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Fugazi › End Hits

13 titres - 47:44 min

  • 1/ Break
  • 2/ Place Position
  • 3/ Recap Modotti
  • 4/ No Surprise
  • 5/ Five Corporations
  • 6/ Caustic Acrostic
  • 7/ Closed Captioned
  • 8/ Floating Boy
  • 9/ Foreman's Dog
  • 10/ Arpeggiator
  • 11/ Guilford Fall
  • 12/ Pink Frosty
  • 13/ F/D

enregistrement

Inner Ear Studios

line up

Brendan Canty (batterie), Joe Lally (basse), Ian Mckaye (chant, guitare), Guy Picciotto (guitare, chant)

remarques

chronique

"I wonder if I pierce it, will my body stop lying to me ?". End Hits, un Red Medicine numéro 2 ? Non. La première chose que le modeste journaliste que je suis dira à son sujet sera la suivante : il y’a du Pere Ubu dans ce Fugazi. Cette même étrangeté, bizarrerie, cette même sensation de mystère, écoutez "Recap Modotti", "Break" ou "Floating Boy" si vous en doutez. Un peu comme Red Medicine, End Hits est un Fugazi louche, trouble, et même s’il n’est pas aussi beau tous les morceaux de cet album ont quelque chose de magique, un charme bien à eux. Fugazi n’a jamais sorti deux fois le même disque et ils le prouvent encore, et c’est un peu rageant, déjà parce que mon quota de 5/6 est en train de grimper à une allure affolante, ensuite parce que je vais passer pour une groupie – pourtant je n’écoute presque jamais Fugazi. Très rarement. Je sais à chaque fois pourquoi je mettrai un de leurs albums : m’aérer la tête, écouter quelque chose de… pur, encore que cet adjectif ne soit pas très exact, avant de me remettre à des trucs de bœufs joués par des boeufs. Fugazi, c’est comme une thalassothérapie, une remise en forme, c’est peut être le summum de la maîtrise technique mais bon sang, s’il n’y avait pas là-dedans autant de sensations, de délicieux moments, ce n’est pourtant que du rock – incroyable quand même, ce qu’on peut faire avec deux guitares une basse et une batterie. End Hits est tout aussi indiqué que Red Medicine, cet album a un charme bien à lui, quelque chose d’inexplicable, de très subtil, qui nous fait ressentir un plaisir inexprimable à chaque écoute, une fois qu’on l’a bien cerné, et même s’il peut sembler ennuyeux les premières fois. Prenez par exemple ce "No Surprise", pour peu on croirait écouter du grunge, prenez ce "F/D", plus emo que nature, un régal pour les esgourdes. Les coquins se font Sonic Youth, voire Pixies – en mieux s’il fallait le préciser – le chant de McKaye est toujours sur le fil du rasoir, plaintif ou rageur, taquin ou in your face, les riffs fusent, noisy ou chaloupés, les guitares sont plus vicieuses que jamais, elles tressent, elles tissent, elles dessinent des lignes, fluides, malignes, canailles, tandis que les structures sont éclatées, morcelées, les instruments sont mis sur la table d’échec et les pions déplacés intelligemment (on me souffle que cette métaphore n’était pas nécessaire), la beauté apparaît par clignotements, comme la lumière d’un phare (celle là non plus), insolite ou insolente (popopop), et quand elle est là, comme sur ce "Pink Frosty", ballade brumeuse et presque étouffée, le plaisir est total. End Hits est aussi énigmatique et difficile à apprivoiser que Red Medicine, mais une fois qu’on l’a bien cerné on en tombe amoureux. Un album espiègle et fascinant.

note       Publiée le mardi 3 février 2009

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notes

Note moyenne        12 votes

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Rastignac › lundi 22 janvier 2018 - 13:08  message privé !
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Le premier écouté ya un bail, mais pas le préféré. Je le trouve bizarrement mou, un peu emprunté oui comme je lis ci dessous, à la revoyure des années après.

dimegoat › mardi 21 janvier 2014 - 15:01  message privé !

j'adore le passage (de la chro) sur la thalasso et la "pureté" de leur musique. C'est exactement ce que je ressens à l'écoute de ce groupe. Un truc qui ressource et détend, sans être vain ou stupide. ça fait du bien entre deux Dying Fetus.

born to gulo › dimanche 12 juillet 2009 - 23:24  message privé !

non

Note donnée au disque :       
nicliot › dimanche 12 juillet 2009 - 22:10  message privé !

Poutre

Note donnée au disque :       
Raven › jeudi 19 février 2009 - 04:11  message privé !
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réécouté, encore, et dans un état de fatigue propice aux interventions divines de tout bord... merde, ça tue trop... frissons... je crois que je le kiffe autant que Red Medicine, en fait... notes déséquilibrées... mais jpeux pas lui mettre 6... ni 5 à l'autre... chier... dilemme du journaliste

Note donnée au disque :