures rudimentaires, l’abrasion sans précaution... Qu’on ne s’y trompe pas, cependant : Guilty Connector à beau y aller bille en tête, oubliant ces indétrônables Anciens dans la seule perspective, tenue entre les dents, du pur plaisir et de la castagne, la technique est là. Fruste, guerrière, sans finesses inutiles mais redoutablement efficace, ciblée, précise dans ses inqualifiables excès. Rien ne tourne au monotone, les textures nous arrachent des couches différentes de peau à chaque index, avec une certaine exactitude. Et quand le type planqué derrières ses machines et sa coupe de headbanger prend le temps d’installer une ambiance, de baisser de quelques grades les décibels, de faire dans le collage sauvage de sons concrets plutôt que dans le feedback en surchauffe, on saisit tout l’art du relief qui est le sien. Un doigt sur un verre d’eau devient un événement, une source de rire et d’étonnement. Voilà donc du bruit bien réjouissant. Pas foncièrement neuf mais libéré de ladite question. Et Harsh. Et Bruit. Et qui plaide Sale et Vivant.

note       Publiée le lundi 20 avril 2009

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Rendez-Moi2 › dimanche 3 janvier 2021 - 16:14  message privé !

Avec le recul il est pas ouf celui-là, c'est de la noise basique quoi, ça fait "frrrr" mais sans valeur ajoutée.

Solvant › lundi 20 avril 2009 - 21:25  message privé !

Le KK Null/Brown. Si tu veux me faire un cadeau, je penche plutôt pour le L/A/B "Psychoacoustics" et pourquoi pas ce LYONNAIS de Jean-Luc Guionnet ?

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Dioneo › lundi 20 avril 2009 - 21:19  message privé !
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Lequel ?

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Solvant › lundi 20 avril 2009 - 21:15  message privé !

...m'apparait pas transcendant celui-là par contre.

Note donnée au disque :       
Dioneo › lundi 20 avril 2009 - 21:14  message privé !
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je vois sur leur site qu'ils ont sorti une collab' de KK. Null (avec un certain David Brown), aussi. Et puis un Brandon Labelle, tiens.

Je vais p'têt parcourir plus avant le catalogue, du coup.

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