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Agnivolok › Cherries

cd | 7 titres

  • 1 Under A Cherry-tree [3:25]
  • 2 The Golden Skull [6:32]
  • 3 Near Life Experience [7:35]
  • 4 Don't Leave Me [4:42]
  • 5 Sambation [7:10]
  • 6 Henbane [7:51]
  • 7 Under A Cherry-tree, With Cherries And The Golden Skull [10:16]

enregistrement

New Jerusalem Studio 2001, sous le titre "Cherries for the Golden Skull"

line up

Vera Agnivolok (musique, textes, chant, guitare, piano-accordéon), Vadim Gusis (samples, scie à deux mains, "unusual instruments"), Helena Dorsht (voix sur Sambation), Igor Krutogolov ("stone cello"), Shurik Waits ("ice flute")

chronique

Vera Agnivolok peint comme elle chante et chante comme elle respire ; son oeuvre est pleine de cet Inexpliquable cher au réalisme magique, où licornes et mascarades naïves, paysages urbains, symboles puissants et profond mysticisme se mêlent joyeusement, sans logique autre qu'intuitive et pourtant évidente à en crever les yeux ; le monde est d'essence Merveilleux partout où le regard se pose, et dans ce monde Cherries est tout simplement un chef-d'oeuvre. La référence n'a rien d'innocent, si je pense à un autre musicien-chanteur et peintre - Tibet - puisque les deux partagent la particularité de leur timbre, mais surtout la stupéfiante puissance d'évocation des textes... et ce second album du projet israélo-russe (composé également de Vadim Gusis de Chaos as Shelter et d'Igor18, alias Krutogolov, responsables des expérimentations sonores) peut s'afficher sans rougir à côté d'oeuvres largement plus reconnues de ce genre. Allégé du caractère âpre et rugueux du son de "Sculptor", un peu plus structuré autour du chant en Russe lui-même légèrement moins surmixé, "Cherries" est également dépourvu de l'aspect intensément possédé du premier essai, de ces couches de percussions arythmiques qui imposaient le malaise d'entrée sur un titre tel que Close. Il y gagne en légèreté, en lumière et en couleur. Les sonorités aquatiques de leur premier EP n'ont pas perdu de leur importance, tout au contraire, des cordes de guitare et leurs accords liquides aux nappes, battements et sourds grondements sous-marins, jusqu'à la clarté des entrechocs du bois léger et du verre comme polis par le courant... Sambation, plus ambient que ce que l'on avait pu entendre d'eux, en est tout spécialement représentatif avec son chant de sirène qui semble résonner de voûte en voûte dans un réservoir souterrain ; quant au reste, du premier au dernier titre, tout est excellent - plus de longueurs, ainsi, telles que les vingt-trois minutes de Penance sur Sculptor pouvaient être considérées. The Golden Skull marque le véritable début de l'album, où à la ritournelle au piano-accordéon se superpose la voix de Vera, toujours aussi vacillante que vaillante, soudainement démultipliée dans un choeur de chant traditionnel jusqu'à l'apogée du chaos percussif ; et soudain de cette indécision entre chant et rire l'on bascule dans le tragique pathétique d'une exécution (Near life experience), juste avant le très beau, mon préféré de l'album, Don't leave me, dont le texte est simplement frappant de poésie et de ferveur : "Don't curse me; words are crawling away like worms. Don't murder me when darkness is falling. Persistent dawn is rising. Chronicles of life point chronic death. And chorus in throat cannot be deafened, cannot be hidden from others... Angry pencil-branches are drawing dots in Heaven." Henbane, alors publié en tant qu'inédit sur l'importante compilation Looking for Europe sortie chez Prophecy Productions, est tout imprégné du vénéneux de la Jusquiame noire (dont le nom russe est le titre), une des plantes utilisées à dose non létale pour les vols hallucinatoires des sorcières en Europe médiévale, et relate une vision induite par son utilisation rituelle - aussi rituelle que l'utilisation très pensée des cloches et clochettes sur ce morceau ; puis le voyage s'achève sur les dix minutes instrumentales, plus sombres et sourdement inquiétantes, de Under a cherry-tree, with cherries and a the golden skull, et l'on se prend soudain d'affection pour ces étranges cliquetis et ces échos aquatiques, ces "unusual instruments", on s'accroche à l'émotion et l'envoûtement de cette voix et des histoires absurdes et profondes qu'elle conte dans son language indéchiffrable. Vera, Vera... que ne te fais-tu pas plus prolixe !

note       Publiée le samedi 10 mai 2008

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taliesin › lundi 4 février 2013 - 21:03  message privé !

C'est vrai qu'il est très bon cet album - je le préfère à Sculptor... MAis mon favori reste encore 'Henbane', en collaboration avec Chaos As Shelter !

Note donnée au disque :       
DR.Jkl › samedi 2 juillet 2011 - 18:51  message privé !

Aussi ovniesque qu'envoûtant, merci Looking for Europe pour la découverte, Henbane m'avait obsédéà l'époque.

Reflection › lundi 12 mai 2008 - 17:27  message privé !
" TMLHBAC " ??? Rien que le fait d'entendre cette abréviation, me donne envi découter ce disque... Sinon ça fait plaisir d'avoir une nouvelle chroniqueuse, en tout cas elle me ( nous ? ) fait découvrir des groupes que je ne connaissais pas du tout. Ca promet !
kama › dimanche 11 mai 2008 - 16:54  message privé !
1ere écoute, et je dois dire que l'ambiance forestiere et mystique qui émane de ce dixe me rapelle fortement les perles de TMLHBAC, ou la scenes de theatre dans le 7eme Sceau. Magnifique.
Solvant › samedi 10 mai 2008 - 22:32  message privé !
(en plus jshuis con, j'avais oublié que j'y avait déjà laisser un comm)
Note donnée au disque :