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Eyehategod › In the name of suffering

10 titres - 35:03 min

  • 1/ Depress (4:57)
  • 2/ Man Is Too Ignorant To Exist (2:37)
  • 3/ Shinobi (5:15)
  • 4/ Pigs (2:59)
  • 5/ Run It Into The Ground (3:10)
  • 6/ Godsong (2:44)
  • 7/ Children Of God (3:10)
  • 8/ Left To Starve (3:09)
  • 9/ Hostility Dose (2:43)
  • 10/ Hit A Girl (4:20)

line up

Jimmy Bower (guitare), Mike Williams (Vocaux), Steve Dale (basse), Joe LaCaze (batterie)

remarques

La réédition 2006 inclus la démo « lack of almost everything » , originellement autoproduite et sortie en 1990, comprenant les titres suivants : # "Left to Starve (Demo Version)" – 4:06 # "Hit a Girl (Demo Version)" – 4:12 # "Depress (Demo Version)" – 7:34 # "Children of God (Demo Version)" – 3:46.

chronique

Styles
hardcore
sludge
metal extrême
stoner
Styles personnels
sludge

La puuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuurge ! Voilà ce qu’est ce disque. Comment, ça, ça ne vous suffit pas ? Bon, ok, j’en rajoute une couche de cambouis. Et voilà, voilà comment on se retrouve à faire des chroniques aussi interminables qu'un épisode de Derrick sous kétamine, alors qu’il n’y a pas à tartiner autant que ça pour une galette pareille. « In the name of suffering » est l’acte de naissance du sleudge, voilà. Alors, oui, certains pourront remonter jusqu’aux premiers Fu Manchu ou Neanderthal, sortis en 1990, sauf qu’en réalité, ce disque est lui aussi sorti en 90, sur un label français (si !) complètement oublié du nom de Intellectual Convulsion. La sortie Century Media de 92 était en fait une réédition. Concrètement, pourquoi préférer ce disque à tous les autres de Oeilhaitdieu (un jeu de mot qu’aurait pu pondre Prince, s’il n’était pas témoin de jehovah jusqu’à l’os), alors qu’ils sont infiniment mieux produits que ce tas de boue (surtout le gros t-rex crasseux dopesick, là) ? La réponse est terriblement terre à terre et matérialiste : les changements de rythme, tout simplement. Ils sont l’essence du sludge, ceux qui font que l’instabilité n’est plus seulement dans le cerveau de Mike Williams mais bien dans nos esgourdes, avec l’impression que le morceau pourrait s’arrêter à tout moment en queue de poisson totale. Que ce soit lors du ultra jouissif Depress qui démonte Black Sabbath à coup de cric et de clé à molette (dans les dents hein, pas pour bricoler), ou lors de l’ultime accélération Black Flaguienne de Hit a Girl, les changements de tempo font toute la sève du disque. Sans raison, sans aucune forme de linéarité, ils interviennent. Un peu comme une caisse qui calerait perpétuellement pour redémarrer en tressautant la seconde d’après. Pigs, par exemple, nous fait le coup de l’intro au tempo presque guilleret, sans aucun rapport avec le reste du morceau. Run it into the ground ralentit progressivement son riff jusqu’à ce qu’on en ait jusqu’aux genoux, et finit par accélérer à la fin dans une cavalcade hardcore que la batterie s’enquille cul sec. Enorme. Left to starve, quand à elle, reprend la rythmique de « Paranoid » avant de se dire « oh et puis merde » et ensuite « oh et puis si, en fait, tiens ». Vous voyez le genre ? On retrouve aussi les riffs stoner extatiques chiés après 2 minutes d’effort laborieux qui font les meilleurs moments de « Take As Needed » sur Man is too ignorant to exist. Y’a quand même une constante : tous les morceaux démarrent par un crissement aigu atroce. Pour ce qui est du son, il est évident que certains ne le supporteront pas, mais EHG est ainsi : Mike Williams éructe à grand peine sa haine dans un micro qui semble parfois à un mètre de sa bouche, Joey Delatte nous en balance (des lattes), mais n’arrive pas à se décider s’il veux être Geezer Butler ou Bill Stevenson, et les deux guitaristes sont comme un zombie pachydermique qui cherche à nous dépecer mollement. Et encore, vous plaignez pas : les démos, rajoutées par la réédition, sont inaudibles, quoique si on tend l’oreille le groupe fait bien plus mal que sur l’album. Bien sur, si le sludge c’est déjà du vomi, là c’est du vomi remangé, puis revomi (forcément, le vomi c’est pas bon)… Ils s’étaient amusés à tapisser cette première démo de voix parasites, prêches et autres extraits de films. Celui de « Godsong » a d’ailleurs la même voix que george bush. Et puis regardez cette pochette, que ce soit l’originale ou celle de century media (devinez laquelle…), elle pue les bayous verdâtres de la Louisiane, et cette bicoque typique du lieu fait presque écho aux églises/chateaux/bâtisses qu’on voit sur les pochettes de black (type « De Mysteriis dom satanas »). Sauf que si vous voulez mon avis, ici, le malaise est réèllement palpable. Je hais dieu, mais je vais prêcher au nom de la souffrance. Et dire que l’inventeur du nom du groupe est devenu un born again aussitôt après, il y a de quoi frémir. Pour rajouter à la légende, précisons que le chanteur a enregistré cette démo pendant ses heures de taf : gardien de nuit dans un hypermarché, il allait pointer à 20h avant d’aller répéter avec les autres, ne revenant qu’au matin. Faites passer l’astuce. On frôle en tout cas le 6 avec ce disque qui fait bien réfléchir, surtout si l’on considère que le stoner est arrivé après… L’amérique WASP venait d’accoucher de son pire parjure… « I scar my body like a good boy ». C’est Iggy qui le fait, c’est EHG qui le crie.

note       Publiée le mercredi 23 avril 2008

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dariev stands › lundi 31 août 2020 - 18:16  message privé !
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oui, c'est dans ma chro de My War. Mais ça s'appelait pas Sludge, et à part les Melvins, Flipper et quelques autres, ça un peu attendu ce disque pour se développer (avec des groupes qui font "que" ça)

taliesin › lundi 31 août 2020 - 16:27  message privé !

Excusez, mais le sludge, c'est la face B de Black Flag qui l'a inventé en 1984 ! ;-)

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Klarinetthor › jeudi 26 septembre 2013 - 16:52  message privé !

Dale Crover va piger pour EHG prochainement

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Klarinetthor › jeudi 8 août 2013 - 17:46  message privé !

edit: je l'ai pas noté hihi, la grosse bourde

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Klarinetthor › jeudi 8 août 2013 - 12:53  message privé !

C'est un truc de hippie en concert, EHG... Je comprends pas.

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