Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesSSaint Vitus › Born too late

Saint Vitus › Born too late

cd | 9 titres | 48:04 min

  • 1 Born Too Late [6:56]
  • 2 Clear Windowpane [3:19]
  • 3 Dying Inside [7:27]
  • 4 H.A.A.G. [5:04]
  • 5 The Lost Feeling [5:25]
  • 6 The War Starter [6:46]
  • 7 Thirsty and Miserable [3:54]
  • 8 Look Behind You [3:21]
  • 9 The End of the End [5:49]

enregistrement

Produit par Joe Carducci et St Vitus

line up

Wino (chant), Dave Chandler (guitares), Mark Adams (basse), Armando Acosta (batterie)

remarques

Les 3 derniers titres regroupent l'intégralité de la K7 "thirsty and miserable", sortie sur SST en 87.

chronique

Styles
metal
doom metal
rock
hard rock
stoner
Styles personnels
traditionnal doom > manifeste

“Every time I'm on the street / People laugh and point at me / They talk about my length of hair / And the out of date clothes I wear”. Si toi aussi lecteur, tu te reconnais dans cette phrase qui ouvre le présent disque, alors, lis attentivement ce qui suit, tu as peut-être un Doomster qui sommeille en toi (le mien est resté en hibernation pendant pas mal d’années, c’est que ça pionce un doomster). Born Too Late, 3ème album de Saint Vitus mais bel et bien premier avec le légendaire Wino (The Obsessed… ) au chant, n’est autre que les tables de la loi doom, le disque fondateur du genre, auquel se mesureront tous les autres, et ce malgré que pentagram, candlemass, trouble, voire pagan altar soient passés avant. Tout y est : tempo lent mais souple (le mot exact est : chaloupé), guitares vrrrrrrrrrrrrrrrrombissantes, et surtout, textes gravitant autour des 3 mamelles du genre que sont l’alcool, la dépression et la peur de la guerre – War Pigs de Black Sabbath, ça vous interpelle ? Commençons par l’inquiétude la plus fréquente chez ceux qui ne connaissent pas encore le monstre : le son est-il bon ? Et la réponse est OUI. D’accord, la batterie est en plastique, ça, je vous l’accorde, mais putain on s’en branle, la guitare ravage tout, elle, et puis ce disque à une âme, je dirai même, il EST l’âme du Doom. Quand Wino chante “They say my songs are much too slow / But they don't know the things I know”, c’est la profession de foi de tout un style, le porte étendard de toute une génération née trop tard, et qui ne souhaite pas « être un punk rocker avec des fleurs dans les cheveux » mais tout simplement trouver le chemin vers le prochain whiskey bar. Les 3 premiers morceaux sont les meilleurs du disque, sans hésitation. Born Too Late, la chanson, est un hymne au retour vers le VRAI hard rock à une époque où les couillons peroxydés côtoient les techniciens-bouchers du thrash metal, genre noble mais qui perd en humanité ce qu’il gagne en patate. Car n’oublions pas que Saint Vitus pouvait aussi être simplement vu comme une bande de revivalistes de Black Sabbath, certes plus talentueux que ce que les originaux étaient devenus depuis 10 ans. La 2eme tuerie, Clear Windowpane, est une ode à la culture des lava lamp et des gadgets heroïc fantasy, qui apporte direct l’autre élément indispensable à un album de Doom Traditionnel : l’humour, pince-sans-rire et souvent isolé au milieu d’aveux mélodramatiques et souvent sincères dans leur désespoir. Car de désespoir il est bien question dans Dying Inside, véritable spirale d’introspection languide d’un alcoolique parfaitement conscient de sa déchéance. Tout simplement étourdissant ; quant au solo, il remet à leur place tous ceux qui trouvaient que le groupe jouait trop lentement : après quelques mesures, on croirait entendre ce fou à lier de Dr Know des Bad Brains ! Avec le sublime The Lost Feeling, la dépression est décrite comme jamais auparavant, personnifiée dans la voix du chanteur. L’autre aspect intéressant de ce disque, c’est qu’il débarquait à une époque où tous les sous-genres très en vogue aujourd’hui n’existaient pas, ce qui autorisait ce pavé de Doom trad pur et dur à signer sur SST, label hardcore tenu par un Black Flag, dont St Vitus reprend ici – surprise ! - le Thirsty and miserable sur un mode doom poisseux irrésistible… Avant de retrouver le tempo originel avec un break de malade, peut-être simple hommage à l’origine et qui deviendra un gimmick indispensable du genre… De toutes façons cet album était le nécessaire retour aux sources d’une époque qui ne voyait le métal que dur, rapide et froid - un cri dans la nuit pour dire que oui, cette musique pouvait être chaleureuse, groovy et accessible tout en restant intense. Rien que la pochette était osée (violet, couleur de tarlouzes, c’est bien connu). Ne perdons quand même pas de vue que l’ennemi, c’était et ça reste la médiocrité et la bassesse du monde « réèl » : « I was born too late / And I'll never be like you », constat d’inadéquation, mais le plus important suit : « And I don't want to be like you ».

note       Publiée le lundi 2 février 2009

Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

partagez 'Born too late' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Born too late"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Born too late".

ajoutez une note sur : "Born too late"

Note moyenne :        16 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Born too late".

ajoutez un commentaire sur : "Born too late"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Born too late".

Rikkit › lundi 29 août 2016 - 23:40  message privé !

Flippant.

Demonaz Vikernes › mardi 16 juin 2015 - 10:22  message privé !

Un disque inégal, la première face est fantastique, mais je n'accroche pas du tout à la seconde, ni à l'EP en bonus.

Note donnée au disque :       
AlXX › jeudi 12 juin 2014 - 20:42  message privé !

Du doom très traditionnel mais néanmoins très classieux. Dommage que la reprise de Black Flag soit hors sujet.

Note donnée au disque :       
DesignToKill › mercredi 27 mars 2013 - 11:16  message privé !

Vraiment bon, faut que j'écoute le reste de leur disco'

Note donnée au disque :       
yog sothoth › mercredi 1 décembre 2010 - 10:55  message privé !
avatar

En fait faut chopper les disques avec Reagers en priorité (surtout le premier et Die Healing)... après, le V et Mournful cries. Ou sinon la compil Heavier than thou donne une vision un peu plus panoramique !