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Sulpher › Spray

10 titres - 43:36 min

  • 1/ Scarred
  • 2/ Misery
  • 3/ You Ruined Everything
  • 4/ Unknown
  • 5/ You Don't Mean That Much
  • 6/ One Of Us
  • 7/ Blasphemy
  • 8/ Fear Me
  • 9/ Spray
  • 10/ Problem

line up

Rob Holliday + Monti

remarques

chronique

Créé par Rob Holliday, ex-gratteux de The Mission, et par un batteur-programmateur du nom de Monti, le projet Sulpher n’a sorti qu’un seul disque : Spray. Au fil d’une chronique torchée vite fait bien fait par un sympathique journaleux de D-Side qui vantait les mérites de ce skeud, j’avais cru déceler la percée médiatique d’un duo talentueux dont on allait reparler de sitôt… Depuis, plus rien, ou si peu. J’admets ne pas être très inspiré pour vous en parler de ce disque, mais tout ce qu’il faut savoir c’est que : 1. Si t’es fan de Downward Spiral et Broken y’a te fortes chances pour que t’aimes. 2. Si t’aimes les gros murs de grosses guitares saturées façon Jourgensen, ça te plaira à coup sûr. 3. Si t’aimes les voix façon Filter ou Trent ben ça te plaira aussi, à condition d'accepter les paroles les plus crétinement cliché "adolescent-mal-dans-sa-peau" possibles...soit d'aimer Stabbing Westward. En guise de préambule à ce Spray, une salve electro metal bien rentre-dedans, insidieuse, portée par une gratte et des clapotis synthétiques électrisants, une voix mixée façon Nivek Ogre qui susurre son fiel au creux de l’oreille, et des moments de calme entrecoupés de déferlements de violence saturée assez surprenants à première écoute. Ce qui frappe d’emblée, c’est la propreté sans faille de la production, la netteté et la mise en avant des saturations, des percussions claires (gros travail sur la batterie) et, en sous-couche, tapie sous cette crasse organisée, une mécanique bien huilée, celle des connaisseurs, celles de deux joailliers de la musique électronique qui n’ont cure de leurs pionniers et s’acharneront, tout au long de ces dix titres impeccables, à remplir un cahier des charges que bon nombre avait échoué à mener à terme avant eux : celui du bloc de hits tour à tour insidieux, violents, groovy, sans faille. Un mur de guitares équarrisseur de cérumen, des voix sursaturées, des pistes electro en mille-feuille, des samples discrets ou mis en avant, des rythmiques efficientes et effets de reverb un peu faciles et cliché qui ne gâchent pourtant en rien l’aspect sombre et l’impact de la musique. Bref, les deux lascars connaissent leur terrain et, sachant qu’ils n’ont rien à révolutionner, prennent leur pied à revisiter les caves du père Reznor et les parkings du père Alain. Même recette, même cuisine… avec plus de piquant peut être. Ouais, ça ressemble vachement à du NIN, trop diront certains, mais qu’importe, je n’ai jamais autant écouté un album de Reznor que ce Spray, ce doit être un signe… Car il serait vraiment réducteur de cantonner nos deux gaillards au rôle de copycat. Sulpher s’ingénie tout au long de ces dix titres à enrichir ses pistes, à faire évoluer ses morceaux de force et de tension, entre pics de violence et atmosphère pesante, suffocante. L’entreprise tubesque déployée par le duo est bondiou d’efficace, voilà le point important. Cet album est naïf mais il fonctionne. Dix titres aux ambiances variées mais un ensemble cohérent. Sulpher, c’est bon, c’est pas fondamentalement malsain ou fangeux mais ça envoie la sauce et ça fait dans le feutré avec classe. Autant de titres pour autant de façons d’appréhender leur rock indus écorché mais nickel chrome, puissant et dense. Il y’a « Scarred », avec ses décharges électriques qui surviennent sans prévenir, le genre qui te fait renverser ton café même quand la tasse est vide. Et puis il y’a le supra-groovy « Misery », avec des passages qui sentent le White Zombie, et pis les morceaux ambient bien létaux « Unknown » et « You Don’t Mean That Much », le tripant crescendo « One Of Us », la décharge electropunk « Spray », limite Converge sur la fin, qui ne dure qu’une minute mais laisse des traces, ou « Problem » pour laquelle j’ai une petite préférence, bien fractale comme il faut avec son côté Dive en grosse artillerie. Même « Fear Me », avec ses airs de KMDFM technoïdo-aérien, nous prouve qu’il y’a quelque chose de différent chez Sulpher, un feeling propre qui accroche directement le chaland. Un bon one-shot carré et tranchant, lifté de partout mais sec comme un cou de trique.

note       Publiée le mardi 18 décembre 2007

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Note moyenne        4 votes

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Nerval › vendredi 16 octobre 2009 - 09:36  message privé !

Non on ne lui dit pas merci parce que cet album n'est pas si terrible que ça...

empreznor › jeudi 15 octobre 2009 - 21:14  message privé !

il est pas cher sur amazon les zenfants. on dit merci ravenouchet.

Dun23 › mercredi 19 décembre 2007 - 18:52  message privé !
Ca donne envie, ce truc là!
empreznor › mercredi 19 décembre 2007 - 00:15  message privé !
papa maman, vous m'aviez pas dit que Trent il avait un jumeau...'Emp.