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U2 › The joshua tree

  • 1987 • Island 842 298-2 • 1 CD

cd • 11 titres • 50:29 min

  • 1Where the streets have no name5:38
  • 2I still haven't found what i'm looking for4:39
  • 3With or without you4:57
  • 4Bullet the blue sky4:33
  • 5Running to stand still4:19
  • 6Red hill mining town4:54
  • 7In god's country2:58
  • 8Trip through your wires3:33
  • 9One tree hill5:24
  • 10Exit4:15
  • 11Mothers of the disappeared5:14

enregistrement

Enregistré par Flood, mixé par Steve Lillywhite aux Windmill Lane Studios, Dublin. Produit par Daniel Lanois et Brian Eno

line up

Bono, The Edge, Adam Clayton, Larry MullenJnr; Lanois (tambourin, omnichord, guitare aditionnelle); Eno (dx7, claviers); Radd strings sur "one tree hill" : Armin Family

remarques

chronique

Styles
pop
rock

Ce disque est sorti il y a 22 ans. Ecoutez le, il n'a pas bougé. Et il ne bougera pas. Un disque lumineux, terriblement racé, à l'image des 4 premiers titres qui se succèdent comme une véritable démonstration, et qui incarnent avec une remarquable évidence ce glissement fondamental par lequel U2 va réussir à contenter son auditoire grandissant, tout en abolissant les quelques barrières qui empêchait le reste du monde de s'abandonner à cette musique si séduisante. En effet, malgré "Bullet the blue sky" ou "Exit", U2 n'est plus un groupe de tourments, de ciel noir, d'atmosphères entre chiens et loups. "The Joshua Tree" est au contraire un album gorgé de lumière et de soleil, et si l'extraodinaire classe stylistique des 4 tubes d'intro continuent d'affirmer cette personnalité flamboyante et sonique que la bande à The Edge a épanoui sur "Unforgettable fire", ils révèlent sans doute possible la disparition d'une mélancolie fondamentale, d'une obscurité essentielle qui se logeait jusqu'ici en plein coeur de la musique des irlandais. Comme pour enfoncer le clou de cette toute nouvelle lumière, U2 va délaisser ses aspirations brumeuses et atmosphériques au profit d'un rock infusé de country/folk auquel vient répondre la production plus authentique de Eno et Lanois; U2 développant même à partir de "Running to stand still" une musique à dominance quasi acoustique : harmonica, guitare folk et batterie brute, pour une approche qui se révèle tout à coup étrangement américaine. Fasciné par l'amérique depuis toujours, U2 décide en effet avec "The Joshua Tree" de lui faire ouvertement les yeux doux (avant de la sauter franchement avec l'album suivant). La méthode de séduction se révèlera parfaite, "The Joshua Tree" étant l'album de U2 qui reste le plus vendu à ce jour, celui par lequel le quatuor, pour cela, a tout simplement aboli sa nationalité. Les textes tournent tous autour du nouveau monde, et c'est jusqu'au coeur même de sa musique que U2 troque son romantisme européen pour une nouvelle authenticité populaire qui se nourrit aussi bien du blues, que du gospel ou de la country. Toujours aussi lyrique et passionnée comme en témoigne immédiatement l'imparable "Where the street have no name", toujours conduite par une guitare celeste à nulle autre pareille, assise sur une basse profonde aussi souple et posée que pulsatoire, rythmée de charley sifflant et de toms qui roulent, la musique du groupe glisse ainsi en toute fluidité et sans heurt stylistique du gothique et new wave "Unforgettable fire" à l'américain et acoustique "Joshua Tree"; il passe comme en toute logique d'un monde, à son contraire. Un véritable tour de force, dont on peut naturellement discuter le but, mais certainement pas la réussite. Par la force de son style qui perdure, par son très grand talent d'écriture, et encore une fois grâce à la science exceptionnelle de son duo de producteur dont le travail est ici aussi subtil et complexe qu'apparemment invisible, le groupe livre avec "The Joshua Tree" un album magnifique, qui s'ouvre dans une apothéose de séduction pure, se développe ensuite dans la joie et la fraîcheur émerveillée, avant de se refermer dans le silence avec ses deux dernières pièces, l'une tendue, contrastée et grondante, l'autre lumineuse, éthérée et diaphane, religieuse à son tour, comme l'avait été "MLK" en cloture du grand feu. On peut regretter cette légèreté émotionnelle qui domine le centre de l'album, notamment avec les plus inutiles ""Running to stand still" et surtout "Trip through your wire"; "The unforgettable fire" restant à mes yeux le seul album du groupe sans morceaux dispensables; "The Joshua Tree" n'en demeure pas moins un album unique au lyrisme puissant et a l'aura stylistique exceptionnelle : encore une fois, 22 ans plus tard, il n'a pas bougé... et il ne bougera pas. Ce disque n'est plus sombre, comme l'étaient ses grands frères, et il ne cherche pas l'inventivité finalement fondatrice du Zoo Tv circus. C'est un fait: "The Joshua Tree" de U2 n'est pas un album gutsien. Mais comme tout le monde ici le sait : c'est une considération totalement indépendante de sa qualité fondamentale.

note       Publiée le samedi 14 mars 2009

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notes

Note moyenne        22 votes

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Dun23 › mardi 18 août 2020 - 19:18  message privé !

Peut être, mais on vient tous de quelque part et ça n'invalide pas mon com précédent. En allant par là, Robert Plant a tout piqué à Steve Marriott à ses débuts, entre autre, ça n'en reste pas moins un géant...

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heirophant › mardi 18 août 2020 - 16:36  message privé !

A savoir que The Edge a tout pompé sur Andy Gill.

Dun23 › mardi 18 août 2020 - 14:02  message privé !

The Edge, j'ai rencontré un gars qui le connaissait bien lui et son frangin à une époque reculée, une belle discussion tard dans la nuit liverpoolienne... Pas le plus grand guitariste de la planète (en virtuosité, mais on s'en fout de la virtuosité) mais clairement l'un des plus importants en terme d'influence, si pas le plus important des eighties. Tout le monde s'est mis à la recherche DU SON grâce à lui, ça s'entend chez un paquet de monde de l'époque. Bullet the blue sky est clairement l'un de mes titres préférés de U2 bien sûr, mais tout court, en fait, dans un panthéon personnel. Ça m'a traumatisé ado. Tout comme Exit. Ou bien sur, LE tube. Mais cet album n'est fait que de ça, au final, de tubes.

Note donnée au disque :       
vigilante › mardi 18 août 2020 - 12:23  message privé !

Pas souvent de sortie, mais alors quelle madeleine les amis, à 13 piges j'écoutais que ça et en Irlande c'était du délire, ce joshua tree poussait partout...une fois tous les 10 ans comme une bonne dégustation, jusqu'à la fin sans aucun doute, ce sera bien. La palette vocale de Bono sur Bullet The Blue Sky me fascine toujours autant. Ce qui n'est pas le cas du jeu de guitare de The Edge: je préférais la spontanéité vindicative de la période War, avant qu'il n'"américanise" son son à grand coups d'effets blues. Mais bon, faut évoluer aussi, j'avoue. DM l'ont fait après coup aussi, je crois que c'est le grand phantasme de tous les rockers à un moment: revenir à la source, au son originel, avec plus ou moins de succès. Que des perles sur cet opus, ça c'est de la pop bordel.

Note donnée au disque :       
Ramon › mardi 18 mars 2014 - 22:18  message privé !

Pour la profondeur du son appliquée à des chansons simples et la simplicité, dieu sait combien c'est difficile !

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