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Kernel › The Deep

  • 2008Zora Zora_R01 • 1 CD digipack

cd • 1 titre

  • 1The Deep59:42

informations

line up

Kasper T. Toeplitz (ordinateur et composition), Eryck Abecassis (ordinateur), Wilfried Wendling (ordinateur)

chronique

  • électroacoustique

Vous le voyez sans doute mal sur l’image, mais une discrète ligne rouge coupe le nom de Kernel sur la pochette. Elle pourrait être tout à fait insignifiante mais elle reflète à mes yeux la structure même des profondeurs de la composition de Kasper T. Toeplitz. Exit pour cette fois la fameuse BassComputer, cette basse électroaoustique reliée à des patches Max/MSP qui fait son petit effet à chaque représentation : Kernel est une formation qui invite les musiciens à ne jouer qu’à l’ordinateur. Mais contrairement à Masami Akita (pour ne citer que le plus connu), Toeplitz ne mise aucunement sur l’improvisation : ses compositions sont clairement écrites jusqu’à un certain point et c’est aux interprètes de faire au mieux avec leurs appareils. Mais revenons à cette ligne rouge : elle semble apparaître à plusieurs moments dans la composition, sous la forme d’une fréquence suraiguë continue (on commence à connaître les goûts de Toeplitz pour les aiguës comme en atteste le très douloureux titre du Dépeupleur sur la compilation ‘Erratum #4’) qui tiendrait l’ensemble sur un rail de caméra, pour nous faire goûter au vertige d’une plongée abyssale dans le vide des abstractions sonores les plus rudes. ‘The Deep’ n’est pas violent malgré une ouverture et une fin musclées, c’est un nouveau tableau à ajouter à la collection des paysagistes isolationnistes (Andrew McKenzie mais aussi Dan Burke (Illusion of Safety) voire Xenakis pour remonter un peu le temps), et quel tableau ! Un vide aspirant qui nous fait glisser dans des contrées sonores arides habitées par tout sauf quelque chose de vivant, comme ces minuscules mais incessants crépitements ou encore ces étranges passages stéréophoniques de granulations à mi-parcours, dans un désert nocturne où les drones criquètent au loin. Deux échelles se partagent ‘The Deep’, comme une action et un décor : d’une part des évènements plus ou moins spontanés qui évoluent rapidement, maintenant l’attention de l’auditeur et d’autre part un environnement beaucoup plus lent et modulé qui se joue des dimensions de l’espace pour l’agrandir à sa guise. Et toujours cette petite ligne tranchante, qui refait surface à plusieurs moments pour nous indiquer la direction à suivre et éviter ainsi l’écueil de la distraction. Il y a ce que l’on écoute et il y a ce que l’on entend, et c’est dans ce nivellement des sons que la magie s’opère. Beaucoup de mots et je suis encore loin du compte : c’est une fois de plus l’expérimentation individuelle qui prime. ‘The Deep’ vous tient, vous ballotte et vous amène sans heurts au fond du gouffre, dans une nuit perpétuelle où seules vos oreilles vous serviront à voir.

note       Publiée le vendredi 20 février 2009

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