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Fairuz Derin Bulut › Kundante

cd | 13 titres | 53:13 min

  • 1 Kervan Geçmez [4:03]
  • 2 Kaçmaaa [5:34]
  • 3 Sinek Saz [5:11]
  • 4 Saklambaç [6:11]
  • 5 Kelebek Varyete [4:58]
  • 6 Derin Muhabbet [0:53]
  • 7 Norinfuzz [3:40]
  • 8 Deli [1:01]
  • 9 Gonca [6:28]
  • 10 Singing in the Olmadı [5:15]
  • 11 Rahmet [3:14]
  • 12 Kundante [2:52]
  • 13 Bekle [3:18]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré de Septembre 2002 à Mars 2003 au ADA Stüdyosu, Istanbul. Produit par Murat Ertel & Levent Akman.

line up

Elektro Hafız (Demir Kerem Atay (guitare, chant, choeurs)), Okan Yılmaz (synthétiseurs, orgue Hammond, chant, choeurs), Taha Rıza Özmen (basse), Güçlü Başarır (batterie), Onur Öztürk (darbuka, bendir, djembe, tabla, konga, chant, choeurs)

Musiciens additionnels : Levent Akman (bendir 1, 11), Murat Ertel (saz 3, 7, radio 6), Turgay Kaya (violon 1, 8, 11), Cem Tezer (darbuka solo 9, def danse du ventre 5), Özcan Özdemir (overdrive saz 8), Gazanfer Bakacaklı (la personne qui parle à la fin du titre 2)

chronique

Styles
rock
psychédélique
folk
world music
Styles personnels
anatolian rock psyché barge

Dans les années soixante, le mot pop était progressif par nature. Dans les années deux-mille, après deux décennies de « turkish pop » dégoulinante, c’est plus compliqué de s’y référer. Alors on dira que "Kundante" de Fairuz Derin Bulut est le meilleur album d’ « anatolian rock » psychédélique depuis l’époque d’Erkin Koray. Voilà, comme ça c’est clair. Produit par le duo noyau dur de BaBa ZuLa, qui viennent faire coucou sur quelques morceaux, le premier album de cette formation particulièrement expensive et excentrique marque un gros coup. Vous en rêvez encore de l’anadolu pop, mais avec une approche contemporaine ? Voilà la décharge d’énergie pure que la scène turque pouvait attendre. Un groupe qui ne se prend pas vraiment au sérieux mais qu’il est bon de ne pas confondre avec des rigolos : Fairuz Derin Bulut, quand ça joue, ça joue. Et sans tomber dans le revivalisme malgré un orgue Hammond et des synthés qui fleurent bon l’âge d’or, alternant les chanteurs selon les morceaux, introduisant une dose de musique traditionnelle, notamment via les percussions, dans leur cocktail imprévisible, ici basse slappée et soli psychés ébouriffants sur le délirant « Singing in the Olmadı », là parfum jazzy, voir lounge-cool avec le vibraphone et les harmonies vocales de « Sinez Saz ». Avec la guitare furibarde de Demir Kerem Atay, Fairuz Derin Bulut partent en vrille à partir d’une comptine pour endormir les bambins sur « Saklambaç », riffs et claviers explosant littéralement en se calant sur des borborygmes dignes du Diable de Tasmanie, avec final en air à danser de pirate grotesque. Ca, faut dire, on l'entend bien, la guitare. Impossible de se tromper, la figure tutélaire du grand Erkin Koray plane sur cette formation sans lui faire de l’ombre, on y retrouve des touches d’arabesque-rock avec barrages de riffs surchargés et synthés couinants, déchargeant leurs tons saturés-sucrés. Les chanteurs, multiples, hurlent comme des cinglés, ricanent comme des possédés, la rythmique imprime des tempos aux beats dopés, tout bouillonne, tout déborde en permanence, c’est le rock psychédélique Oriental dans toute sa splendeur excessive. Fairuz Derin Bulut, ça ne se coupe pas, ça se consomme pur au risque de se taper une overdose. C’est la joie, l’ivresse, le délire. C’est du rock turc extatique, sans réserve aucune, faut vider tout ce qu’il y a à vider. Et puis inviter des joueurs de saz-qui-saturent pour les interludes le temps de recharger les batteries à bloc et de repartir direct à fond dans le lyrisme, le foutraque, la danse, si possible du ventre : hallucinantes six minutes sensuellement ophidiennes de « Gonca », air de bastringue envahi de vapeurs d’opium et de corps ondulants. Quand le tempo se pose, un violon de cour de Divan vient hanter une litanie polyphonique à la gravité presque mystique. Mais bien sûr, tel des Ween d’Istanbul, les Fairuz Derin Bulut ne peuvent rester trop sérieux trop longtemps, c’est par une chanson balkanique totalement déglinguée que s’achève l’album, avant la mauvaise blague d’une piste vide qui s’intitule « Attends ». Des petits plaisantins mais pas des petits rigolos, un premier album ayant tout pour être culte.

note       Publiée le dimanche 4 février 2018

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