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Pan Sonic › Kesto (234.48:4)

33 titres - 234:48 min

  • CD I : - 01/ Rähinä I /Mayhem I - 02/ Mutaaattori /Mutator - 03/ Onkalo /Cavity - 04/ Pakoisvoima /Fugalforce - 05/ Louhi - 06/ Rähinä II /Mayhem II - 07/ Riimu /Halter - 08/ Keskeisvoima /Centralforce - 09/ Vähentajä /Diminsher - 10/ Rähinä III /Mayhem III - 11/ Lautturi /Rafter - 12/ Painovoima /Gravity - CD II : - 01/ Etäisyys /Distance - 02/ Konnat /Toads - 03/ Virtamuuntaja /Current-transformer - 04/ Tasmania - 05/ Johto 5. /Cable 5. - 06/ Valomuuntaja /Light-transformer - 07/ Routa-olio /Groundfrost-being - 08/ Sykkivä /Throbbing - 09/ Altistus /Exposure - 10/ Telemiitit /Telemites - 11/ Prospekt Vernadskogo - 12/ Arktinen /Arctic - CD III : - 01/ Viemärimaailma /Sewageworld - 02/ Käytävä /Corridor - 03/ Ilmenemismuoto /Appearanceform - 04/ Pakkasen Holvit /Arches of Frost - 05/ Selittämätön /Inexplicable - 06/ Ilma /Air - 07/ Koljan Uni /Sleep of Haddock - 08/ Linjat /Lines - CD IV : - 01/ Säteily /Radiation

enregistrement

Master par Denis Blackham

line up

Mika Vainio, Ilpo Väisänen

remarques

Photographies par Anne Hämäläinen

chronique

Musique électrique : voilà la façon la plus simple de définir Pan Sonic. Depuis le silence jusqu’au mur de bruit blanc, le duo finlandais revisite la notion d’onde, de sinusoïde, de fréquence, de grésillements et d’oscillations (en témoignent les projections live où l’on peut admirer l’onde sonore maltraitée en temps réel) pour recréer un paysage parfois saturé, parfois presque vide, où seules les charges électriques grésillent d’une pulsation à une autre, comme autant de mini-bobines dont les arcs fuseraient entre chaque pile de cuivre. Glitch, techno, musique concrète, noise, Pan Sonic est un peu tout cela ; et pour Kesto (234.48 :4, ou la durée totale de l’album), leur œuvre la plus étendue, ils nous livrent un catalogue de savoir-faire sur quatre CDs, du plus bruyant au plus calme. Un premier disque ionisé comme pourrait l’être un instru de LFO ou Haus Arafna laisse la belle part aux saturations diverses, aux rythmiques implacables que l’on sait foutrement douloureuses en live, quand ils ne lorgnent pas directement sur le son de leurs prédécesseurs auxquels ils rendent hommage à travers certains titres, ici en l’occurrence Bruce Gilbert, Suicide et Keiji Haino. Les titres plus épurés donnent à entendre les premiers bidouillages de filtres divers (‘Lautturi’ et ses résonances inharmoniques) et le disque s’achève sur un très groovy ‘Painovoima’, presque mélodique, rappelant sans rougir l’indus minimal old-school. Le second disque, nettement plus froid et caverneux, fait la belle part au glitch et aux résonances, rappelant ‘Aaltopiiri’ dans sa forme tout en restant un tantinet plus direct. Il réserve à la fois des moments scintillants et glaçants où l’anorak est de mise tant ils rafraîchissent l’air (‘Etäisyys’, ‘Valomuuntaja’, ‘Sykkivä’ ‘Telemiitit’ et le bien nommé ‘Arktinen’) et à la fois encore quelques titres électrifiés et hachés (‘Virtamuuntaja’, ‘Johto 5’). Rien ne laisse toutefois entrevoir la suite des évènements, avec une troisième partie dédiée aux musiques minimalistes et concrètes, s’ouvrant sur un bruit de chasse d’eau (!) dont les infinies réverbérations manipulées forment le prolongement. Les autres pièces sont ainsi faites de mélanges entre sons directs (pulsations saturées, bruits d’eau, de fer) et travail d’orfèvre sur les attributs du son lui-même, tel un rendu sculptural offert en hommage aux expérimentateurs des années 50. Pour finir, un immense drone translucide dédié à Charlemagne Palestine se voit passer à travers une multitude de filtres, changeant continuellement son spectre sans jamais trahir sa pureté initiale. Il dérive ainsi pendant une heure, oscillant çà et là dans l’espace affranchi du temps, et sa beauté plastique devrait suffire à faire taire les mauvaises langues qui pourraient n’y voir que du remplissage électroacoustique. Un disque pour chaque humeur, chaque niveau d’attention ou même d’état de fatigue, le tout vendu comme une seule œuvre et accompagné de photographies aussi belles que hors de propos : que dire de plus, si ce n’est que voilà un petit objet d’art total à ne pas manquer.

note       Publiée le mercredi 16 avril 2008

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Cinabre › mardi 29 janvier 2019 - 15:07  message privé !

Vicieux. Libérateur. Un très grand disque.

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Klarinetthor › vendredi 14 avril 2017 - 19:46  message privé !

oui c'est bien ca, il y a un peu toutes les ambiances de ce Kesto, des trucs harsch qui happent au debut a la brighter death now, de l'electro stylée et rampante, et des choses plus ambiantes.

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cyberghost › vendredi 14 avril 2017 - 16:47  message privé !

J'connais que le skeud avec Franck Vigroux, grosse ambiance !

Klarinetthor › jeudi 13 avril 2017 - 23:22  message privé !

je connais pas mal Pan So, mais des conseils pour ses solo, et collabs sous son nom?

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Solvant › jeudi 13 avril 2017 - 23:11  message privé !

Saluons le travail de Mika Vainio. Qu'il reste dans nos nuits d' étoiles disparates & vibrantes.

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