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The Cure › Wish

cd • 12 titres

  • 1Open
  • 2High
  • 3Apart
  • 4From the dge of the deep green sea
  • 5Wendy time
  • 6Doing the unstuck
  • 7Friday I'm in love
  • 8Trust
  • 9A letter to Elise
  • 10Cut
  • 11To wish impossible things
  • 12End

enregistrement

The Manor, Oxfordshire, Angleterre

line up

Perry Bamonte (guitare, basse, claviers), Simon Gallup (basse), Robert Smith (chant, guitare, basse, claviers), Porl Thompson (guitare), Boris Williams (batterie, percussions)

remarques

chronique

Pour beaucoup, 'Disintegration' est un album majeur des Cure ; ce n'est pas mon avis. C'est pourtant un bon disque que j'ai apprécié à l'époque et que j'apprécie toujours et il est même synonyme de bons souvenirs puisque c'est à cette occasion que j'ai vu le groupe en concert. Sans que je ne me l'explique de manière claire, il m'aura fallu énormément de temps pour le digérer en profondeur, coincé qu'il était entre un 'Kiss me kiss me kiss me' alternant entre noirceur et titres pop enjolivés et l'affreux 'Mixed up', unique entorse à l'intégrité de Robert et sa bande. M'engouffrer dans 'Wish' à l'époque m'était impossible et j'ai repoussé l'achat de cette galette pendant plus de dix ans; à son écoute, je réalise que j'avais effectivement besoin de ce recul pour le commenter de manière objective. Voilà album qui n'avait pas la tâche facile puisqu'il lui allait assurer la continuité de 'Disintegration' tout en faisant oublier 'Mixed up'... fardeau plutôt lourd que 'Wish' supporte avec classe. Il surprend néanmoins par une forme de bipolarité encore plus marquée que sur 'Kiss me kiss me kiss me' là où son prédécesseur sonnait de manière cohérente et homogène. Tout démarre de belle façon par un 'Open' très inspiré avec ses guitares bien appuyées et un rythmique efficace (Simon Gallup se monte une fois de plus irréprochable), avant de glisser avec 'High' à une pop efficace et riche mais un peu parfumée aux ligne de 'Just like heaven', moins inattendue. 'Apart' plus tranquille dégage une atmosphère intimiste reprise quelque peu mais de manière plus flamboyante sur 'From the edge of the deep green sea' assez typique de ce que Robert et sa bande étaient capable de faire alors: rythmes syncopés typés 90's, guitares légèrement psychédéliques, claviers discrets mais parfaits en arrière-plan et un chant émotionnel marqué d'une touche de mélancolie. C'est avec 'Wendy time' que l'on change de registre pour quelque chose de plus léger avec effets wah wah, ton plus enjoué, tendance confirmée par 'Doing the unstuck' où Robert chante 'Let's get happy, it's a perfect day for making out, to wake up with a smile without a doubt'. Suit le single 'Friday I'm in love', assurément le plus poppy et léger de la galette et malgré tout assez peu représentatif du ton général puisque 'Trust', lent et gris, nous emmène à nouveau dans des climats propices à la rêverie et au spleen. Si la qualité des chansons n'est pas réellement à remettre en cause, je ne puis me départir d'une certain impression de tourner en rond, comme si les Cure usaient jusqu'à la corde une formule amorcée sur 'Kiss me kiss me kiss me' et exploitée avec brio sur 'Disintegration' : un son typique, identifiable, riche, très produit, très (trop ?) arrangé, légèrement aérien. D'un côté, il démontre clairement l'assise du groupe dans les 90's qui parvient à s'adapter sans perdre son identité, de l'autre il préfigure le danger d'une voie de garage dont nos Anglais parviendront finalement à s'extraire après un 'Bloodlfowers' à la limite du naufrage. Pour l'heure, rien de cela, 'Cut' sonne très Brit indie, un brin noisy, tandis que 'To wish impossible things' se coule dans des volutes de brume sur fond de cordes. Objectivement, j'avais tort de me méfier de 'Wish' qui reste un bon album, plus ambigu qu'il n'y parait à première écoute même si pour ma part, je lui préfère nettement 'Disintegration'. Disons qu'il a cette qualité du disque qui sait dévoiler de nouveaux secrets au fur et à mesure des écoutes, ce qui lui permet du coup de résister de belle manière aux assauts du temps, comme tous les albums des Cure d'ailleurs, ce qui est la marque des groupes majeurs, non ?

note       Publiée le lundi 26 janvier 2009

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notes

Note moyenne        28 votes

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Aladdin_Sane › dimanche 20 septembre 2020 - 23:02  message privé !

Je ne connais pas bien cet album mais je viens de me prendre une claque en écoutant "From the edge of the deep green sea".

Dioneo › jeudi 3 septembre 2020 - 20:56  message privé !
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Oué, elle est très comme ils savent faire - Yo La Tengo et les reprises bien à leur manière, c'est une longue (et souvent heureuse) histoire... - avec cette mélancolie particulière sous le joli qu'ils peuvent avoir, aussi... (le clip est chelou sinon - mais là aussi bien à leur façon - avec même des autoref' marrantes/tristounes dans les titres des actus à la télé etc.).

Dans un genre tout aussi "groupe indy US 'culte'" mais légérement moins, euh, délicat, y'avait eu ça, aussi en reprise de The Cure pas forcément où on aurait pensé... (Je me rappelle d'une fin de concert là-dessus, à l'Épicerie Moderne y'a une poignée d'années... gros n'imp' de rappel sabordé, ça m'avait bien fait marrer).

GrahamBondSwing › jeudi 3 septembre 2020 - 18:31  message privé !

@Dioneo : ça m'a fait bien rire (simplicité=efficacité) ! Et elle est sacrément bien troussée cette reprise à la sauce Folk un peu dépouillée, quelle bonne idée ! c'est loin d'être le cas d'autres reprises de Cure, vite écoutées, vite oubliées. @Vigilante : Why Can't I be you, c'est du swing pour Big Band (la preuve, y a des cuivres) : c'est pour danser, capiche ?

Note donnée au disque :       
vigilante › jeudi 3 septembre 2020 - 10:42  message privé !

Oui tout à fait, Cure c'est aussi ce petit coté hippie assumé revendiqué par RS. Peace and Love. Elle est cardiaquement légère ouai, et reste baisable à petite dose, c'est pas Why can't I be you.

Dioneo › jeudi 3 septembre 2020 - 09:57  message privé !
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C'est parce qu'on est jeudi (ou que vous n'avez pas de coeur...).