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Grace Jones › Warm leatherette

  • 1990 • Island CID 9592 • 1 CD

cd • 8 titres • 46:38 min

  • 1Warm Leatherette (5:38)
  • 2Private Life (6:20)
  • 3A Rolling Stone (3:32)
  • 4Love Is The Drug (8:42)
  • 5The Hunter Gets Captured By The Game (6:46)
  • 6Bullshit (5:17)
  • 7Breakdown (5:31)
  • 8Pars (4:51)

enregistrement

Enregistré et mixé aux Compass Point Studios, Nassau, Bahamas. - Produit et mixé par Alex Sadkin et Chris Blackwell - Ingés-son : Alex Sadkin, Harold Dorsett, Kendall Stubbs

line up

Wally Badarou (claviers), Sly Dunbar (batterie), Grace Jones (lead vocal, backing vocal), Robbie Shakespeare (basse), Uziah "sticky" Thompson (Uzziah Sticky thompson) (percussions), Barry White Reynolds (guitare), Michael Mao Chung (guitare)

remarques

Pochette par Jean-Paul Goude

chronique

Styles
black music
funk
dub
electro
new wave
pop
rock
Styles personnels
+ reggae, synth pop...

Vous en voulez, du disque fondateur, du maître étalon des musiques électroniques, du melting-pot précurseur ? En voilà. C’est sous la férule du renard aux manettes d’Island, Chris Blackwell, que Grace Jones entre en studio accompagné des fines lames que sont Sly & Robbie (reconnaissables entre mille) et Wally Badarou — ici en forme abracadabrantesque, et je pèse mes mots… La sélection des morceaux repris (plutôt que d’accoucher d’originaux jetables, en voilà une bonne idée) est tout aussi impitoyable. Le but est d’accoucher d’un produit au son parfait, futuriste, laissant loin derrière toute tentative d’imitation, célébrant le fusion entre les musiques noires et blanches pour créer de toutes pièces une créature hybride, une frankenstein d’ébène aux rouages bien huilés, dont les chances de carton ne peuvent être que de 100%. La nouvelle Grace Jones, libérée du carcan dancefloor putassier de ses premiers albums, émerge ainsi d’une nébuleuse de câbles entremêlés dans un fracas bionique, accompagné d’un halo de fumigènes… Androgyne et mécanique, telle une Ziggy Stardust qui aurait troqué la blancheur et la maigreur contre les muscles et le noir brillant du cuir chauffé par le frottement des chairs… Les amateurs de dépression sous les néons et de cocaïne triste à l’ombre des palmiers en plastique feraient bien de tendre l’oreille. Grace Jones rend Madonna has-been avant de commencer… La pauvre poule n’avait rien compris… Ici, aucune trace de mièvrerie où de petite mélodie facile… Tout n’est que cruauté de cyborg (la chanson-titre), exaspération (Bullshit) et déchéance froidement racontée (The Hunter…). À bien y regarder, aucun sentiment positif n’est exprimé ici. Si ce disque surfait à l’époque sur l’agitation (et non pas le buzz, tas de crevards) créée autour du personnage sulfureux de Grace Jones, il serait bon de le comparer aux disques hype de maintenant pour constater que les Scissor Sisters (au hasard), bien qu'étant Funky en diable, n'ont rien inventé. Grace Jones, avec vingt ans d’avance, reprenait déjà des chansons à l'origine tout sauf dansantes pour les passer à la moulinette disco et en faire des tubes de club. Là où les sœurs ciseaux font une tête au carré à "Comfortably Numb", Grace Jones s’attaque à des œuvres aussi variées que "The Hunter Gets Captured By The Game" de Smokey Robinson, "Love Is the Drug" de Roxy Music, "Private Life" des Pretenders (dans une « version dub » que n’aurait pas renié Lee Perry) ou encore "Pars" de Jacques Higelin ! La production de Sly & Robbie octroie à ces reprises un son étincelant, entre disco et reggae, et fait résonner la voix si particulière de Grace dans cet habit futuriste pour l'époque. La Dame ayant l'habitude d'endosser de la haute couture, elle ne semble guère impressionnée et déclame ses textes avec une froideur distante ; célébrant ainsi le mariage païen du disco de Donna Summer avec tout le cortège des musiques qui sortaient de l’ombre à l'époque : cold wave, techno-pop, mais surtout : reggae et dub. La seule chanson à ne pas être une reprise apparaît comme la meilleure de l'album. Il s'agit de "A Rolling Stone", perle de disco/cabaret au son préfigurant bien des tubes à venir. Après cet album, Jones en enregistrera encore 2 autres avec le duo Jamaïcain, dans un laps de temps assez court, prouvant ainsi son mépris de la hype et son envie d'enregistrer. Peu de groupes "branchés" actuels peuvent se targuer de se détacher ainsi de la mode qui les entoure. Ainsi, Warm Leatherette, s’il est aujourd'hui devenu un classique au même titre que les premiers Prince, prenait à l'époque le contrepied du disco hédoniste et dévoué à ne vivre que quelques mois sur les dancefloors – genre dans lequel miss Jones s'était spécialisée — ouvrant ainsi la voie à la pop pour nombre d'artistes black. Ils préfèreront inventer le hip hop… Ce Warm Leatherette était pourtant ce qu’on appelle un « presque chef d’œuvre »… Un 6/6 qui a raté la dernière marche.

note       Publiée le lundi 23 février 2009

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NevrOp4th › mercredi 25 septembre 2013 - 21:32 Envoyez un message privé àNevrOp4th

Eh Eh bien joué pour cette chronique.;) Vivement que tu te penches sur Nightclubbing!

Raven › mardi 24 février 2009 - 02:53 Envoyez un message privé àRaven
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Alors là je dis Monsieur Dariev ! Tu comptes faire Nightclubbing aussi ? ...I've Seen That Face Before.....

Note donnée au disque :