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Current 93 › Black Ships Ate The Sky

cd | 21 titres

  • 1 Idumæa (Marc Almond) [3:22]
  • 2 Sunset (The Death Of Thumbelina) [3:18]
  • 3 Black Ships In The Sky [3:38]
  • 4 Then Kill Cæsar [3:58]
  • 5 Idumæa (Bonnie "Prince" Billy) [2:42]
  • 6 This Autistic Imperium Is Nihil Reich [4:03]
  • 7 The Dissolution Of 'The Boat Millions Of Years' [3:57]
  • 8 Idumæa (Baby Dee) [4:19]
  • 9 Bind Your Tortoise Mouth [2:30]
  • 10 Idumæa (Antony) [2:02]
  • 11 Black Ships Seen Last Year South Of Heaven [4:07]
  • 12 Abba Amma (Babylon Destroyer) [3:19]
  • 13 Idumæa (Clodagh Simonds) [2:35]
  • 14 Black Ships Were Sinking Into Idumæa (Cosey Fanni Tutti) [11:05]
  • 15 The Beautiful Dancing Dust [0:57]
  • 16 Idumæa (Andria Degens) [3:06]
  • 17 Vauvauvau (Black Ships In Their Harbours) [4:41]
  • 18 Idumæa (Dabid Tibet) [1:50]
  • 19 Black Ships Ate The Sky [4:20]
  • 20 Why Cæsar Is Burning Part II [2:48]
  • 21 Idumæa (Shirley Collins) [2:42]

enregistrement

Mixé par Colin Potter & Steven Stapleton. Mastering par Denis Blackham.

remarques

Dessins de Geoff Cox-dorée & ses enfants Anna Cox-Dorée & Seth Cox-Dorée. Texte d'Idumaea par Charles Wesley.
Digipack + livret de 56 pages dans un coffret

chronique

Styles
folk
Styles personnels
apocalyptic folk

Ces bateaux noirs qui ont mangé le ciel sont l’occasion rêvée pour parler un peu de toute la dichotomie de Current 93. A la fois simple et grandiloquente, la musique de notre formation préférée n’a cessé de chercher les contraires pour se démarquer et ce Black Ships Ate The Sky est tout à fait prévisible dans le sens où c’est peut-être le plus explicitement contradictoire. Sous une nuée d’invités et à grands renforts d’eschalotogie patacaisse, cet énième opus est pourtant bien intimiste, chaque invité offrant sagement sa version d’Idumaea, le poème de Charles Wesley autour duquel tourne tout l’album. Marc Almond (& Michael Cashmore, marquant les débuts de leur collaboration) reste classique dans sa façon de faire, on retrouve aussi une version americana (Bonnie ‘Prince’ Billy façon Sixteen Horsepower), des phrasés de plus en plus dépouillés (Shirley Collins avec un accordéon, Baby Dee avec une guitare, Antony a capella), une Andrea Degens (Pantaleimon) très délicate, Clodagh Simonds donnant quelque chose d’assez proche de ce qu’elle a pu offrir avec Fovea Hex et Cosey Fanni Tutti qui s’invite de façon sensuelle à la fin d’une piste chantée par Tibet. Et le reste, me direz-vous ? Beaucoup de titres finalement assez convenus, proche de ce que l’on a pu entendre sur ‘Of Ruine or Some Blazing Starre’ (jusqu’à reprendre certains gimmicks) mais sans mélodies particulièrement mémorables. Plus surprenant, le retour des délires acides dissonants (‘Black Ships in their Harbour’ et surtout l’excellent ‘Black ship ate the sky’ qui rappelle furieusement ‘A Silent Siege’ de Deutsch Nepal). Je retiendrai pour ma part le duo ‘This autistic imperium is nihil reich’/’The dissolution of the boat ‘Millions of years’’ pour leur ambiance délétère particulièrement fouillée ainsi qu’une voix toujours plus volatile de David Michael Tibet, inégalable pour ce qui est de nous faire entrer dans son délire mystique. Parlons-en de sa mystique, qui commence à devenir sérieusement n’importe quoi, et même s’il s’y amuse comme un enfant et qu’il nous fait clairement partager cet enthousiasme pour le méli-mélo de mythologies diverses mieux ne vaut pas trop chercher à saisir de portée plus que poétique, au risque de voir son imaginaire délirant s’effriter très vite. Servi dans un chouette coffret avec un livret bien fourni, ‘Black Ships Ate The Sky’ même s’il court derrière ‘Thunder Perfect Mind’ ou ‘Of Ruine…’ reste un album fondamentalement réussi mais qui aurait peut-être gagné à devenir un chef d’oeuvre vu l’ambition initiale, et ce plutôt que de nous livrer sa version alternative sous un autre CD (‘Black Ships Eat The Sky’, notez la nuance) ; car malgré toutes les contradictions nécessaires pour faire de telles merveilles un artiste doit aussi savoir faire des choix ; et clairement, ça n’est pas un gros souci pour Tibet qui laissera ce travail à ses fans, dont le travail consistera à acheter deux fois la même œuvre !

note       Publiée le jeudi 12 février 2009

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eric burden › vendredi 28 mars 2014 - 00:54  message privé !

Joli retour du Current neuf-trois, la voix de Tibet a perdu avec le temps, mais l'elegance du I am the last est magnifique

michel rocard › jeudi 17 novembre 2011 - 23:42  message privé !

Tremblez misérables. Parce que "Bind your tortoise mouth" est la chanson la plus triste du monde.

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Wotzenknecht › samedi 14 février 2009 - 17:17  message privé !

"Et si vous voulez entendre Tibet faire qqchose de fondamentalement différent de Blazing Starr, vous êtes probablement pas (plus) avec le bon groupe." Pas d'accord, il y a des tas de groupes qui sortent sans cesse le même album sans que ça ne soit problématique. Disons qu'ici on a les mêmes émotions, moins la surprise, moins l'inoubliable. C'est un bon album en soi mais remis en perspective avec le reste de C93 ça n'est pas un chef d'oeuvre, loin s'en faut.

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Everlasting › vendredi 13 février 2009 - 18:54  message privé !

La pochette est tout de même immonde ^^

Note donnée au disque :       
varg › vendredi 13 février 2009 - 18:28  message privé !

assez d'accord avec la chro, une ambition qui ne s'est finalement que partiellement matérialisée. néanmoins, il y a de nombreux points positifs, à commencer par le sans faute du casting: il n'y pas une seule version d'Idumæa dont on puisse se dire "elle n'apporte rien". après les ambiances sous acides côtoyant les titres très folk, c'est un parti pris qui me plait assez: les collisions d'univers dans une même oeuvre, je trouve plus d'intérêt à les assembler qu'à les dissocier. après je n'ai pas le recul suffisant sur l'insondable discographie de Current 93, donc bon, les redites et autres gimmicks, je trouve que cela fait partie du jeu quand on considère une carrière aussi fournie, il y a forcément une "patte" qui ressort, et ce, malgré les différentes orientations prises par Tibet depuis 30 ans. par contre je ne suis pas d'accord sur le fait que ce disque ne parle qu'à Tibet. il est certes, tourné sur lui même ici, c'est le point de départ, mais je ne trouve pas que ce disque soit hermétique au point de n'y rien ressentir à son écoute. on nous demande pas de voire des ptits bateaux dans le ciel non plus... enfin mention spéciale au packaging, très joli et de qualité.

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