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Francesco Agnello › Hang 1

cd • 12 titres

  • 1Hang 01 2.13
  • 2Hang 02 4.32
  • 3Hang 03 4.08
  • 4Hang 04 3.48
  • 5Hang 05 3.25
  • 6Hang 06 3.08
  • 7Hang 07 3.59
  • 8Hang 08 11.17
  • 9Hang 09 2.42
  • 10Hang 10 3.09
  • 11Hang 11 1.39
  • 12Hang 12 6.42

enregistrement

Enregistré et mixé par François Galarneau. Realisé avec l'AIRCAC, association internationale de recherche et de création artistique contemporaine.

line up

Francesco Agnello (hang)

remarques

franscesco.agnello.free.fr

chronique

Styles
ovni inclassable
Styles personnels
hang

Ce disque, merveilleusement lunaire et accessible, n'en démeure pas moins un des disques les plus expérimentaux parmi ceux que l'on peut trouver dans notre vénérée bibliothèque. La raison en est fort simple : contrairement à ce que son nom, son apparence de bol tibétain géant et ses premières sonorités peuvent laisser penser, le Hang est un instrument entièrement nouveau, inventé il y a quelques années à peine par deux suisses, qui ne cessent depuis lors de le perfectionner. A ma connaîssance ils en sont aujourd'hui à la cinquième génération; sur ce disque, l'instrument d'Agnello est une version trois. Fabriqués à l'unité, il en existe forcément très peu sur la planète, mais il existe encore moins de Francesco Agnello, capable de se l'approprier avec autant d'évidence, mais aussi de dextérité. La prouesse que représente ce disque est triple : l'instrument lui-même, tout d'abord, totalement monobloc et monomatériau comme seules peuvent l'être quelques percussions primitives, dont le son n'a même pas besoin du bois d'une baguette puisqu'il se joue à mains nues, et qui malgré cela s'impose comme aussi mélodique que percussif, à la croisée des mondes. La prouesse technique d'Agnello, ensuite, qui semble virtuose absolu, maître des moindres possibilités, capable de toutes les nuances possibles, d'un instrument qui vient pourtant de naître. La prouesse d'Agnello compositeur, enfin, car le premier attribut de cette musique n'est ni la nouveauté, ni la surprise, ni la technicité, mais tout simplement la beauté. Expérimental au plus haut point comme l'instrument est nouveau né, mais parce qu'il est aussi entièrement seul, 50 minutes de musique qui ne reposent donc que sur les seules capacités de l'instrument, monobloc encore une fois, et qui ne peut ainsi se prévaloir du spectre mélodique d'une guitare aux 6 cordes ou d'un piano aux 88 touches. Pour bien connaître maintenant ce disque et ce que Agnello y déploie, je dirais que le Hang possède à peine plus d'une octave dans les aigus, avec lequel il faut ourdir ses mélodies, et que les notes basses dont Agnello fait ses battements de coeur et par lesquelles il impose donc ses fondamentales, doivent être au nombre de une ou deux. Ensuite, tout ne sera que toucher, micronuance, rythme et imagination. Le son du Hang évoque bien sûr quelques xylo ou metalophone, une touche orientale asiatique en plus, mais aussi fortement la harpe, et la manière dont on le frappe le rend à même d'exprimer d'infinies variations, qui évoqueront aussi bien le piano que la mandoline, la guitare, voire le djembé. C'est un son étoilé, dont l'attaque est adoucie par la main nue, à la résonnance courte mais profonde. Mais comme je vous l'ai dit, avant d'être une expérience, ce disque est surtout un merveilleux moment de musique. Mélancoliques, nocturnes, aussi mélodieuses que le hang le permet, les compositions d'Agnello sont délicieusement atmosphériques, riches, équilibrées... une promenade sous la lune, une veillée magicienne, aussi intimiste et suspendue par endroits, que dansante ou même incantatoire dans ses élans de transes. Limité par l'instrument, Agnello se montre extrêmement talentueux dans le registre de la mélodie répétitive; son imagination rythmique, son sens de l'accent et des angles lui permettant d'échapper totalement à la monotonie; de nombreuses pièces sont notamment tenues par un véritable groove, parfois tribal, aussi onirique que dansant. A force d'écouter ce disque qui nous appelle d'abord par sa seule beauté acoustique, on finit par identifier chaque pièce, on distingue les différents caractères mélodiques, on réalise qu'il ne s'agit pas de 50 minutes de Hang, mais bel et bien de 12 compositions, distinctes, variées, pour Hang seul. En gouttelettes, en rythmes effrénés, en ritournelles, Agnello place ses notes avec virtuosité et délicatesse, et nous plonge dans un univers bienveillant, de solitude, de lueurs et d'échos. A travers cette chronique, ce n'est donc pas vraiment au hang que je souhaite vous sensibiliser, ni remplir une mission d'enrichir toujours plus notre site en bizzarerie; c'est bien plus simplement vous faire partager un vrai bonheur musical.

note       Publiée le jeudi 5 février 2009

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Dun23 › vendredi 6 février 2009 - 18:51  message privé !

Il me semble que les young gods (des suisses expérimentateurs es-bizzarerie, tiens donc) en version acoustique utilisent l'instrument. Et qu'effectivement, ça a plutôt un joli son.

Sheer-khan › vendredi 6 février 2009 - 14:10  message privé !
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oui, on peut le contacter par mail : aircac@free.fr

Soup › vendredi 6 février 2009 - 11:23  message privé !

J'ai écouté un peu sur le net hier, c'est vraiment joli comme instrument. Par contre, question existentielle : le cd à l'air très difficilement trouvable. Faut se fendre d'un mail au musicien ?

absinthe_frelatée › jeudi 5 février 2009 - 23:31  message privé !

Je connais pas cet artiste mais cet instrument oui, ça a un son très particulier mais très sympa c'est vrai.. et puis je cherchais justement y a pas longtemps du son. Voilà qui est trouvé, merci SK !!

Nokturnus › jeudi 5 février 2009 - 23:12  message privé !
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Ça fait un son super relaxant cet objet. Ça, plus le design du truc, ça fait un peu extra-terrestre...