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Glass Candy › B/E/A/T/B/O/X

cd • 9 titres • 41:50 min

  • 1Introduction1:29
  • 2Beatific4:19
  • 3Etheric Device3:14
  • 4Candy Castle5:27
  • 5Rolling Down The Hills3:30
  • 6Life After Sundown6:17
  • 7Computer Love7:05 [reprise de Kraftwerk]
  • 8Last Nite I Met A Costume3:52
  • 9Digital Versicolor5:58

enregistrement

"Recorded and mixxed (sic.) at Suite 304 Summer into Fall MMVII Exclusively for Italians Do It Better Films" - Produit par Johnny Jewel

line up

Johnny Jewel ("drumm", synthétiseurs), Ida No (chant)

remarques

chronique

Styles
electro
new wave
pop
Styles personnels
italo disco / electro-pop

Il est fort ce Johnny Jewel, quand même. Mener de front Chromatics, Glass Candy, Farah, le label Italians do it Better (100% fait maison), et tirer le bon numéro à chaque fois... Homme de l'ombre par excellence, cela fait 10 ans qu'il officie dans Glass Candy, aux côtés d'une divine créature nommée Ida No (elle est de Portland, il est de Houston), à qui il a dû proposer un soir de dèche : "Viens dans ma chambre, j'ai un 909, 3 synthés pourris, et des idées plus qu'il n'en faut, tu seras Donna Summer je serai tonton Giorgio Moroder...". Sitôt dit sitôt fait, le groupe enchaîne depuis disque sur disque (un par tournée...), sans se retourner. Jusqu'à ce climax qu'est B/E/A/T/B/O/X. Un réservoir à tubes qui renvoie gentiment Madonna et Sophie Ellis-Bextor à l'hospice. Mais pas que, je vous vois grimacer. Non, B/E/A/T/B/O/X, c'est aussi, et surtout, une naïveté et un premier degré en décalage terrible avec tout ce qu'on attend d'un groupe "rétro", surtout des 80's. C'est encore une mélancolie et un ennui distillé en nappes de synthés cheesy et aux couleurs garanties sans vrais instruments. Rien que la pochette, qui fait croire à une vieille sérigraphie d'une Jane Fonda au regard sous valium, est trompeuse. Ni Jane Fonda, ni Andy Warhol, c'est bien Ida No, la sublimissime au timbre entre Marianne Faithfull et Debbie Harry, dont les lyrics sont d'ailleurs autant de mini traités philosophiques... On rigole bien en l'écoutant déclamer "yellow, green, bluu-hou-houu" sur Digital Versicolor, avant d'apprendre qu'il s'agit de l'ordre chromatique (hum) des chakras. Bref, autant de niveaux de lecture que de degrés de fainéantise et d'ignorance chez l'auditeur. Idem pour la musique, d'une richesse insoupçonnée malgré un côté binaire et pas prise de tête mis en avant dès l'intro, sorte de parodie de cours de fitness à la transition hilarante sur le premier hit du disque. Réaction immédiate : ah bon, elle va garder cet effet cheapos en plastique dégueulasse sur tout l'album ? "Hey DJ can you turn it up ?"... Les premiers frissons de la honte (délicieuse sensation, hum ??) se font ressentir chez les estomacs les plus sensibles, puis les joyaux de PVC défilent : Candy Castle et sa profession de foi sur fond de synthés bien osés, Rolling down the hills, à rajouter à sa radio perso dans GTA Vice City, et cette reprise sexx à s'ouvrir les veines de Computer Love, qui rétablit les choses comme il se doit après le plagiat avoué de Coldplay. Puis le disque sombre imperceptiblement dans le spleen d'une instru limite cold wave, façon séquence nocturne dans Navarro... Tout est hyper produit, velouté, jusqu'à l'écho subtil sur la voix d'Ida No qui la rend si inaccessible et si... facile à la fois. On croirait une reine antique descendue parmi la plèbe du 21eme siècle en fripes flashy de chez Fanny. Coïncidence, le disque sort presque en même temps que son quasi homonyme Batbox, retour en force de la chauve-souris Miss Kittin. La comparaison s'arrête là. Glass Candy, c'est pas rétro, darling, c'est ré-tro-fu-tu-ri-sti-que ! Seule une personne comprendra.

note       Publiée le lundi 18 août 2008

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Raven › dimanche 16 août 2020 - 03:39  message privé !
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Oui elle chante pas très bien, Ida No. Mais elle a ce feu en elle (putain, on dirait du Michel Berger). Du coup elle chante mieux que si elle chantait très bien. C'est clair ou bien ? Si le siège de Florent Pagny se retourne pas, c'est vraiment pas grave, on s'en ballec.

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(N°6) › samedi 15 août 2020 - 12:40  message privé !
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Inconvénient/Avantage, c'est une pure formule réthorique. J'aime beaucoup Chromatics, mais c'est aussi un des trucs que je classerai vraiment dans "les musiques pour se suicider". La fausseté de la voix d'Ida No apporte, au-delà des prod qui parfois suintent quand même toujours la mélancolie, un je ne sais quoi de candeur-fraîcheur de la fille qui croit dur comme fer aux cristaux qui guérissent (ou qui fait semblant d'y croire).

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vigilante › samedi 15 août 2020 - 12:30  message privé !

D'accord pour le 7YI live, ça conjugué à l'agressivité discrète de cet enregistrement lui donne un cachet particulier. Pour le punk à la voix mal fagotée qui claque, on peut citer Rancid.

born to gulo › samedi 15 août 2020 - 12:16  message privé !

Si "inconvénient" ne contient pas une forme de jugement de valeur... Mais osef.

Tout à fait d'accord pour les gens qui chantent "faux" : Tony Wakeford au premier chef ; et du coup, en gonzesses, tu as le live Seven Year Itch, de Siouxsie & the Banshees ; limite choquant, mais si o passe l'obstacle, ça lui donne un charme assez maousse.

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(N°6) › samedi 15 août 2020 - 12:10  message privé !
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Pas non plus un jugement de valeur, juste un fait, elle ne chante pas très bien et en live c'est pire. Mais j'aime bien les gens qui chantent un peu comme des casseroles, souvent ça participe de leur charme, de façons différentes. Dans l'électro y a souvent de ça chez les français avec leur accent anglais infect (Miss Kittin, Kap Bambino). Dans le rock ça génère une émotion palpable aussi de part l'idée de fragilité que ça suscite (Neil Young, Wayne Coyne). Bref...

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