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Panopticon › Bootleg 2.1 : Panopticon Live @ DNA Again !!!

10 titres - 76:02 min

  • 1/ Almost A Year... One
  • 2/ Almost A Year... Two
  • 3/ Say John
  • 4/ Hard Rain
  • 5/ Psychonauts
  • 6/ 01100101101001
  • 7/ The Ring
  • 8/ Angustia
  • 9/ Gato Koba
  • 10/ Amish Skirmish

enregistrement

Improvisé et enregistré live au DNA de Bruxelles le 5 Avril 2008.

line up

Domenico Solazzo (atterie, percussions, overdubs, édition), Christophe Bouquelle (guitare électrique), Olivier Catala (basse), Antoine Guenet (claviers, loopstation, rubik's cube), R.E.D.A. (platines), Jan Rzewski (sax soprano), Bruno Saxo (sax alto),

chronique

Diantre, il m’en aura fallu des écoutes pour parvenir à y voir clair avec ce dernier Panopticon… à défaut de vraiment le cerner. Cette chronique ne va certainement pas beaucoup vous éclairer sur le contenu, ne retenez donc que ceci : Panopticon continue son petit bonhomme de chemin avec ou sans vous (pour ne pas dire nous, car j’ai moi-même boudé les deux dernières perf du collectif), et dans l’ombre la plus totale, le projet de Domenico Solazzo entame déjà sa deuxième année, continuant sans relâche à jouer, à expérimenter. Quelque chose est en train de se passer dans notre petit monde messieurs. Retour au DNA pour Panopticon donc - presque un an après leur premier méfait au même lieu - ici en formation plus restreinte : sept musiciens dont deux nouveaux invités au saxo. Formation plus restreinte disais-je à l’instant, ce qui rime ici avec un peu plus de retenue qu’auparavant, et une concentration accrue dans la mise en place de leurs scénettes sonores. Toujours aussi avide de passer par différentes voies de traverse et d’expérimenter multiples possibilités pour son voyage sonore, Mister Solazzo laisse –comme toujours - s’épanouir sa petite armada, qui va là où le vent la porte, au risque, parfois, de se laisser entraîner dans quelque chose de plus décousu, de partir en roue libre pour finir dans un cul-de-sac. J’avoue, ce sont les phases les plus mélodieuses et apaisées (du moins en apparence) de ce concert qui remportent pour moi la palme. Parce que je recherche de l’émotion, eh eh. Parce que l’émotion ils savent en donner, les fourbes, et c’est même ce qu’ils font le mieux. Parce que malgré ces quelques puddings indigestes qui viennent casser le trip (j’y reviendrai), nous sommes en présence d’un album nuancé et subtil. Pas ou peu d’esbroufe, et pas d’emphase gratuite bien qu’on serait tenté d’y croire à première vue. Les premières secondes nous mènent d’ailleurs sur une tout autre piste que celle de la surenchère, la performance commençant sous de sombres auspices : une intro ambient ténébreuse et fantomatique, brumeuse, parsemée d’échos inquiétants, et ce qui ressemble à des loups en trame de fond. Puis la pulsation monte, les volutes synthétiques prennent leur envol, lentement, mais sûrement… On prend son temps. On rampe, on est méticuleux. On a déjà pas mal guerroyé, il est ptetre temps de faire dans le feutré… Le saxo s’invite, léger, voluptueux. La deuxième partie, plus jazz, en rajoute dans le beau, sans apparats superflus : ça virevolte, gaiement, la musique respire, tout simplement. Le groupe est au top quand il se fixe une ligne à suivre, quand il décide sur quel pied danser plutôt que de baloter entre les extrêmes. C’est dans ses moments les plus atmosphériques que la dernière performance de Panopticon se montre au summum de sa force ; et dans cette catégorie, "Hard Rain", (mon coup de cœur de l’album), est absolument magnifique – terme sans doute galvaudé, mais ce titre tirerait les larmes à une pierre. ça commence en longue complainte ténébreuse à la guitare (Christophe Bouquelle assure vraiment), atmosphère crépusculaire, western-style, et puis… le saxo commence à dessiner ses arabesques, lyrique en diable, moelleux, caressant. Infiltration dans le cœur et la moelle épinière, soulèvement, jeu tout en retenue de Solazzo… On est porté, haut, très haut, jusqu’au climax. Brrr ! Malheureusement, tout l’album n’est pas aussi inspiré, il y’a même à mon sens au moins une plage entière qui aurait gagné à être décapitée par Domenico : "Psychonauts", qui nous gourmande pourtant avec un vieux rire maléfique en guise d’intro, mais passée la première minute se disloque complètement, se casse la gueule, à force de déphasage (?), et l’unité n’est plus, ça devient rébarbatif, ça commence à se découdre, finalement ça fait du sur-place et ça tape vite sur le système. Les passages plus chaotiques sont les premiers visés donc, n’ayant ni la teneur ni la force émotionnelle des morceaux aériens - ni leur cohérence, du reste. En se laissant aller, en lâchant les brides, la musique cherche à respirer mais s’étouffe par moments d’elle-même, ça ne marche pas, ou peu, chaque poste semblant s’éloigner d’un autre, se détacher du corps, casser la cohérence… L’improvisation est-elle une arme à double tranchant ? (éternel débat, sans vouloir faire mon Guillaume Durant). Ici l’impro peut se révéler vaine, trop de liberté menant à un bordel sans colonne vertébrale… La liberté tue la liberté ? Free Dom kills Free Dom ? Dans le Panopticon de Domenico, la liberté est l’élément-clé, mais s’imposer une ligne directrice claire, à mon sens, leur permet d’aller plus loin que s’ils se laissent partir en vrille, j’en veux pour preuve les deux premières pistes (je sais, je me répète). Bon, en même temps je fais mon rabat-joie, mais le bilan n’est pas complètement négatif concernant les moments "barrage en couille" : "Say John" ou "Agustia" tirent leur épingle, à mon goût, sans que je puisse vraiment dire pourquoi. Dans son ensemble, la perf propose une sacrée diversité d’ambiance, au même titre que celles d’avant. On pourra y glaner de l’expérimental hypnotique, sur ""01100101101001", cosmique et improbable, qui évoque l’ambiance flippée d’un Pere Ubu, quelque chose de volontiers malade donc, avec des sons parasites et du bidouillage foufou. On pourra y dégoter un long trip jazz-rock au parfum psyché, sur "The Ring", qui dans ses bons moments (quand le rythme est soutenu et que les sonorités space font des leurs) se révèle surprenant. Les trames bordéliques finissant pas filer un sérieux mal de crâne, elles décuplent en fait la puissance des moments aériens, qu’on appréciera donc de plus belle. A ce titre "Almost A Year" et "Hard Rain" reste des merveilles, s'il fallait le répéter. Bilan positif quand même, car malgré quelques petites gymnastiques un peu masturbatoires, le collectif est toujours là où on ne l’attend pas, et l’imagination de son instigateur n’étant manifestement pas prête de se tarir, il créé un monde somme toute vachement complexe qui demande à l’auditeur de fournir un effort pour en saisir tout le nectar – et c’est bien là sa plus grande qualité. Panopticon ne nous prend pas pour des cons. Panopticon reste objet de fascination, loin des canons de la facilité, loin du strass et des paillettes, la créature est ne veut pas se laisser mourir, elle y croit, elle continue sans relâche. Je regrette malgré tout que le groupe ne soit pas allé plus loin dans la lancée atmosphérique et mélodieuse esquissée sur les trois superbes titres précités, car, à mon humble avis, c’est dans ces moments là qu’ils livrent le meilleur d’eux-mêmes. En jouant bas, mais la tête dans les nuages.

note       Publiée le vendredi 25 avril 2008

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