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The Royal Family And The Poor › Temple of the 13th tribe

cd | 16 titres

  • 1 I Love you (restrained in a moment)
  • 2 Voices
  • 3 Moonfish is here
  • 4 Dark and light
  • 5 Radio Egypt
  • 6 Discipline
  • 7 The dawn song
  • 8 Ritual 1
  • 9 Power of will
  • 10 Motherland
  • 11 Dirge #1
  • 12 Vaneigem mix
  • 13 Dirge #2
  • 14 Death factory
  • 15 Dirge #3
  • 16 Rackets

extraits vidéo

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enregistrement

Morceaux 1 et 7, Amazon, Liverpool, Angleterre, mai 1982. Morceaux 3 et 10, Trident, Londres, janvier 1983. Les autres morceaux titres, Strawberry, Stockport, février 1984.

line up

Mike Keane (chant, claviers, programmation), John Neesham (violon), Lita Hira (piano), Chris Jones et Peter Hook (choeurs) // Arthur McDonald (vocaux), Mike Keane (claviers, effets), Phil Hurst (batterie), Nathan McGough (basse)

remarques

L'album est originellement sorti chez Factory Records (Fact 95). Les titres 11 à 16 figurent sur la compilation 'A Factory Quartet' (Fact 24) et sont des bonus.

chronique

Styles
gothique
post punk goth
pop
Styles personnels
new wave mystique

Tout a démarré par un titre enregistré à la radio en 1987, un magnifique exemple de post punk goth lourd, dépressif, minimal...Le groupe s'appelait The Royal Family and the Poor et ce morceau me hantait littéralement. Quelques années plus tard, j'ai acheté un cd du dit groupe, 'Songs for the children of Baphomet', plutôt bien mais nettement plus synthétique et new wave dans ses orientations. Je m'étais donc trompé en enregistrant la chanson à la radio ? Elle m'a hanté au cours des ans jusqu'à ce qu'une recherche internet poussée me livre la clef du mystère. Un peu d'histoire s'avère ici nécessaire. En 1978, un certain Mike Keane âgé de dix-huit ans se lie d'amitié avec un de ses colocataires, Arthur McDonald, de dix ans son aîné. Ce dernier, étudiant en art influencé par le situationisme et l'avant-garde écrit des textes. Le duo crée de la musique à partir de ses récitations et de nappes chaotiques produites par Mike sur un vieux synthé. Le duo envoie une démo au label Factory en 1979 et malgré de pauvres conditions d'enregistrement suscite l'intérêt de Tony Wilson. Rejoint par un bassiste et un batteur, le combo se voit attribuer le nom d'après un livre sur les Sex Pistols. Suivront une série de concerts et trois pièces enregistrées pour une compilation du label. Très vite pourtant, le groupe se disloque et Mike se retrouve seul après que lui et Arthur aient continué à deux en utilisant des bandes. Le jeune homme qui aime leur travail poursuit en solo sous le nom de Legend Agency. Il ouvre pour China Crisis qui l'aidera à enregistrer quelques idées dont un titre, 'I love you', dont le potentiel n'échappe pas à Stevo du label Some Bizarre. Mike ainsi coaché travaille avec Matt Johnson (The The) sur deux titres supplémentaires. Stevo souhaite proposer son poulain à une major mais ce dernier refuse tout net. Peu après, il souffre d'une grave crise spirituelle qui le pousse à partir en pèlerinage et vivre sous tente. A son retour, il est contacté par Factory qui lui propose un contrat à condition que son album soit produit par Peter Hook (New Order). Le jeune musicien accepte et souhaitant donner une nouvelle tournure à ses compositions engage un clavier et un violoniste. C'est ainsi qu'en 1984 sort ce fameux 'Temple of the 13th tribe' relançant ainsi la carrière d'un des projets les moins connus de chez Factory, carrière faite de passion, d'incompréhension et de coups durs. Très influencée par l'oeuvre de Aleister Crowley, la musique de The Royal Family and the Poor a le handicap de proposer une approche à la fois un brin pop pour un public underground mais beaucoup trop mystique pour marcher commercialement. 'I love you', par son côté ballade mélancolique a quelque chose d'un Paul Roland cosmique version électronique, le genre de morceau qui n'a l'air de rien et qui pourtant s'installe dans l'esprit pour ne plus le quitter. La suite du disque se situe dans une veine assez New Order quant aux sonorités ('Discipline') mais avec une atmosphère nettement plus mystique, moins dansante. Certes, les sonorités de boîte à rythmes ont une touche très old school, les claviers sonnent très new wave synthétique made in 80's mais dans une version créative, personnelle, parfois proche même des expérimentations à la Psychic TV ou Legendary Pink Dots ('Ritual'). J'avoue avoir été un brin déstabilisé au départ mais ce mélange de mélodies accrocheuses et de structures audacieuses a quelque chose de réellement séduisant au fur et à mesure des écoutes. On réalise peu à peu que l'approche pop est un leurre comme pouvaient l'être les premiers travaux de The Human League; The Royal Family and the Poor affirme peu à peu sa différence, éloignée de la froideur d'un Gary Numan ou de la dance synthétique de New Order. Mike met beaucoup de lui-même et de ses croyances dans ses compositions, d'où l'étrangeté des thèmes 'Crowleyens' au sein de structures pop, étrangeté jamais comprise qui conduira peu à peu Mike à la ruine sans qu'il ne baisse jamais les bras comme le prouvera la suite mais ceci est une autre histoire. Et le rapport avec la chanson de la radio ? Elle s'appelle 'Rackets', est bien signée par The Royal Family and the Poor mais première version, et est proposée avec les autres enregistrements de l'époque en bonus. J'adore. Une batterie saccadée, répétitive à en devenir hypnotique, une basse lourde oeuvrant dans le même registre, des sons de synthé si distordus qu'on croirait des crissements de guitare et une voix revendicatrice qui scandent des textes engagés très proches de ce que prônait l'anarcho-punk. Très différent de la new wave mystique de la suite mais purement et totalement jouissif même si décrié (forcément !) par les critiques musicales de l'époque. J'aurais acheté le cd rien que pour ces chansons mais j'avoue que l'étrange musique ambient et synthétique de Mike Keane seul aux commandes du projet m'a séduit également. Rideau sur cette première partie et j'espère vous avoir donné envie de découvrir ce groupe assez culte et incompris dans son genre...4,5/6

note       Publiée le mardi 16 septembre 2008

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Seijitsu › mercredi 4 juillet 2012 - 21:53  message privé !

Terrible chronique pour un album très intéressant. Le lien a propos de New Order est très vrai avec un côté religieux en plus, on pense même facilement aux Swans par moment ("Moonfish is Here" aurait pu figurer facilement sur Filth d'ailleurs). Le catalogue du label Factory a l'air décidément riche en très bons groupes et j'ai hâte d'écouter les albums suivants de ce projet.

Note donnée au disque :       
Solvant › mardi 16 septembre 2008 - 18:49  message privé !

Encore un projet lumineux enfin déterré ! "I love You", "Voices", "Discipline" et "Rackets", des morceaux terribles ! Cet album devrait plaire à beaucoup puisqu'il propose un large choix de style."The RF know nothing about music, but probably read a lot of books. Their performance was apparently improvised..."(NME) Même critique qu'avec PTV ou Durutti Column, mais aussi du même niveau d'exigence qu'eux. A l'occasion de la rééd. de 2003, le livret explique clairement l'épopée de la bande. (super chro Twili)

Note donnée au disque :       
born to gulo › mardi 16 septembre 2008 - 17:48  message privé !

mission accomplie