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Morrissey › Southpaw Grammar

cd | 8 titres | 47:53 min

  • 1 The Teachers Are Afraid of the Pupils
  • 2 Reader Meets Author
  • 3 The Boy Racer
  • 4 The Operation
  • 5 Dagenham Dave
  • 6 Do Your Best and Don't Worry
  • 7 Best Friend on the Payroll
  • 8 Southpaw

line up

Morrissey (chant), Alain Whyte (guitare, voix), Boz Boorer (guitares), Jonny Bridgewood (basse), Spencer James Cobrin (batterie)

chronique

Styles
pop
indie rock
post rock
Styles personnels
jangle pop / post rock

Passée l’œuvre de douleur que fût Vauxhall and I, Morrissey est de retour avec un Southpaw Grammar à la pochette intrigante, dans l’esprit de celles dont les Smiths aimaient s’affubler : un fragment de vie immortalisé sur une photo que le temps a usé, un quidam qui nous regarde et l’imagination qui fait le reste... Ici, Morrissey n’est plus dans le modus operandi des blessures intimes mises à nu : il s’efface souvent derrière la musique, un risque auquel il s’était frotté sur Your Arsenal : les arrangements n’ont jamais été aussi denses et grandioses, (on lorgne même vers le progressif à certains moments), le rock n’a jamais été aussi puissant : une version plus dure, plus punk, plus catchy, plus bruyante surtout, de ce qu’il nous avait proposé jusqu'alors. Ici, ce sont les guitares qui prédominent en riffs saturés ou distordus, sans demi-mesure, parsemant les morceaux de mélodies électriques furtives et instables, avec des percées émotionnelles qui surgissent sans prévenir. Si ce nouveau style s’accorde malheureusement pas toujours avec le timbre léger de Morrissey, les moments forts qu’il offre à nos oreilles, aussi éphémères soient-ils, sont d’une intensité à couper le souffle. D’abord le premier titre, l’inquiétant "The Teachers Are Afraid Of The Pupils", qui tranche fortement avec l’impression de mélancolie éthérée sur laquelle son chef d’œuvre précédent nous avait laissés : un sample de violons grandiloquents extirpés de la cinquième symphonie de Chostakovitch, des riffs heavy, des parties electro discrètement injectées sous la nappe électrique… A peine le temps de souffler ! Etirée sur onze minutes, la chanson évolue vers un rock cacophonique, tandis que le chant de Morrissey, inchangé depuis les Smiths, reste haut perché et pétri de bonnes comme de mauvaises intentions derrière son air doucereux : un pied dans le Ciel l’autre en Enfer, comme toujours… Deux autres titres incroyables marquent cet album, reléguant presque le reste au rôle d’anecdote : Tout d’abord, le terrible "The Operation", qui commence par un long jeu de percus tribal-jazzy et s’achève dans un country-noise assourdissant, et entre les deux passe par plusieurs stades progressifs (punk, riffs-défouloir et longues virées blues, partie chantée très succinte). Ensuite, "Southpaw", l’un des titres les plus merveilleux du Moz, qui sonne comme une véritable brise d’émotion pure après tout ce déluge de riffs. Une perle d'intensité qui justifie à elle seule que vous vous penchiez sur cet album méconnu : passée une première partie lyrique, on est pris par la main, et on part aux cieux. Les guitares, soudain apaisées, s’envolent dans un trip qu'on peut qualifier de post rock… magnifique. Une fin qui m’évoque les passages ‘océaniques’ que Isis offrira plus tard sur Panopticon, ou GYBE sur leurs moments inspirés ; mais en plus intense encore. Surprenante direction venant de Morrissey ! Pour le reste, on se retrouve avec trois morceaux de choix ("Best Friend On The Payroll", une ballade punk simple et belle comme tout, ainsi que les sublimes "The Boy Racer" et "Do Your Best And Don't Worry", dans la lignée de Viva Hate en plus électrique, sur lesquels Morrissey se fait plus lumineux et touchant que jamais) et deux pièces plus banales et moins inspirées, "Reader Meets Author" et "Dagenham Dave" (un rapport avec celle des Stranglers ? Les paroles ne donnent pas beaucoup d’indices), qui laissent apparaître l’état dans lequel se trouve le Moz : un peu paumé, il ne sait trop ou aller, et nous non plus… alors il fait ce qu’il sait faire ; écrire des textes forts et chanter. L’alchimie entre le rock plus puissant et déstructuré qu’auparavant et sa voix n’est pas toujours évidente : la recette fonctionne ou s’écroule, c’est selon l’humeur. A mon goût, l’album manque quand même de cohérence comparé aux précédents, et restera aussi comme l’un des témoins de l’instabilité de Morrissey : trop faible ou trop fort, c’est définitivement dans ses moments les plus intimes que le parolier se révèle le plus poignant, pas sous un déluge de guitares distordues ; néanmoins, force est de reconnaître la qualité des arrangements, qui n’ont été et ne seront plus jamais aussi forts - tout comme celle des parties de chant… Et puis quand les sept premiers titres du disque m’agacent, je m’écoute "Southpaw" et je pleure sans faire de bruit, à tous les coups. Car Morrissey est capable de surprendre là où on ne l’attend pas, et quand l’étincelle magique fait exploser le trop plein de larmes, croyez-moi, ça fait des dégâts dans le cœur du petit chroniqueur.

note       Publiée le jeudi 10 janvier 2008

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Twilight › lundi 5 octobre 2015 - 00:00  message privé !
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Ca y est, j'ai enfin vu le Moz en concert...Comme il assure !!!

Aladdin_Sane › mercredi 9 juillet 2014 - 14:28  message privé !

Le nouvel album "World peace is none of your business" qui sort lundi m'a l'air trés bon...

Raven › mercredi 24 novembre 2010 - 01:05  message privé !
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je viens enfin de m'écouter le remake '09, le contenu est pas mauvais évidemment, mais c'est un beau gâchis, l'album a perdu toute sa singularité d'origine, ce côté à part dans la disco de cousine Mozie, le simple fait de virer Southpaw de la dernière place était la pire chose à faire... donc conseil à ceux qui suivraient éventuellement l'idée d'acheter cet album : ne ciblez que la première version.

Note donnée au disque :       
Solvant › mercredi 23 décembre 2009 - 23:30  message privé !

Le mixage est raté, étouffant.

Note donnée au disque :       
Raven › mercredi 23 décembre 2009 - 04:42  message privé !
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Southpaw, bon sang mais qu'est-ce que c'est beau. GYBE a essayé de pondre un morceau comme ça en faisant Moya.

Note donnée au disque :