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Front 242 › No Comment (1984-1985)

cd • 11 titres • 52:56 min

  • 1Commando Mix
  • 2Deceit
  • 3Lovely Day
  • 4No Shuffle
  • 5Special Forces
  • 6S. Fr Nomenklatura I
  • 7S. Fr Nomenklatura II
  • 8Body To Body
  • 9See The Future (Live)
  • 10In November (Live)
  • 11Special Forces Demo

line up

Patrick Codenys, Richard 23, Daniel B, Jean-Luc De Meyer.

remarques

chronique

Styles
electro
indus
Styles personnels
ebm (electronic body music)

Electronic Body Music ? Alors c’est de là que viendrait ce terme ? Ce qu’on considère communément comme "la base" avec DAF. Officiellement l’EP No Comment – et non Geography - est considéré comme le commencement : il s’agit bel et bien du manifeste EBM (terme inventé par De Meyer), mais officieusement c’est une autre histoire… ce qui est cocasse (ou pas) c’est de constater à quel point Alles Ist Gut de DAF a mieux vieilli que ce 242 alors que ces morceaux qui datent à la base de 83-84 si on excepte "Body To Body" sont sorti 3 ans après. F 242 par rapport à DAF ne faisaient pas une EBM seulement minimale et martiale, les belges considérant leur groupe comme une sorte de laboratoire où toute forme de lien avec le rock est proscrite, cette bande de pisse-froids dégoûtés par le disco voulaient danser sur du carré, ils fignolaient des morceaux basés sur un rythme glacial et abrutissant, délesté de toute chaleur, un beat synthétique calqué et recalqué méthodiquement, et brodaient des sonorités robotiques, technoïdes, droïdes avec les nouvelles technologies autour de ce squelette rythmique implacable, travaillaient les boucles pour en faire ressortir un maximum de froideur, de menace. Ils font partie des tous premiers à avoir eu recours à des samples, effets, changements de rythmes, les structures des morceaux étaient plus complexes, avec des beats tour à tour funky ("Commando Mix") ou massifs ("No Shuffle"), tout ça avec un seul et même but : froide lobotomie + mouvement du corps sur un rythme pas plus sympathique, orné de sons flippés, échos de guerre froide et chaos contrôlé. C’était un son nouveau, une nouvelle façon de penser l’indus et la dance music combinés avec des sonorités plus riches et variées que chez DAF (regardez par exemple ce "Deceit", qui sonne très Japan) – un processus que personnellement je trouve assez proche de celui qu’on a sur les premiers Yello, le côté festif en moins bien entendu, couplé à la dureté des vieux Neubauten. Echantillonnage méticuleux, conception du rythme parfait, mélodie bannie, etc, etc, ces mecs se considéraient comme scientifiques plus que comme musiciens et si c’est ce qui fait leur qualité pour les fans j’avoue que c’est aussi ce qui m’empêche un peu de prendre mon pied. Ce processus allait comme on le sait contribuer à changer la donne, et inspirer toute une scène à venir, au Canada par exemple. Ce No Comment est clairement l’ancêtre des Skinny Puppy et FLA, la même recette avec dix ans d’avance et moins de caractère, la voix de Jean-Luc étant tellement froide et constipée qu’on a bien du mal à s’y attacher, c’est aussi le but évidemment : 242 est militaire et raide comme la justice, presque totalement déshumanisé comme Kraftwerk, une Body Music pour gros coincés qui tripent sur les treillis… et pourtant ! Quand la recette se fait presque cold wave comme sur Lovely Day ou No Shuffle, on esquisse un sourire béat. Merde, Jean-Luc, cette espèce de Ian Curtis raté, aurait bien pu faire un sacré chanteur goth, s’il n’avait préféré s’engager dans l’infanterie ! “It was a lovely day, the daaay you walked away…..” Il ne se gênera pas plus tard pour se remettre à ce genre de chant plus prononcé, avec Cyber-Tec. Pour ce qui est du reste de cette réédition de l’EP culte, je suis moins amateur, "Special Forces" (avec ses samples d'Apocalyspe Now) ou "SF.R Nomenklatura", bof bof, quand aux deux live de fin ainsi que la démo, ils sont parfaitement superflus. En fait, on gardera surtout de cette réédition "Body To Body", le morceau-phare de l’EBM au même titre que "Der Mussolini", et le plus gros tube de 242, plus encore que "Headhunter", avec ses samples pornos jouissifs et son rythme stressant, galvaniseur… un des meilleurs (si ce n’est le meilleur) morceaux d’EBM de cette époque révolue.

note       Publiée le mercredi 4 février 2009

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Hazincourt › vendredi 18 novembre 2016 - 14:51  message privé !

Cette réédition est belle oui, mais quand on a déja tous les cd elle n'apporte rien si je me trompe pas .. pas d'inédits. Prothese oui j'attend ça avec impatience, les morceaux présents sur le double Geography sont puissants !!! J'aime bien Male or Female c'est super bien foutu.

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › vendredi 18 novembre 2016 - 12:07  message privé !
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J'aime beaucoup aussi leur projet electro expé Male Or Female, avec un certain Elko Blijweert.

mangetout › vendredi 18 novembre 2016 - 10:14  message privé !

C'est une bonne nouvelle, enfin une édition digne de ce nom qui nous fera oublier définitivement ces rééditions des années 90 ornées de ces horribles pochettes technoïdes. Et effectivement "Don't krash" (par contre bizarre le K, la version originale était "Don't Crash") est une "tuerie" et accessoirement un de mes morceaux préférés du Front, le mélange de rythmique dance et d'atmosphère industrielle saturée est détonnant.

Edit : Je viens de regarder sur le site d'Alfa Matrix et ils vont aussi sortir des disques de Prothèse (Daniel B) et Underviewer (Patrick Codenys et Jean-Luc De Meyer), deux groupes pré-Front 242.

22goingon23 › vendredi 18 novembre 2016 - 09:36  message privé !

réédité avec Politics of Pressure par Alfa Matrix sous diverses formes et coloris avec le très bel artwork original, laissant deviner ou craindre des traits humains devenus machine (un côté F. Bacon) Agressivité martiale, mécanique industrielle et puissance de feu électro. Don't Krash est, pour reprendre l'expression consacrée par de nombreux adeptes, une "tuerie" dancefloor nous ordonnant la soumission.

Note donnée au disque :       
Solvant › lundi 22 avril 2013 - 22:48  message privé !

moi si, pas fan.

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