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Compilations - Bandes originales de films › Heat

cd | 21 titres | 74:28 min

  • 1 Kronos Quartet - Heat
  • 2 Passengers (Brian Eno & U2) - Always Forever Now
  • 3 Elliot Goldenthal - Condensers
  • 4 Kronos Quartet - Refinery Surveillance
  • 5 Terje Rypdal & Chasers - The Last Nite
  • 6 Michael Brook - Ultramarine
  • 7 Einstürzende Neubauten -Armenia
  • 8 Elliot Goldenthal - Of Helplessness
  • 9 Elliot Goldenthal - Steel Cello Lament
  • 10 Terje Rydal - Mystery Man
  • 11 Moby - New Dawn Fades
  • 12 Elliot Goldenthal - Entrada & Shootout
  • 13 Brian Eeno -Force Maker
  • 14 Elliot Goldenthal - Coffee Shop
  • 15 Elliot Goldenthal - Fate Scrapes
  • 16 Lisa Gerrard - La Bas (Edited Version)
  • 17 Lisa Gerrard - Gloradin
  • 18 Elliot Goldenthal - Run UpHill
  • 19 Kronos Quartet - Predator Diorama
  • 20 Elliot Goldenthal - Of Separation
  • 21 Moby - God Moving Over The Face Of The Waters

chronique

Los Angeles by night. C’est ça Michael Mann, et c’est ça Heat : un monde bleu-obscur, des êtres solitaires qui cherchent une issue, font des choix qui les mènent à leur perte – des chassés croisés, des fantômes qui fuient leur monde en s’enfonçant dans la nuit. Un duel magnifique entre le vieux Al et le grand Bobby, tous deux plus beaux que jamais. J’ai toujours préféré Heat entre tous les films du père Michael – et ses B.O. étant en général loin du niveau habituel hollywoodien qui fait la part belle au violons larmoyants sans laisser de place aux expérimentations, celle-ci ne pouvait être qu’excellente. Elle est encore mieux : à la hauteur du film, tout simplement (et ça n’est pas peu dire). Dès le premier titre, crépusculaire, on est plongé dans cette nuit urbaine et envoûtante, et on en ressort qu’à la fin, avec l’instrumental tangerinien irréprochable de Moby (l'instrumental qui passe dans l’ultime scène du film). Entre les deux, on traverse tout un monde, plusieurs lieux, et si on a eu la chance de voire le film c’est comme replonger dedans sans les images. La plupart des morceaux composés par Goldenthal sont dans une tonalité atmosphérique : violons, solos de guitare électrique aériens, soupçon de synthé, avec quelques dissonances bienvenues. Entre moments de sérénité ("Late Nite", "Steel Cello Lament", "Mystery Man", "Condensers", ou "Coffee Shop", un des rares passages au piano) et disgressions symphoniques ("Run Up Hill"), Heat nous fait voyager pendant plus de 74 minutes. Les pièces interprétées par le Kronos Quartet – toujours aussi magistral - restent les plus puissantes à mon sens, ne serait-ce que le premier titre éponyme qui est une merveille à lui tout seul, comme un halo de lumière bleue dans la nuit qui s’amplifie et puis disparaît avant de se transformer en longue progression tribale. Globalement, l’album est d’une richesse incroyable, je perdrai donc pas de temps à m’attarder sur chaque titre, mais les plus beaux passages restent les deux morceaux tragiques de Lisa Gerrard (qui deviendra une habituée des B.O. de Michael Mann), la surprenante reprise de Joy Division, d’autant plus qu’elle est interprétée par Moby (pour résumer, "New Dawn Fades" en version grosses guitares hard FM – et ça le fait vraiment, bien que sur le papier ça en effrayera sans doute certains), le terrible "Armenia" de Einstürzende Neubauten, beau comme du métal qui geint (le moment le plus sombre à n’en pas douter), le "Force Marker" de Brian Eno (passage le plus rythmique et tendu de l’album), ou encore les sublimes instrumentaux de Terje Raspal. Voilà voilà… une bande originale de grande envergure avec une ambiance nocturne et bleutée, absolument magnifique s’il fallait le répéter – et comme vous l’aurez sans doute deviné, tout ça n’a vraiment rien à voir avec du Eric Serra. L.A. by night, man.

note       Publiée le samedi 26 avril 2008

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Coltranophile › mardi 10 novembre 2009 - 12:35  message privé !

Oui, de ce que je connais de TD en tout cas. Je pense aussi que Mann, qui semble écouter pas mal de choses différentes, a du tomber dessus et trouver que ça collait parfaitement à son univers de nuits aveuglantes et de perfection sans espoir.

Raven › mardi 10 novembre 2009 - 12:30  message privé !
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disons que Moby a assuré une version hard FM et accrocheuse de l'originale en modifiant légèrement le riff pour le rendre plus pêchu (par contre ne regardez jamais les versions live vous risqueriez d'avoir de la peine pour lui) et un chant qui n'a pas à rougir de la comparaison avec le grand Ian, le titre n'a pas du tout été écrit pour la BO il existait déjà donc je crois que la ressemblance avec le finale de Thief est accidentelle; la scène sur l'autoroute avec Pacino et De Niro y colle à merveille (et non l'inverse), pour Thief c'est une des BO les plus rock de Tangerine non ?

Coltranophile › mardi 10 novembre 2009 - 11:58  message privé !

Il est vrai que cette version est superbe, je n'y aurais vraiment pas cru tant j'aime l'original. Une chose bizarre: cette version m'a fait penser au titre qui clôt "Thief" du même Michael Mann (composé par Craig Safan), il s'en dégage quelque chose d'identique. A se poser des questions de poules et d'oeufs.

Fryer › mardi 10 novembre 2009 - 11:35  message privé !

ok, merci mec

Raven › mardi 10 novembre 2009 - 03:50  message privé !
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http://www.discogs.com/Moby-Feeling-So-Real/release/243191