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Hüsker Dü › New day rising

cd • 15 titres • 41:17 min

  • 1New Day Rising
  • 2The Girl Who Lives On Heaven Hill
  • 3I Apologize
  • 4Folklore
  • 5If I Told You
  • 6Celebrated Summer
  • 7Perfect Example
  • 8Terms Of Psychic Warfare
  • 959 Times The Pain
  • 10Powerline
  • 11Books About UFOs
  • 12I Don't Know What You're Talking About
  • 13How To Skin A Cat
  • 14Whatcha Drinkin'
  • 15Plans I Make

enregistrement

Produit par Hüsker Dü et Spot - ingé-son : Spot et Steve Fjelstad

line up

Grant Hart (basse, chant), Bob Mould (guitare, chant), Greg Norton (batterie, chœurs)

remarques

chronique

Styles
hardcore
old school
pop
punk
Styles personnels
popcore ?

Il s’allongea sur le lit, essayant d’ignorer la canicule aussi suffocante que la guitare de Bob Mould. Tandis que The Girl Who Lives On Heaven Hill crachait dans la sono, il sombrait inexorablement dans les méandres de sa nostalgie… Maintenant il comprenait pourquoi le groupe s’appelait « T’en souviens-tu ». Ecouter New Day Rising à l’adolescence, c’était comme poser les balises pour pouvoir y retourner après, et rien n’avait changé. Est-ce la poussière qui s’est accumulée autour de ces grattes fuzz, ou était-ce déjà comme ça à l’époque ? […] New Day Rising avait toujours été à l’image de la chanson-titre, elle-même à l’image de la descente de ton du dit morceau : d’une rudesse, d’une perfection chromatique immuables. Ce disque, dans la continuité de Zen Arcade, met à mal les certitudes bas du front du hardcore en trempant l’acier dans un bain de mélodies et de candeur sixties (Books about UFO’s, digne des Mamas & Papas produites par Sky Saxon). La transition entre la violence la plus crue possible et la power pop que copieront Green Day et consorts (I Apologize) se trouve dans The Girl Who Lives on Heaven Hill, candidate possible au titre de meilleure chanson de tous les temps. Que dire sur ça ? Que cette fille n’existe sûrement pas, pas plus que cette colline du paradis, on le sent bien. Que cette chanson donne l’impression qu’on peut empoigner une guitare et faire pareil dans la seconde, hurler son isolement tel ce Bob Mould préfigurant Black Francis, revendiquant son idylle avec une nymphe qui habite dans sa tête. Ce qu’on entraperçoit dans les rares accalmies de l’album, comme ces breaks à la 12-cordes acoustique sur Celebrated Summer, ou ce break mystérieux à la fin de Powerline, c’est une pureté absolue, idéalisée, celle de l’enfance… Celebrated Summer en particulier atteint un niveau d’intimité avec l’auditeur presque insoutenable. Terms of Psychic Warfare et Perfect Example sont les incursions de Grant Hart vers une cold wave digne de Joy Division, pâle et cruelle. Ces morceaux sont très faibles musicalement, mais il y a ces paroles, qui n’expriment que trop clairement cette désillusion des années 80, comme si on était dans le cerveau de celui qui les prononce : « Don’t want to live with myself/Can’t live with what goes on/All I see is the humiliation/I wish it was gone” (59 Times The Pain). Autre merveille : le constat amer et sans pitié de Folklore, mise en pièces du mythe américain en 1min 36. Book About UFO’s et I don’t know what you’re talking about semblent le récit de rencontres insolites faites à l’université, de simple saynètes cocasses et touchantes. Mais le disque verse bientôt dans le capharnaüm le plus crispant : How to Skin a Cat, cacophonie terrifiante, c’est comme si l’un des deux labradors de la pochette était en train de se bagarrer avec un chat sauvage à 10 centimètres de vos oreilles. Watcha Drinkin’ est une crise de manque d’un type qui essaye désespérément d’arrêter l’alcool, et Plans I Make conclut en nous rappelant que la vie ne tolère pas qu’on fasse des plans sur sa comète… Ils s’écroulent comme des châteaux de sable : solos dissonants, final bordélique, écho de l’homme qui étouffe derrière les emmerdes. […] Au moment où il se sentait disparaître sous les souvenirs, il s’extirpa de la chambre, et se dit qu’il ferait bien d’aller prendre l’air avant de vieillir de 50 ans en une heure. Il prit sa voiture et fila jusqu’aux rochers des deux frères où il put contempler le soleil levant. Les deux chiens pataugeant sur la plage semblaient se retrouver après des années. Il se demanda si sa vie n’était pas arrivée à son terme, car il n’avait plus la force de soulever ses souvenirs. Comment pourrait-il en ajouter d’autres sans jeter les anciens ? « You think you might lose your mind / But not the memory / Means a lot to me »

note       Publiée le dimanche 18 mai 2008

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notes

Note moyenne        6 votes

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Jean Rhume › mercredi 5 juin 2013 - 19:20  message privé !

D'accord avec Harry, c'est presque un dü.

Raven › mercredi 5 juin 2013 - 19:14  message privé !
avatar

prévus, seront faits (ainsi que les Wipers, tant qu'on y est)

Note donnée au disque :       
Harry Dickson › mercredi 5 juin 2013 - 17:15  message privé !

Un seul Hüsker Dü sur un site sombre ? C'est le groupe qui a introduit la mélancolie dans le Hardcore/Punk quand même. Sans oublier d'être ultraviolent quand il le faut, et sûrement plus que certains réels teigneux de la scène. Hardcore, Pop, Punk, Noise, Emo (?), Rock, Dark, Indie, post, un peu Metal aussi, pré Grunge, pré ce que vous voulez y trouver ! Du songwriting à tomber et ces voix, ce son de gratte ! C'est Nirvana ? les Pixies ? Non, c'est Hüsker Dü. Pas les dégaines, pas les tronches, pas l'attitude, pas les groupies, pas le succès, pas d'argent. Finalement un seul LP, mais dans HD c'est comme dans le cochon... La voix de Mould peut ressembler à celle d'Ozzy ! Testez.

Note donnée au disque :       
necromoonutopia666 › jeudi 19 mai 2011 - 18:12  message privé !

ça fout sacrement des frissons ce truc. Dans le genre brulot sincère ça se pose là.

Note donnée au disque :       
kranakov › lundi 15 novembre 2010 - 13:22  message privé !

Un très bon album des Hüskers! Certes un ton en-dessous de "Metal Circus" (qui peut rivaliser avec l'enchaînement de ces six putains de bombes ?) et loin derrière l'indépassable "Zen Aracde" (qui est peut-être le meilleur double album des 80s avec "Double Nickels on the Dime" - eh vive SST!), mais à des années-lumière du reste de la discographie du groupe.

Optimiste ? Alors là je perds le nord : comment clore un disque sur une ote plus sombre que le désespéré "Plans I Make" ?

I gotta make plans for the plans I make Gotta have friends for the friends I make I gotta make plans for the friends I make Gotta have friends for the plans I make

Note donnée au disque :