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Goblin › Suspiria

  • 1977 • Dagored 127 • 1 LP 33 tours
  • 1987 • Cinevox 5005 • 1 CD

11 titres - 44:46 min

  • 1/ Suspiria
  • 2/ Witch
  • 3/ Opening To The Sighs
  • 4/ Sighs
  • 5/ Markos
  • 6/ Black Forest
  • 7/ Blind Concert
  • 8/ Death Valzer
  • 9/ Suspiria (Narration)
  • 10/ Markos (Alternate Version)
  • 11/ Suspiria (Daemonia Re-recording)

line up

Claudio Simonetti (Claviers électroniques, synthetiseurs, orgues et violons), Massimo Morante (guitares, basses et mandolines), Fabio Pignatelli (Basses et guitares acoustiques), Agostino Marangolo (Batteries, percussions et pianos)

remarques

chronique

Styles
musique de film
progressif
gothique
Styles personnels
goblin suprême

Goblin… ma rencontre avec eux remonte à ma jeune adolescence, lorsqu’un soir, seul à la maison sans papa-maman, je m’étais visionné Phenomena dans le salon, armé d’un simple paquet de chips et d’une lampe torche au cas où… ce qui m’avait marqué, plus encore que les images du maître, c’était, au début, la musique qu’il y avait en fond sonore... Puissante. Mystique. Onirique… c’était eux. Mais un peu d’histoire si vous le voulez bien… D’abord simple formation de rock progressif italien comme il en existait pléiade à l’époque (merci Proggy), Goblin se sont petit à petit spécialisés dans les B.O. de séries B, particulièrement inspirés quand il s’agissait de mettre en musique les métrages d'Argento. Une collaboration réalisateur-compositeur alchimique, qui débuta avec Profondo Rosso et donna naissance à de sublimes bandes originales, aussi cultes que méconnues. Suspiria, indépendamment du film d’Argento, est incontestablement une pièce maîtresse dans la disco de Goblin. Composée de pièces envoûtantes, la plupart ayant recours aux claviers électroniques, aux synthétiseurs et aux percussions fabuleuses de Marangolo, la bande originale de ce classique a, bien sûr, le parfum délicieux des films du Maestro : le parfum du sang et du velours, le parfum de l’horreur à l’italienne. Sur cette bande, beaucoup de thèmes puissants, à caractère gothique et tribal (les percussions jouent beaucoup sur cette sensation), émaillés de synthétiseurs glauques, d’orgue parfois. "Blind Concert", seule pièce du lot étant à mon avis déplacée ici, donne dans le progressif jazzy faisandé de série, avec sa basse ronflante et ses gimmicks putassiers. Pour le reste, c’est délicieux… Miaulements de chat et chants rituels macabres sur le fantastique "Sighs", une petite incartade percussive sur le génial "Markos" (dont la version alternative est un vrai bonheur qui nous noie dans un formidable ram-dam de percus), une pièce plus typée progressif avec "Black Forest", dans l’esprit du Roi Pourpre, où on surprend même un saxophone lyrique… "Death Valzer", avec sa ritournelle au piano d'une autre époque… autant de scènes différentes se déployant à nos oreilles… mais les pièces les plus fascinantes du lot sont sans conteste "Suspiria" et ses déclinaisons ("Suspiria Narration", et la version hard rock "Suspiria Daemonia"), puissants thèmes mystiques et ténébreux, entre rêve et cauchemar : une mandoline égrène ses notes, une voix macabre murmure et souffle à notre oreille, puis la mélodie fabuleuse nous emporte dans son tourbillon, les percussions semblent nous pousser dans le noir… on se croirait perdu dans un lieu hanté, traqué par les esprits de psychopathes pervers au milieu des crucifix et des grimoires, longeant les rangées de crânes de ceux qui perdirent leur âme dans les labyrinthes souterrains… aaaah… le thème principal de Suspiria est une de ces raisons pour lesquelles j’aime tellement le cinéma d’Argento, pour lesquelles je ne pourrais jamais vraiment en dire du mal malgré tous ces défauts évidents. Une de ces raisons pour lesquelles les Goblin exercent sur moi un envoûtement incroyable, peut être grâce au souvenir des images… Il s‘agit de magie, la magie transalpine obscure des Goblin qui opère sur ton esprit, l’envoûte, le plonge dans les cryptes sanglantes du cauchemar éternel (si j’en fais trop c’est pour ton bien) et te berce dans des mondes parallèles, derrière les murs de la maison, dans les caves humides, les greniers, dans les cathédrales hantées… là où les gants noirs de l’assassin giallo étreignent ton cou glacé… dans l’obscurité… MAGIA NERA ! Et puis… Ce qui est peut être le plus appréciable ici, c’est que les sonorités à caractère foncièrement kitsch qui se multiplieront dans les compositions futures (par exemple Zombie) n’ont pas encore pris le monopole. Pour ceux qui ne connaissent pas les films d’Argento, Suspiria est une bande originale à l’atmosphère lugubre et envoûtante, théâtrale, expérimentale et grandiloquente, dont l’aspect rituel vous plongera dans une ambiance propice à la magie noire et aux séances de spiritisme (n’oubliez pas la planche Ouija). La la la la la la la... la la la la la la laaa...

note       Publiée le vendredi 7 décembre 2007

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Note moyenne        11 votes

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Shelleyan aka Twilight › samedi 10 avril 2021 - 17:07  message privé !
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Je m'inscris en porte-à-faux avec mon propre commentaire d'il y a 14 ans. Cette B.O. tue, elle est quasiment aussi bonne que le film lui-même...Tout l'art de l'angoisse des Goblin porté au paroxysme, c'est d'un malsain ! Leur coup de maître avec 'Profondo rosso'

Note donnée au disque :       
(N°6) › mercredi 13 décembre 2017 - 11:16  message privé !
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Dans un film saturé de partout, la musique de Goblin est la couleur invisible, l'infra-rouge de l'infra-monde. BO géniale pour un film extraordinaire, expressionniste jusqu'au débordement, c'est même elle qui signe dès le début l'identité du mal avec ces zébrures de "wiiiiiitch !" au beau-milieu des plans. Fantastique, au sens propre.

Dead26 › jeudi 18 août 2016 - 10:18  message privé !

Claudio Simonetti's Goblin en concert au Fall Of Summer (Torcy-France) samedi 3 septembre 2016.

Note donnée au disque :       
Aladdin_Sane › mercredi 21 août 2013 - 11:14  message privé !

Je reviens à la charge pour évoquer la sortie d'un coffret "The Awakening" (2012) réunissant les meilleures BO de Goblin de Profondo Rosso à Tenèbres et incluant leur album "Roller". Bref, encore un achat en perspective.

Note donnée au disque :       
Aladdin_Sane › mardi 4 octobre 2011 - 15:14  message privé !

Une grande BO pour un grand film. C'est le genre de musique que l'on peut écouter avec plaisir (ou effroi) en dehors du film mais qui accompagne également superbement les images horrifiques et envoutantes de ce long métrage. J'ai revu "Phenomena" hier soir et si la Bo de Goblin est encore appréciable, l'emploi d'un hard-rock intrusif gâche un peu la fête par moment.

Note donnée au disque :