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Henry Threadgill's Air › Live air

4 titres - ?? min

  • A1/ Eulogy For Charles Clarke (10:37)
  • A2/ Portrait Of Lee Smith (8:06)
  • B1/ Keep Right On Playing Thru The Mirror Over The Water (15:30)
  • B2/ Be Ever Out (5:40)

enregistrement

Face A enregistrée le 1er Juillet 1976 au Studio Rivbea, New York – Face B enregistrée le 28 Octobre 1977 à l’Université du Michigan, Ann Arbor, Michigan.

line up

Fred Hopkins (contrebasse), Steve Mccall (batterie, pecussions), Henry Threadgill (saxophone alto, flute, percussions)

remarques

chronique

Styles
jazz
avant garde
Styles personnels
avant-garde

Dans ma volonté de goûter un peu à tous les genres existant avant de me fixer, j’aborde ici le jazz dit d’ "avant-garde" (il est plus simple de parler de jazz improvisé pour décrire le style), via un de ses praticiens les plus respectés mais néanmoins obscurs, Henry Threadgill, et son groupe Air, donc. Un groupe dont l’activité remonte à avant la période chroniquée par Proggy. Threadgill y était déjà farouchement attaché à l’avant-garde, pionnier d’un free jazz particulièrement minimaliste et économe, en tout cas plus que la plupart des disques du style que j’ai écouté (et ça ne se compte pas en centaines… gardiens du temple, faites péter les quolibets). Ce live ne déroge pas à la règle, d’autant plus que la première face a été enregistrée en studio, et que la deuxième en a tous les atours avec ce son très propre, probablement dû à un enregistrement fait en tout petit comité dans un club minuscule. Ce que ce "Live Air" a en plus que les opus studio, en revanche, c’est cette petite atmosphère de procession sur un sommet de la cordillère des Andes, à 6000 m d’altitude avec nulle âme qui vive à des kilomètres… Fermez les yeux. "Portrait of Leo Smith" démarre… Le chaman vous guide de sa flûte, accompagné des discrets tintements des gris-gris qui annoncent le début de la cérémonie. L’air se fait rare, l’atmosphère, fervente. Le saxophone retentit le temps d’une apparition soudaine, un mirage probablement dû au soleil qui tape beaucoup plus fort en altitude. On a vraiment l’impression, le temps de cette Face A, d’écouter un enregistrement de musique rituelle Inca (après renseignement, il apparaît que Threadgill rend plutôt hommage aux flûtes Sakuhachi japonaises… j’étais loin !), aux motifs étranges, amplifiés par l’absence de batterie qui apporte une variation bienvenue à la configuration du groupe. Car c’est la section rythmique qui décide de la marche à suivre, ici. Be Ever Out, qui apporte la concentration extrême du trio à son paroxysme, confirme la chose. Le thème, très bref, est surtout joué par la contrebasse et la batterie en début et en fin de morceau. Entre temps, l’improvisation est totale, dans la tradition free jazz. Threadgill, d’habitude si contenu et parcimonieux, semble enfin lâcher la bride de son saxophone, en bon maître de la dissonance, tandis que Hopkins et McCall s’en donnent à cœur joie. C’est moins le cas sur Keep right on playing through the mirror over the water, où le groupe joue tout en retenue, dans un exercice d’apnée parfois épuisant. Dommage que l’ambiance du premier titre n’ait pas été poussée sur toute la longueur du disque…

note       Publiée le jeudi 12 février 2009

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Coltranophile › jeudi 12 février 2009 - 17:47  message privé !

Superbe disque d'une des formations-clés des années 70. En fait, la première partie du disque n'est pas exactement un studio. il a été enregistré au "Rivbea Studios" qui était le loft de Sam Rivers où se produisait nombre de musiciens de l'époque ce qui est d'ailleurs magnifiquement sur un quadruple CD sous le nom de "Wildflowers" où on retrouve la formation ici présente. Je lui préfère les disques "Air Raid" et "Air Time" mais pour quiconque aime Threadgill ce disque est quasi-indispensable.

Note donnée au disque :