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Unsane › Scattered, Smothered & Covered

  • 1995 - Spv, 084-45782 (1 cd)

cd | 12 titres | 35:08 min

  • 1 Scrape
  • 2 Alleged
  • 3 Blame Me
  • 4 Out
  • 5 Can't See
  • 6 Get Off My Back
  • 7 Blew
  • 8 Empty Cartridge
  • 9 No Loss
  • 10 Test My Faith
  • 11 Ruin
  • 12 Swim

line up

Dave Curran (basse), Vincent Signorelli (batterie), Chris Spencer (chant, guitare)

chronique

D’abord il y avait la rue, cette putain de rue, et ma caisse bariolée de chair humaine et de crânes éclatés… y’a fallu que j’fasse une virée pour t’apprendre, et t’as compris. La destruction totale ouais, avec des étincelles et de la viande froide collée sur le pare-choc. C’était pour ça qu’on m’avait appelé Unsane. Les mecs, y pouvaient pas se mettre dans le ciboulot que j’étais juste motivé par le blues et le sang, y me trouvaient malsain, alors qu’il y a rien de plus sain qu’une bonne exécution urbaine. Y m’trouvaient has been aussi, dans ma façon de travailler, dans ma façon de tuer. Trop prévisible qu’y disaient, trop linéaire… c’était un peu toujours la même chose, c’est vrai. Alors y’a fallu arrondir les angles, et appuyer là où ça fait mal. J’étais trop basique qu’y disaient, pas assez inventif, trop bourrin. Laisse moi rire gamin… c’qui avaient pas compris ces branleurs, c’est qu’j’étais capable de faire mieux. Que j’allais leur prouver que j’pouvais tuer avec classe. Mon vieux, y m’a donné un harmonica quand j’étais tout petit. J’vais en jouer, perché sur le cadavre de cette pute comme un vautour sur la charogne d’un buffle, rien que pour me foutre de leur gueule… parce que les ballades, moi, ça me connaît, même si j’suis pas un tendre. C’est mon côté sensible ça, eh eh. Pour le reste, ce sera plus ou moins la même chose, mais je ferai en sorte de varier les plaisirs, pour qu’ils comprennent que si ma mère m’a chié dans ce monde, c’est pas pour monter une association caritative. Mes potes et moi, on est prêts. On sera sans pitié, et on va dégainer au moindre signal. Moi j’demande que ça. « Blame me » que j’leur dis… et pour bien me foutre de leur gueule, je vais essayer de la jouer Guns’n’Roses en version barbelés. Et je ferai dans l’ultime groove bluesy pour qu’ils comprennent, je foncerai tête baissée… « Scrape »… Ouais… et pis je serai égal à moi-même, au sommet de mon art. Et pis je leur montrerai qu’on sourit pas en prononçant mon nom… Jamais. Personne. Figure-toi qu’un jour des gros mafieux de Californie sont venus nous tataner la gueule, à nous, les New Yorkais. Mouah ah ah. Neurosis qu’y s’appelaient les gars. Bien sapés, bien coiffés, surpuissants et gainés de cuir... vexant pour ainsi dire. Mais nous aussi on peut la jouer lourd et on peut se donner le style Apocalypse Now, malgré nos faibles moyens... nous on vient de la rue, pas des studios bourgeois de chez Steve Albini. Et on est que trois... mais on va la jouer plus lourd, plus pesant, plus sale que jamais. Qu’ils comprennent que c’est pas pour rien si on a un ancien des Swans dans la bande. On va la jouer crade. On va la jouer à la Dahmer. Lent et fractal. Et ils fermeront leur gueule en écoutant ce que ça donnera: « Get Off My Back ». Moi, faut pas m’chercher, j’suis mauvais tu sais, j’ai l’écume aux lèvres quand on me provoque, et le canif dans la poche prêt à trucider le premier qui osera dire un mot de travers. J’suis pas l’genre à m’adoucir tu sais. Bien sûr que tu sais… mais des fois y m’arrive de vouloir chanter pour le style. Des fois, je repense au vieux Rollins, avant qu’il devienne ce gros blaireau, il nous avait inculqué un certain mode d’expression. Alors je fais « Blew », et j’te demanderai d’apprécier ma façon de la jouer punk, et de la fermer. Et pis je fais « Swim », et là t’auras même pas besoin d’apprendre à apprécier ma mise à mort fractale, tu seras mis au tapis sans avoir eu le temps de sortir une vanne. La gueule dans l’huile de vidange et le futal sur les genoux. Ouais… tu vas la sentir notre puissance virile. Qu’ess’tu crois, larbin ? Nous, on tue avec les moyens du bord, mais ça empêche pas d’avoir de l’imagination et du doigté… Là, on fait quelque chose qu’on fera plus jamais à un tel niveau : on exécute avec maestria, de toutes les façons possibles. Lentement, rapidement. En biais, de face. J’suis toujours obligé de gueuler pour qu’on m’entende dans le boucan du moteur, mais j’essaye de chanter aussi, c’est mieux… On a peaufiné notre style, on est restés carnassiers, gras et voraces, plus matures, plus groovy que jamais, plus pesant que jamais, plus réfléchis, mais pas moins straight, les lames sont aussi rouillées qu’avant, les chaînes de vélo restent bien en évidence, au cas où. J’pense que tous ces enculés auront compris cette fois. J’pense qu’y z'auront pigé qu’on est pas là pour rigoler.

note       Publiée le samedi 24 novembre 2007

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Rastignac › mercredi 7 février 2018 - 18:31  message privé !  Rastignac est en ligne !
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Ca doit être mon préféré, et "usine à tubes" c'est pas démérité (ps : surtout, ici, à cause de notre pauvre Tony Hawk). Il passe encore plus "mal" après l'écoute toute fraiche du dernier Sterilize qui m'a vraiment, vraiment pas plu, comme l'avant-dernier. J'arrête fucking là !

boumbastik › vendredi 30 juin 2017 - 22:06  message privé !

Ce massacre... Le 19 octobre à Bordeaux. Ça va guincher.

Klarinetthor › mardi 14 juin 2016 - 21:02  message privé !

ca va etre ginorme a Paris aussi, le 18. apres 6 groupes pas des plus tendres en plus.

No background › mardi 14 juin 2016 - 11:59  message privé !

Clair que c'est une bonne brute le Vince Signorelli, il ne s'arrête jamais ! Bon concert Rastignac, en tout cas le 5 à Nîmes ils étaient en forme.

Note donnée au disque :       
Dioneo › samedi 11 juin 2016 - 15:20  message privé !
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Bwa, elle était facile... Je me rends compte que je ne connais pas cet Unsane là, sinon. Va falloir remédier.