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Edgar W. Froese › Aqua

  • 1974 • Virgin CDV2016 • 1 CD

4 titres - 47:57 min

  • Aqua| 16:58
  • Panorphelia| 9:38
  • NGC 891| 13:49
  • Upland| 6:35

line up

Christopher Franke (synthé moog sur NGC 891), Edgar Froese (claviers, synthé et mellotron)

remarques

chronique

C’est au travers une foutue grippe d’homme bourrée d’un virus Néandertalien que j’entreprends une série de chronique sur les œuvres solos des membres de TD. Et, à tout Seigneur tout honneur, je débute par le très énigmatique Aqua, de Sieur Froese. Univers musical abstrait et structure sonore riche. Voilà qui dépeint bien l’impression que laisse ce premier effort solitaire d’Edgar Froese. Le bleu glacial de cette pochette aux éclats de glace plus coordonnées que l’art musical même annonce un album très Berlin pour cette période électro progressive où la musique se terre derrières des idées novatrices qui sont l’apanage des créateurs solitaires d’une scène Berlinoise qui cherche à surpasser l’invasion Britannique de musique progressive. Je me souviens de mes premiers contacts avec le monde froid et très hermétique de la pièce titre Aqua. Je découvre la musique de TD sur le tard avec Tangram, Thief et White Eagle. Nous sommes en 1984 et Risky Business marche fort, à tout le moins chez nous, avec la prestation de …Rebecca De Mornay et son joli petit…minois.
Je digère à peine Phaedra (que je considérerai comme un chef d’œuvre quelques années de Black Métal plus tard) que mon copain décide de me faire avaler Aqua. Ohhhh que les premières lampées ont été dépourvues de soif. Mais docilement mes oreilles se formaient au merveilleux univers de la musique minimalisme (Mike Oldfield et Tubular Bells), folkloriste et progressive (Genesis et Selling England by the Pound) et de la musique électronique à proprement parlé, Jarre et Oxygene (1976), Vangelis et Spiral (1977) et Cords de Synergy (1977). C’est dans ce micmac bruitiste musical que j’ai fini par percer la beauté mystérieuse de la MÉ et du monde de Tangerine Dream.
Une longue intro pour parler d’Aqua, sauf n’aime pas Aqua qui veut…ou qui voudrait.
Car Aqua était hors convention et poussait encore plus loin les limites des explorations auditives. Enregistré dans l’appartement de Froese avec une technologie maison qui consistait à capter diverses sources sonores à partir d’écouteurs sur les oreilles d’un mannequin, Aqua débute dans une faune sonore halieutique avec de fines modulations rythmiques qui survivent dans un marais stagnant où les planctons sonores fusionnent avec la beauté abyssale d’une phase terminale. Y a de quoi fermer les yeux, rêver et imaginer cette ode perplexe et atonale avec de la bonne boucane. Des chapelets d’effets sonores se succèdent dans une mare aux ondulations crées par des coups de rames ou par la pure fantaisie d’un poète sans vers. Une étrange musique, dans un étrange univers qui se poursuit avec Panorphelia et sa structure séquentielle pulsative sur un beau mellotron errant. Hypnotique, doux mais lourd Panorphelia embrasse les limites d’un Mysterious Semblance At The Strand Of Nightmares.
Avec NGC 891 nous replongeons dans l’univers underground des effets sonores où le trafic rural se fond aux bruits d’avions à réactions dans une intro qui tarde à embrasser la superbe prestance de Franke sur le gros Moog Modular. Un excellent titre qui croisse avec efficience et qui n’a rien à envier au Flamand Rose sur On the Run, quoique moins violent mais drôlement plus élaboré. En ce qui me concerne, c’est le premier gros titre d’Edgar. Upland clôture avec une grosse orgue circulaire qui capte toutes formes d’énergies sonores, un peu comme les chasseurs d’ouragan. J’aime cette fusion d’orgue ecclésiastique dans un contexte de modernité sonore. Très expérimental, mais pas vraiment musical, Upland dépeint à merveille Aqua et la complexité des recherches sonores de sieur Froese.
Aqua n’est pas vraiment un album mélodieux ou/et harmonieux. C’est du travail de création qui à ouvert bien des portes dans l’exploration sonore et des paramètres de fusion entre l’abstrait et l’harmonie pour une créativité plus musicale dans les années qui ont suivies cet étrange album. Mais vous savez quoi? J’ai fini par trouver ça beau. Une forme de communication entre l’abstrait et la beauté perceptive d’un auteur à l’imagination créative et audacieuse. Commencez par NGC 891, Upland, Panorphelia et Aqua. Vous comprendrez pourquoi cela m’as pris un certain temps pour aimer cette première œuvre solo de mon oncle Edgar.

note       Publiée le dimanche 1 mars 2009

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Note moyenne        3 votes

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Demonaz Vikernes › jeudi 27 septembre 2018 - 15:53  message privé !

Magnifique cet album, mais il m'aura également fallu du temps pour bien m’imprégner des sonorités utilisées ici (Aqua n'est pas une introduction très simple pour le néophyte que je suis encore).

Note donnée au disque :       
snooky › samedi 24 janvier 2015 - 06:50  message privé !

Edgar FROESE 6 Juin 1944 - 20 Janvier 2015 (RIP )

Note donnée au disque :       
Phaedream › samedi 24 janvier 2015 - 00:55  message privé !
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R.I.P. Edgar (1974-2015)

Effectivement, 2015...Merci Snooky

Thierry Marie › vendredi 9 juillet 2010 - 11:18  message privé !

Novembre 1976, enfin, après près de 2 années d'économie, je complète ma première chaine stéréo par l'achat de ma première platine. Pour l'inaugurer, je m'offre 4 disques: Procol Harum "Live with the Edmonton Symphony Orchestra", "Close to the Edge" de Yes, "Brain Salad Surgery" d'ELP, et cet "Aqua" d'Edgar Froese, mon premier trente-trois tours de musique électronique. Sur foi de quoi l'avais-je acheté? Sans doute avais-je lu une chronique dans Best ou Rock'n'Folk. Et la pochette était superbe. Bluffé, alors la musique çà pouvait être cela? L'amateur de science-fiction que j'étais alors a adoré. Et maintenant encore, je le trouve très potable cet "Aqua". Je n'en regrette que davantage l'évolution déplorable de la musique du pére Froese...

Note donnée au disque :       
snooky › jeudi 5 mars 2009 - 19:48  message privé !

Excellent que ce premier opus d'Edgar Froese. Certes un peu froid, très "liquide",d'un accès très difficile parce que très cérébral et expérimental, Aqua demeure cependant très innovateur et audacieux pour l'époque, presque hors du temps.J'adore et j'adhère surtout Aqua( le morceau) et Parnophelia. Mais l'ensemble reste tout à fait recommandable.Et à mon avis, Aqua est un chef d'oeuvre. Un point c'est tout...

Note donnée au disque :