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John Carpenter › Assault On Precint 13

16 titres - 24:36 min

  • 1/ Assault On Precinct 13 (Main Title) - 2/ Napoleon Wilson - 3/ Street Thunder - 4/ Precinct 9 - Division 13 - 5/ Targets / Ice Cream Man On Edge - 6/ Wrong Flavour - 7/ Emergy Stop - 8/ Lawson's Revenge - 9/ Sanctuary? - 10/ Second Wave - 11/ The Windows! - 12/ Julie - 13/ Well's Flight - 14/ To The Basement - 15/ Walking Out - 16/ Assault On Precinct 13

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John Carpenter (tout)

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chronique

Entre John Carpenter et moi, c’est une histoire qui débuta le jour où je vis Assaut pour la première fois. Je serais bien en peine s’il me fallait trouver les mots adéquats pour décrire le choc visuel et émotionnel que ce fût alors, mais c’est peut être à cet instant précis que j’ai commencé à m’intéresser au cinéma et à la musique en même temps. Vous avez certainement l’impression d’avoir déjà entendu ça mille fois, peu m’importe : il ne faut jamais négliger ses racines. Chroniquer les B.O. de Big John dans les archives du sombre et de l’expérimental a donc toujours été un de mes objectifs principaux, à titre personnel mais surtout informatif, et nous y voilà donc aujourd’hui. Il est pourtant bien joli de vouloir en parler, mais que dire de constructif sur cette musique d’une telle sobriété sans trop en faire, quand on se sait incorrigible tchatcheur ? Parlons un peu de John Carpenter avant de parler de ce disque… Ce qu’on oublie bien souvent, c’est que ce fils de compositeur était l’un des seuls réalisateurs à écrire et jouer lui-même la musique de ses films. Armé de vieux synthés ronflants type Bontempi, Carpenter créé des thèmes minimaux et pour accentuer chaque scène choisie : la peur, l’angoisse, le suspense, ou la mélancolie sont à la fois leur moteur créatif et les émotions véhiculées par ces pièces instrumentales simples et dérisoires prises comme tel, mais qui promettent beaucoup à l’esprit imaginatif, et pourront plus tard servir de matière première à des musiciens en manque d’idées simples pour rendu émotionnel optimal, tout comme ce fût le cas pour des artistes aussi différents que Depeche Mode, Angelo Badalamenti, Klinik, Fantômas ou Cypress Hill, qui ont tous eu, un jour (qu’on le sache ou le devine), une affaire personnelle avec les B.O. de Big John. Dans celle-ci, on se retrouve face à la genèse de son modus operandi : le son est brut, les synthés datent de l’âge de pierre mais sont utilisés au mieux pour véhiculer l’émotion choisie. Les thèmes créés par le Master évoquent ses multiples influences : les travaux de Walter Carlos en solo ou pour le Clockwork Orange de Kubrick, les musiques de vieux western - celles de Morricone surtout, mais aussi les bandes originales de Giallo ou les thèmes angoissants de John Williams pour Jaws qui se retrouveraient ici sous la forme la plus basique possible sans perdre de leur suc : le Carpenter des années 70-80 n’habille pas encore ses compos de batterie ou de guitares, il ne garde qu’une ossature synthétique, un squelette de thème joué avec le même matériel vrombissant dont l’infâme Moroder usait pour faire du disco. En général cette alchimie entre images et musique tient à bien peu de choses : trois petites notes jouées à un doigt sur le clavier, et on ne va pas plus loin si elles suffisent à poser l’ambiance adéquate. L’économie de moyens pour un affect maximum a été la signature de Carpenter au cinéma comme en musique ; l’artiste dans toute l’humilité dont il peut faire preuve face à sa création et à ceux qui devront la goûter. Un sifflement strident – sorte d’acouphène parfait (et je ne vous ferai aucune révélation en vous disant qu’il n’existe rien de plus beau qu’un acouphène) – pour suggérer la tension, un pom-pom-pom synthétique plus ou moins rapide pour les moments de calme ou d’action, quelques notes graves lentement égrenées pour les moments de deuil. On retiendra surtout les thèmes de début et de fin du film, déclinés à l’envi au cours de la bande : d’abord la pulsation, ses échos, puis le sifflement, et ce pom-pom pesant et menaçant du vieux clavier qui sonne le glas, tandis que le synthé s’amplifie insidieusement en arrière-plan. "Precinct 9 - Division 13" est un thème très différent, une petite mélodie smooth dont le metteur en scène se servira pour souligner les scènes de répit avant et après les fusillades. Pour le reste, économie mais minutie quand même : Carpenter pousse le souci du détail jusqu’à composer la musique du camion glacier que l’on voit en début de film (celui où il vaut mieux pour les petites filles de ne pas venir réclamer un autre parfum). Autant d’instrumentaux qui s’apprécieront bien sûr au mieux en regardant le film, mais qu’on écoutera avec ravissement sans les images, nous permettant d’imaginer nous même nos petits westerns urbains en fermant les yeux. La bande originale d’Assaut reste la plus basique et l’une des plus efficaces de toutes celles qu’à composé Big John, la matrice de sa discographie – et un bien joli témoin lumineux de ces années ou le mot série B n’était pas une insulte. On ne remerciera jamais assez Record Makers de l’avoir enfin commercialisé, presque trente ans après la sortie du film.

note       Publiée le dimanche 23 mars 2008

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Demonaz Vikernes › mardi 20 octobre 2020 - 20:52  message privé !

7" de Bomb The Bass reçu aujourd'hui, la boucle est bouclée.

Note donnée au disque :       
Rastignac › jeudi 15 octobre 2020 - 11:38  message privé !
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Une de ses BO les plus obsédantes, je l'ai fréquemment dans la tête en compagnie de celle d'Escape from New York...

Demonaz Vikernes › jeudi 15 octobre 2020 - 11:18  message privé !

Grand fan de Xenon II, j'ai été sacrément surpris à mon premier visionnage d'Assaut ! BO enfin trouvé, certainement l'une des pochettes les plus cool du monde ! J'aime cette impression d'écouter une longue piste avec plusieurs mouvements qui reviennent, tout juste différents. Un excellent travail pour un excellent film.

Note donnée au disque :       
sergent_BUCK › lundi 28 avril 2008 - 04:24  message privé !
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à noter que le thème de Assault sera utilisé sur un morceau de "Bomb the Bass" quelques années plus tard... et que ce remix sera intégré dans le mythique jeu "Xenon 2" sur Atari, ce qui aura pour effet de booster sa popularité ! Comme quoi, cette mélodie géniale de 4 notes aura quand même fait son petit chemin avant d'arriver dans mes oreilles... (ah ha, je me rappelle la claque la première fois que j'ai allumé ce jeu :)
Raven › dimanche 27 avril 2008 - 14:21  message privé !
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Le blondin sur la pochette c'est Franck Doubleday, mais effectivement il a la même gueule que Peter Baumann.