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Alec Empire › The Golden Foretaste Of Heaven

cd • 10 titres

  • 1New Man
  • 2...If You Live Or Die
  • 3Ice (As If She Could Steal A Piece Of My Glamour)
  • 41000 Eyes
  • 5Down Satan Down (Dub)
  • 6On Fire (The Hellish Vortex Sessions)
  • 7Robot L.O.V.E.
  • 8Death Trap In 3D
  • 9Bug On My Windshield
  • 10No/Why/New York

line up

Alec Empire

remarques

chronique

Après un The Futurist ouvertement rock avec ses guitares saturées sans réelle magie, Alec met ses prétentions bruitistes hardcore au placard, revient à l’électronique et nous sort enfin quelque chose qui ressemble à une superbe machine à tubes, le genre à faire zizir à la frangine direct: quelque chose qui soit irrésistiblement dansant, de l'ordre d'une electroclash vicieuse. Quelque chose qui ne se donne pas des airs méchants mais le soit vraiment, sur le terrain des clubbers qui plus est. En un mot comme en cent: un disque de l’ordre du simple et efficace, sans surplus de graisse. Marrant de voir à quel point ce revirement nightclubesque est passé plutôt inaperçu. Après avoir raclé le sol en mimant le léopard et continué sur la lancée juvénile d'ATR, Empire laisse tomber le trop plein de saturation et emballe direct en mode groovy. Il était temps. Même s’il m’a fallu quelques écoutes pour l’admettre, ce Golden Foretaste se pose comme un bon festin de hits. Et dans cette catégorie, comme dirait mon Jean-Jean, "Ice" se place en tête… Grrr, comment résister à cette pure mélodie de claviers ? Soooo sexy ! Alec n’a dans le même temps rien perdu de son désir de bâtardise, mais il fait du bâtard en efficient désormais, il nous canaille, nous fugue, nous toise mauvais, il puise avec goût dans tout le répertoire electro et pop - et glam - qu’il aime – et que j’aime aussi eh eh - des années 70 à nos jours, du Transformer de Lou Reed à la techno, et s’inspire même des B.O. de Carpenter, comme le prouve le superbe "1000 Eyes"; il s’amuse aussi à faire de la grosse EBM en mode alerte et taquin + rock’n’roll : "On Fire" devrait mettre tout le monde d’accord dans ce domaine je pense. De l’émotion ? Tu demandes de l’émotion, et figure-toi qu’il y’en a : pas de la mélancolie, mais un bon parfum de candeur masculine. Sinon question instrus, Alec a bigrement bien travaillé les atmosphères sans trop en faire, on trouve un peu de tout comme je le disais plus haut : une larmiche de sonorités héritées de l'indus et de la noise, des bribes de riffs, des dissonances aiguisées mais surtout l'essentiel: les rythmes pop. Creepy dans la gestuelle et connement dansant, donc fatal, s’il fallait se répéter. Couplets mortels, refrains sublimes, on est aux anges, on ne dit même pas non à une petite gâterie minimale façon Alan Vega quand surgit "Robot L.O.V.E." ("check it up baby !", ahah). Rien que la voix déjà… elle a changé. Totalement séductrice, elle est bien plus cool comme ça. On se prend pour Iggy Pop, et aussi pour Lou Reed, on lâche des oh yeah, des looove, des goin’goin’goin’, avec une morgue félinement pute, disgracieuse mais jouissive, avec la grandiloquence d’une star du glam et la fougue d’un jeune lion. On a souvent parlé de funk pour le père Reznor – et c’est bien légitime – mais pour Alec, j’ai désormais envie de parler de disco : le charme discogoth, la fougue discogoth, ces putains de mélodies, ces foutus beats so 80’s, cet aplomb à faire de la dance à tout prix, ce culot à jouer l’aguicheuse quand on aura passé sa carrière à faire la mijaurée. The Golden Foretaste of Heaven est finalement un disque très classe, et c’est peut être ça qu’on retiendra. C’est un peu le The Idiot de l’electro pop par moments (comment ça je m’emporte ? Nightclubbing mec !), à d’autres ça sonne comme une mixture exquise, celle des eighties avec les nineties et les seventies. C’est d’la bonne bébé, cet avant-goût doré du paradis. Plus simple que tout ce que le gugusse aura fait jusqu’ici, mais plus accrocheur, et finalement bien mieux comme ça. Il aura donc fallu qu’Alec s’accepte en icône glamour pour nous sortir sa bombe… The Golden Foretaste, album isolé dans sa discographie ? Le plaisir n’en est que décuplé. Quand s’achève "No Why New York" avec son parfum de luxure rock’n’roll, on a le sourire jusqu’aux oreilles. Et juste envie de dire yeah yeah yeah, avant de se remettre illico en piste.

note       Publiée le dimanche 13 avril 2008

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Note moyenne        14 votes

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julius_manes › mardi 14 décembre 2010 - 12:21  message privé !

Bluffant de la part d'Alec EMPIRE, et très réussi. C'est vrai que sur "1000 Eyes", on dirait presque IGGY POP ou LOU REED... 4,5/6... Bon, allez, 5/6 rien que pour "New man" et "On fire".

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Wotzenknecht › mardi 25 mai 2010 - 19:06  message privé !
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oh le disque de pute

shinjuku thief › jeudi 15 octobre 2009 - 20:03  message privé !

très bonne découverte, New Man, ICE et Death Trap sont de pures tubes !

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E. Jumbo › samedi 12 septembre 2009 - 23:19  message privé !

Rah que j'adore "New Man" ! La chro est très juste, ça sent à fond les 70's et les 80's, entre le chant terriblement Lou Reedien et les synthés furieusement Gary Numanesques (surtout sur New Man d'ailleurs). par contre Robot LOVE me fait penser à Snoop Dogg, avec ces "yeah" et "motherfuckers"... je le vois presque avec un chapeau à plumes et un manteau de fourrure.

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Damodafoca › mercredi 17 juin 2009 - 23:46  message privé !

Je crois pas que j'aurais été en mesure d'apprécier si la prod avait pas été aussi fat niveau clavier la dessus. Et quand je vois le petit Alec dans son studio en train de préparer shivers, je reve... Du coup celui ci est pas dégueu, avec ses sons ultra fat et ses rythmiques Berlin by night.