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Albert Ayler › Music is the Healing Force of the Universe

cd • 6 titres

  • 1Music is the healing force of the universe8:41
  • 2Masonic inborn part 112:11
  • 3A man is like a tree4:35
  • 4Oh ! Love of life3:50
  • 5Island harvest5:04
  • 6Drudgery8:08

enregistrement

Plaza Sound Studios, New York, USA, août 1969

line up

Muhammad Ali (batterie), Albert Ayler (sax ténor, cornemuse, chant), Bobby Few (piano), Bill Folwell (basse), Stafford James (basse), Mary Maria Parks (chant), Henry Vestine (guitare)

remarques

chronique

Nous n'en avons pas encore fini avec Albert Ayler. Ses toutes dernières sessions d'enregistrement au Plaza Sound Studio de New York ont donné naissance à deux albums singuliers ; le posthume "The Last Album" et ce "Music is the Healing Force of the Universe". Rarement cités, ces albums valent malgré tout la peine qu'on s'y attarde, même s'il est évident qu'aucun des deux ne possèdent la puissance de ses premières publications. La démarche entreprise ici démontre sans ambages que si Trane s'est largement inspiré de Ayler pour ouvrir son champ d'exploration, c'est alors au tour de Ayler d'emprunter les chemins tortueux défrichés par le géant. Il n'y a qu'à écouter le travail de Bobby Few au piano pour s'en convaincre : l'empreinte d'Alice Coltrane est tangible, s'exprime et se renforce de titres en titres. Cela démarre par le morceau qui donne son nom à l'album ; une longue complainte aux faux accents bluesy, porté par le chant de Maria Parks qui n'est ni Abbey Lincoln, ni Jeanne Lee. Sa portée pseudo mystique nous renvoie quant à elles aux déclamations chères à Pharoah Sanders. Madame Parks persiste et signe sur "A Man is Like a Tree" et "Island Harvest", sans que rien de franchement étourdissant n'en ressorte. Plus loin, c'est au tour de Ayler de prendre le micro sur l'étonnant "Oh ! Love of Life", où racines gospel et soul se frottent avec délicatesse au langage free. Le propos commence réellement à s'emballer sur "Masonic Inborn Part 1", titre complètement barge où le saxophoniste abandonne son instrument fétiche pour s'emparer d'une cornemuse qui nous balladera dans un paysage chaotique et cauchemardesque à souhait. Bobby Few y fait des merveilles. On expérimente aussi en faisant intervenir les techniques studios les plus modernes ; en doublant les interventions de Ayler, l'effet de densité volontairement brouillon est considérablement accentué. Malgré la présence étonnante d'une guitare électrique sur le trop classique "Drudgery", "Masonic Inborn Part 1" demeure la seule fulgurance audacieuse de cet album aux portées des plus modestes.

note       Publiée le dimanche 13 juillet 2008

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Alfred le Pingouin › mardi 19 août 2014 - 23:07  message privé !

J'étais parti sur des mauvais à priori sur cet album, mais il a fallu que je passe par l'album des Nuits de la Fondation Maeght pour vraiment apprécier les compos de ce disque, et ce qu'apporte la voix de Mary Parks. Même la cornemuse me déroutait, mais en fait non, c'est juste autant la bamboule qu'avant, y a juste plus de monde d'invités, et comme a dit Dio, c'est juste de la SOUL en fait!!

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chelonian dundee › mercredi 24 juin 2009 - 10:38  message privé !

entierrement daccord pour la generosité. Les deux premieres plages sont comme un bruit qui court, avec de la geometie à n'en plus finir(ali,few)le chant au centre qui reformule le probleme à l'envers,incantatoir et consolateur.dyonisiaque!

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Dioneo › mardi 6 janvier 2009 - 13:10  message privé !
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"Le trop classique Drudgery" ?! Mais c'est une pure explosion de joie et de luxure, ce morceau ! (Avec un Canned Heat à la guitare électrique). On dirait la B.O. de Sweet, Sweetback's Badaaaass Song, c'est dire...

Moi je trouve ça beau. C'est soul ? Et alors ?!

Love of Life, Great Black Music, tout ça. Pourquoi faudrait-il toujours que le free se tienne la tête entre les mains. Là ça joue libéré, avec les corps qui chaloupent.

À la rigueur les interludes parlés sur Island Harvest peuvent me gaver un peu mais sinon...

Ils donnent !

Je prends.

(C'est quand-même fou que la générosité ait si mauvaise presse dans cette foutue époque...).

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