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Matmos › The West

cd • 5 titres • 48 :59 min

  • 1Last Delicious Cigarette (8:35)
  • 2Action At A Distance (2:47)
  • 3Sun On 5 At 152 (10:15)
  • 4The West (21:24)
  • 5Tonight, The End (5:56)

enregistrement

Enregistré chez Matmos (San Francisco,CA), Dave Pajo (Louisville, KY), Steve Goodfriend (Eagle Rock, CA), Mark Lightcap (Pasadena, CA), et au Skylab de Jim Putnam (Los Angeles, CA).

line up

M.C. Schmidt (Dry Electric Guitar, SH 101, Mono/Poly, Sequencing, Cigarette, Dixe, Mix, Amplified Bible, Bowed and plucked banjo, Guitar, Bass, Banjo, Vox Supercontinental Organ, Merkur Scorpio, Acoustic Guitar), Drew Daniel (Samples, Sequencing, Turntable, Dice, Digital Editing, Processing)

Musiciens additionnels : Kris Force (violon), Jackie Gratz (violoncelle), Dave Pajo (Tremolo guitar, Slow Guitar, Fast guitar), Michael Brown (Copper, Water, Contact Mics), Mark Lightcap (Acoustic/Slide Guitar, Jew’s harp, Electric guitar, Peck Horn, Tuba), Robert Waller (Telephone), Steve Goodfriend (drums, sleaze drums), Chris Guttmacher (drums), Katerin Von Ledersterger-Goodfriend (Speaking), Jay Lesser (Custom Electronics), Mike Martinez (guitar, bassy guitar), Wiebke Ratzeburg (Speaking), Rick Brown (Mail, Drums), Jim Putnam (trumpet)

remarques

Artwork originel par Rex Ra – Reconstruit par Philip Marshall

chronique

Styles
electro
electronica
folk
noise
rock
post rock
Styles personnels
country / idm > glitch americana

Amateurs d’electro ambitieuse et de qualité, voici un objet qu’il ne vous faut manquer sous aucun prétexte... La réédition de The West, 3ème album de Matmos, qui allait faire les beaux jours de l’electro-bobo tapissant les Björk, est arrivée. Je vous rassure tout de suite, on est à des années lumières des sempiternels couinements Agrigel qui ont fait le succès de Vespertine (on se rapproche plutôt de Matthew Barney, dans l’esprit), puisqu’en ce temps-là, Matmos n’était pas encore un groupe tendance. Ils nageaient obstinément à contre-courant en proposant une saine alternative à l’IDM futuriste en pleine expansion du côté de chez Warp (qui n’en est pas moins excellente) : une fusion contre-nature entre des sons glitch utilisés avec parcimonie et des instruments classiques (guitares et batterie) omniprésents, parfois simplement samplés en boucle, et souvent agencés en collage dadaïste, mais toujours en préservant toute l’amplitude des sons organiques, dont les Matmos sont de toute évidence amoureux – normal pour un groupe dont le nom rend hommage à Barbarella. Résultat : cet album n’a pas pris une seule ride depuis 10 ans qu’il est sorti. Il aurait même tendance à rajeunir ! Là où certaines productions anglaises de l’époque commencent à sonner datées, The West sonne plus avant-gardiste et intemporel que jamais…


Un mot sur cette réédition, donc : Un superbe digipack marron, vraisemblablement en carton recyclé (vu que la musique explore le concept de recyclage, c’est on ne peut plus adéquat) et à l’artwork monochrome terriblement classieux, serti de petites inscriptions mystérieuses comme "faint evening chimes" ou "like memnon’s music of old time"… Pas de bonus, car de toutes façons l’album a toujours été rare, et surtout snobé comme il se doit lors de sa sortie (eussent-ils été scandinaves…). Le disque s’ouvre sur l’extraordinaire Last Delicious Cigarette, morceau de bravoure du duo, entrelacs de paillettes sonores fidèle à la pochette, entre lesquelles de nombreuses mélodies sublimes se faufilent tels des anguilles, sous la forme de lignes de basse fantomatiques, de samples lunaires et de claviers old-school. D’aucuns pointent la ressemblance avec le morceau Peace Of Mind de Claro Intelecto, mais on se contentera de conseiller à l’auditeur de déguster cette merveille comme il dégusterai un dessert de luxe, preuve que la recherche formelle de la musique concrète peut rencontrer la perfection chromatique de la pop. Ça se termine sur une coulée de cordes dissonantes surplombée par le trémolo de la guitare de Dave Pajo (Pote de lycée du groupe depuis Louisville, Kentucky… ça ne s’invente pas), tandis que la forme noiraude de la basse nous rappelle qu’on est toujours dans le même morceau. Action At A Distance délivre un contraste saisissant et nous fait rentrer de plein pied dans l’album : la gratte de Dave Pajo y est cette fois quasiment "a cappella" si l'on puis dire, levant le voile sur un paysage complètement inattendu : cactus, poussière et buissons emportés par le vent… D’emblée, on pense à Gastr Del Sol, à la première génération du Post-Rock, et on se dit que leurs vrais successeurs sont ici. Dave Pajo s’éclipsera cependant des deux pièces suivantes, très longues digressions expérimentales qui s’avèreront inépuisables au fil des écoutes. Sun On 5 At 152 paraîtra d’abord froid et inhospitalier, avant de faire entrer en scène une boucle de batterie minimaliste et groovy. On comprend, alors que la boucle refuse de s’arrêter et que le morceau tire en longueur, qu’on est à des années lumières des effets faciles souvent reprochés à l’electro dite "expérimentale". On est emporté dans un crescendo de 10 minutes sans le savoir, pris au corps par ce violoncelle dissonant et évoquant pourtant une atmosphère de XIXème siècle. Ce sera le même schéma pour la plage-titre, deux fois plus longue : vers la fin de la troisième minute, c’est le carnaval de rio qui déferle via téléportation instantanée dans le ranch de Monsieur Johnson. S’ensuit un véritable défilé de sons compressés et amplifiés, tandis qu’une guitare slide ne cesse de gémir gentiment en fond sonore, ignorant le délire orchestré par M.C. Schmidt et Drew Daniel au premier plan, qui finiront par nous faire danser à nouveau quelques dix minutes plus loin, en brevetant le premier prototype de house acoustique, rien que ça. Difficile de croire que tout cela a été assemblé à partir de bandes arrivant dans la boîte aux lettres du duo, tant tous les musiciens samplés ici semblent jouer dans la même pièce que l’auditeur ! Un disque dont il est rigoureusement impossible de se lasser, idéal pour l’île déserte. A rapprocher de l’ambiance de There Will Be Blood, le récent film de P.T. Anderson. The West Is The Best.

note       Publiée le lundi 23 février 2009

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dariev stands › mardi 24 février 2009 - 16:25 Envoyez un message privé àdariev stands
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je dirai que c'est quand meme plus connoté "musique concrète" que dead hollywood stars, mais jete une oreille sur celui-là, car figure toi que moi aussi j'ai tendance à etre enervé par "A chance to cut" et par certains trucs de Fennesz... le hérissage de poil je sais ce que c'est. Dead Hollywood Stars, on peut s'attendre auxquels sinon ? j'ai hate de voir ça

Wotzenknecht › mardi 24 février 2009 - 10:57 Envoyez un message privé àWotzenknecht
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glitch americana... Ca me fait penser à Dead Hollywood Stars. Mais j'imagine que The West est dans un truc plus chirurgical, précis que les sus-nommés. Cela dit je m'abstiendrai, je suis allergique à leur son, il me hérisse les mêmes poils que Fennesz, ils ont tous deux quelque chose d'une peau de chamois frottée...