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Minutemen › Paranoid time

7 titres - 6 :51 min

  • A1/ Validation (0:38)
  • A2/ The Maze (0:39)
  • A3/ Definitions (1:13)
  • A4/ Sickles And Hammers (0:47)
  • B1/ Fascist (0:56)
  • B2/ Joe McCarthy's Ghost (0:59)
  • B3/ Paranoid Chant (1:19)

enregistrement

Enregistré au Media Art Studio, à Hermosa Beach - Ingé-son : Spot - Produit par Greg Ginn

line up

D.boon (guitares, voix), George Hurley (batterie), Mike Watt (basse, voix)

remarques

Artwork par Raymond Pettibon - "A big thanks to Martin for passing out"

chronique

Styles
hardcore
old school
punk
post punk
Styles personnels
minutemen-stylee > inimitable

Après avoir chroniqué les 13th Floor Elevators sans jamais avoir pris de LSD, me voici donc – jamais à court de contradictions – en train de poster une chronique des Minutemen depuis le wi-fi d’un McDonalds… Que dire sur les Minutemen ? Il n’y a pratiquement rien à dire si ce n’est que tout ce qu’ils ont fait, du premier lick de guitare ultra rapide de D.Boon (rien à voir avec les ch’tis, d’ailleurs je vais l’appeler Dennes Boon à partir de maintenant car cette homonymie m’a toujours gêné) à la dernière note de "Bermuda" est parfait, essentiel, garanti sans le moindre excès de gras (si si je vous assure). Leur musique parle d’elle-même, c’est tout. On peut au moins en dire cela : Paranoid Time est le meilleur endroit pour commencer les Minutemen pour ceux qui apprécient la raideur et la vitesse décapante d’un Nomeansno : les trois hommes y jouent un post-punk funky au format très court, dépassant à peine la minute, et encore pas toujours, à faire passer XBXRX pour le Mahavishnu Orchestra. En écoutant leur musique sur un petit transistor ou un ordinateur portable justement, les parties aigues ressortent d’autant plus. Même la basse semble aigue : on dirait du post-punk joué par des souris. Le son de guitare est parfait, brut de décoffrage, et la basse de Mike Watt charpente le tout avec humour et surtout, conviction (un mot important pour les Minutemen). On a du mal à croire que George Hurley, leur batteur hallucinant de précision, les ait rejoint à la base uniquement pour aider à mettre en boite ce premier EP météorique, sans répéter. Leur objectif ainsi que celui du producteur minimaliste Spot était simple : faire d’une chanson de punk un haïku, réduit à son plus strict minimum : un couplet, un refrain, pas de répétition. Chaque mot éructé de la bouche de Dennes Boon était un slogan, un appel à la réflexion, une proposition de troisième voie politique entre le "no future" des punks, relayé à leur façon par les hardcoreux, et le sourire mielleux de Ronald Reagan / George Bush / Placez votre politicien exécré ici. Il n’y a rien à commenter sur une phrase comme “Let’s say I got a gun in my hand / 6 slugs, six points of view : Materialism / Let’s say I got a book in my hand / 5000 words, 5000 translations : Idealism” (sur “Definitions”, véritable tournant dans le punk américain, qui renie, en 81, l’agressivité primordiale). Tout est déjà dit dedans. Les Minutemen sont leur propre commentaire, ils livrent une œuvre finie, ciselée et pensée jusqu’à l’os, qui allie à la perfection le fond et la forme en un tout invisible. Boon est un observateur social digne de Ray Davies, disséquant avec consternation la mentalité de la guerre froide sur Fascist, où l’emprise définitive des politiciens de droite (remplacez par "grandes entreprises" si vous voulez) sur The Maze ou sur Joe McCarthy’s Ghost. Il faut une bonne dose de courage, mais surtout de naïveté finalement, pour aller beugler dans un micro “ No answer to our questions / Politicians say we’re free”. Paranoid Chant, la chanson tout comme le disque, est le manifeste politique ultime des années Reagan, sorte de résumé sans langue de bois de la situation vue de l’intérieur. Comme pour mieux crever l’abcès et se dissocier le plus rapidement possible des thèmes politiques chers au hardcore. Dès le disque suivant (et bien que "Definitions" fait déjà plus que le suggérer), les Minutemen passeront à autre chose…"Tyranny is the modern world / Where voices and opinions are never heard". Quintessentiel. Probablement l’un des rares groupes de hardcore dont on se rappellera dans 2 siècles…

note       Publiée le lundi 1 décembre 2008

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notes

Note moyenne        3 votes

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dimegoat › jeudi 25 septembre 2014 - 21:44  message privé !

"faire d'une chanson de punk un haiku".... J'adore la fin des morceaux, ces chutes sans rappel, sans artifices, sans mousse. La mélodie? tu l'écoutes une fois ou deux et puis basta. Pas comme ces groupes qui font tourner un riff (enfin) réussi pendant 6 minutes. Bordel, indispensable, cet EP.

Note donnée au disque :       
NevrOp4th › vendredi 5 juillet 2013 - 08:50  message privé !

Oep, excellent EP. Groupe fort intéressant.

zen › lundi 20 mai 2013 - 23:41  message privé !

un des 5 meilleurs EP du monde.

Seb de Super › vendredi 2 janvier 2009 - 16:04  message privé !

A quand une chronique des albums?

Jacques Capelovici › mercredi 10 décembre 2008 - 05:57  message privé !

La lecture de cette chronique dure presque aussi longtemps que l’écoute du disque lui-même !