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Sex Mob › Din of Inequity

cd • 13 titres

  • 1Holiday of Briggan4:04
  • 2Sign o' the times5:54
  • 3House of the rising sun7:09
  • 4Goldfinger4:21
  • 5Super Don0:40
  • 6Been it4:35
  • 7Come Sunday3:09
  • 8Head Check 20004:05
  • 9Roswell1:06
  • 10House of Peck5:16
  • 11Macarena4:04
  • 12New Orleans6:01
  • 13Live and let die4:02

enregistrement

JSM Studios, New York, USA, du 5 au 23 juin 1997

line up

Steven Bernstein (slide trumpet), John Medeski (hammond), Kenny Wollesen (batterie), Briggan Krauss (saxophone alto), Tony Scherr (contrebasse), Adam Levy (guitare), London McDaniels (guitare)

remarques

http://www.stevenbernstein.net/sexmobmain/

chronique

Styles
jazz

L'album des Sex Mob dégage une troublante élégance pour un premier essai. Presque une formalité. Maîtrisé, cohérent, solide, un album de plus à l'actif de vieux baroudeurs. C'est bien ce que l'on pourrait penser. Mais à y regarder de plus près, il n'en est rien. Comme souvent, cette jeune formation new yorkaise s'est soudée au fil de ses prestations et entre en studio fin 1997 pour enregistrer ce "Din of Inequity". L'album nous fait découvrir un groupe déjà fidèle aux lignes de conduite qui vont cimenter sa carrière. Á savoir une répartition équitable entre compositions originales, signées par le trompettiste, producteur et leader du groupe Steven Bernstein, et une quantité non négligeable de reprises qui s'aventurent dans d'autres univers. Les Stones, Abba, Nirvana et Radiohead en feront l'expérience. Mais ici, ce sont Prince, les Animalset Duke Ellington qui en subissent le traitement. J'oubliais la "Macarena" !!! Moins étonnant, certains thèmes de James Bond ("Goldfinger", "Live and Let Die") sont revisités, des thèmes auxquels le groupe donnera une suite sur un album qui leur sera exclusivement dédié ("Sex Mob Does Bond"). Bien que partageant cette approche avec leurs compatriotes The Bad Plus, Sex Mob se distingue de ces derniers en s'évertuant à défigurer les morceaux pour se les approprier complètement. Il y a un côté vieux style, porté par la trompette et la contrebasse, renforcé sur quelques titres par l'orgue Hammond de John Medeski, qui confère à l'ensemble un côté désuet et enjoué que The Bad Plus ne possède pas et qu'ils ne cherchent pas à atteindre par ailleurs. Pour ce qui est de l'apport personnel, les compositions de Bernstein sont du même accabit, et si elles prennent parfois la tangente free, cela ne se fait jamais au détriment des conventions. Finalement, Sex Mob est un projet diverstissant, sans plus, d'autant que le groupe s'emploiera à s'enfoncer toujours davantage dans cette direction.

note       Publiée le dimanche 20 juillet 2008

chronique

Styles
jazz
avant garde
Styles personnels
tongue-in-cheek jazz

La scène jazz de New York... "toujours plus loin", telle pourrait être leur devise. Sex Mob est donc l’outil de Steven Bernstein, trompettiste hyperactif qui sévit, vous vous en doutez, au côtés de nombreux projets de John Zorn (Masada principalement), ainsi que sur Tzadik. Un mec curieux et touche à tout, résident au club/label le plus bouillonnant du "downtown" de la grosse pomme : j’ai nommé la Knitting Factory. Le voilà qui monte Sex Mob, à moitié pour se marrer à démanteler des reprises de thèmes connus, à moitié pour explorer son instrument sans contrainte. Un groupe qui s’avèrera une porte d’entrée ludique et échevelée au jazz pour beaucoup de monde. Pas si anecdotique donc, en dépit de ce disque qui sonne quand même un peu comme une démo. Le ton est ici clairement homogène, puisque c’est la foire d’empoigne du début jusqu’à la fin, reprises ou compos. C’est parfois un peu léger, malgré la présence du fameux John Medelski en guest, comme par exemple sur cette – ahem – "reprise" de la Macarena, où comment reprendre en 20 secondes le refrain du tube de l’été au milieu d’une jam qui n’a rien à voir pour attirer l’attention… Putain, il y avait moyen de faire plus fracassé et drôle que ça, non ? Plus loin, un titre sur le fil comme Head Check 2000 a de quoi donner à certains une nouvelle perspective sur le jazz. Mais le chef d’œuvre du skeud, c’est House of Peck, véritable fournaise, alimentée par une guitare monomaniaque et un orgue hammond suant comme un porc (Medelski, en forme sur ce disque). Et puis il arrive qu’on tombe sur un tube au beau milieu de ce fatras de junk culture expulsée par les conduits des saxos : Been It, petite gâterie de jazz moderne et décomplexé, et accessoirement reprise des Cardigans, ingénieusement enchaînée par un classique pur et dur : Come Sunday de Duke Ellington. C’est que des reprises, ici, c’est pas ce qui manque ; mêmes les courts interludes sont en fait des hommages : Super Don à Sun Ra, Roswell très probablement à Roswell Rudd… Le flamboyant Sign O’ The Times de Prince, lui, se retrouve remonté à l’envers mais garde un groove et une morgue que le purple kid lui-même a du kiffer. Mais c’est quand même Live and let die qui se fera le plus poilant, malgré la disparition décevante ou bien audacieuse (selon le point de vue) du passage qui fait "tadada-tadada-tada". D’où la réponse à la question que personne ne s’était posée : Does humor belong in Jazz ?

note       Publiée le vendredi 25 juillet 2008

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dariev stands › vendredi 25 juillet 2008 - 06:41  message privé !
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c'est qu'il y en des nuls, comme moi, qui ont en partie accroché au style avec ce disque... Kind of blue, bien sur, je kiffais déjà, comme tout être humain normalement constitué, et ça reste LE skeud qui tue pr commencer, mais pr aborder le free par exemple, bien qu'il soit dilué ici, ben je trouve que c bien. En fait l'idée de fond de Bernstein, qu'il a avoué en interview, c'était de proposer une relecture de thèmes connus de tous pr que les gens disent 'tiens ça je connais' et rentrent ds le truc, exactement comme Coltrane & consorts proposaient à l'époque avec des trucs que nous, aujourd'hui, on connait plus. (au jour d'aujourdhui je connais les originaux mais bon tu vois ou je veux en venir). Même idée, mais actualisé quoi. et en désamorçant l'éternel côté "on est sérieux et on écoute" du jazz... cela dit, sex mob ça a quand meme des qualités propres, même si l'ambition est surement pas de chambouler quoi que soit de profond.
empreznor › vendredi 25 juillet 2008 - 02:33  message privé !
oki merci de la précision; neanmoins, et j'espere que ça va pas encore lancer un debat mal fagotté, je ne comprends pas tellement le coté "Jazz pour les nuls", pour pénétrer le jazz tu te prends un Giant Steps ou un Kind of blue, un kleenex (pour le front) et tu t'assoies. Sinon c'est comme apprendre à nager dans la Mer Morte, il manque la gravité.
dariev stands › vendredi 25 juillet 2008 - 01:53  message privé !
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nan si je dis que c'est bien pour rentrer ds le jazz c'est que c'est relativement "gentil", on est loin de la fureur de naked city... l'esprit n'est pas le mémé, là les mecs ont ouvertement essayé d'attirer la clientèle vers le jazz en lui rendant son côté cool et fun, sans oublier de proposer des plans free et expés toutes les 3 secondes. mais c'est en effet plus policé et parodique que naked city ou même que la plupart des œuvres jazzistiques du Zorn. mais c'est surtout CLASSE.

saïmone › vendredi 25 juillet 2008 - 01:50  message privé !
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Kenny Wollesen, ici http://www.drummerworld.com/drummers/Kenny_Wollesen.html sur la droite, t'as les groupes dans lesquels il a joué...
empreznor › vendredi 25 juillet 2008 - 01:37  message privé !
Kenny Wollesen, ça me disait quelque chose... Mais alors je suis désolé mais malgré les 2 chros j'arrive pas à m'imaginer le truc, ça ressemble à l'album Naked City? Ou c'est plus polissé, plus parodique? Je suppose que j'ai plus qu'à écouter ces bandits