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Therapy? › Infernal Love

cd • 11 titres • 48:42 min

  • 1Epilepsy
  • 2Stories
  • 3A Moment of clarity
  • 4Jude the obscene
  • 5Bowels of love
  • 6Misery
  • 7Bad mother
  • 8Me vs you
  • 9Loose
  • 10Diane [reprise de Hüsker Dü]
  • 1130 seconds

informations

line up

Andy Cairns (chant, guitare), Fyfe Ewing (batterie), Martin McCarrick (violoncelle), Michael McKeegan (basse)

chronique

Visez-moi un peu la tronche d’Andy Cairns sur la pochette. La première fois que j’ai vu l’album en rayon, j’ai cru qu’il s’agissait de Mike Patton, tout jeune couillon que j’étais. D’eux, je ne connaissais que Troublegum, et j’avais encore un long chemin à accomplir. Ce qui me fait chaud au cœur, c’est qu’au cours de ces sept années passées, rien n’a changé. A part « Loose » que je n’ai jamais pu saquer, j’aime toujours ce disque, je me sens toujours en phase avec lui, il me fait toujours un bien fou, me réconforte, un peu comme le meilleur pote que je n’ai jamais eu. Mais d’abord, avant toute décharge de sentiments exacerbés, impudiques et vomitifs, je tiens à préciser une chose avant d’entamer cette chronique : si vous faites partie des gens dits « de goût », c'est-à-dire ceux qui ont considéré Troublegum comme une trahison ou un plantage complet de la part du groupe, passez votre chemin car ce disque vous déplaira, à forte probabilité (disons 99,98 % de chances - oui j’aime les chiffres, je trouve ça sexy). Pour ma part, je suis fan de Therapy?, même s'ils m'ont déçu sur deux albums, et je vous emmerde. J’ai un profond respect mêlé à un sentiment d’amitié virile pour ce trio. Therapy?, c’est un vieux pote. Pas touche. J’aime leur simplicité, leur fougue, leur fraîcheur, la façon si juste qu’ils ont d’exprimer le désespoir de tous les jours teinté de mélancolie et d’égoïsme qui se terre en chacun de nous. Ils sont pour moi l’un des rares groupes rock indé des années 90 à avoir viré pop/rock à tendance FM sans perdre une once d’inspiration, et qu’importe le côté emo exacerbé qu’ils ont développé depuis Bubbleflou, chez eux ça passe comme du petit lait, alors que chez d’autres ça me ferait sans doute gerber. Therapy? est toujours resté Therapy? C'est-à-dire un groupe de lascars vrais et sincères, qui aiment peaufiner la recette tout en jouant simple, cartes sur table. Qu’importe cette horde de vieux rabat-joie puristes improvisés et tueurs de nostalgie qui voudrait sans l’avouer me gâcher le plaisir d’apprécier leur groove émotionnel. Infernal Love est un sacré putain de disque – en v’là de l’argument qui tue, hein mon Jeannot ? – un disque plein de sueur et de larmes sous son déodorant Hugo Boss dernier cri, un disque de trentenaires qui sont restés adolescents, naïfs, mais qui penchent du côté de l’adulte blasé et résigné, tiraillés entre le slow du teenager sensible implorant l’amour de toutes les femmes et la bastonnade machiste en réaction au désespoir. En façade, trois grands nigauds qui jouent les cakes avec leurs lunettes noires et leurs fausses moustaches. À l’intérieur, deux points d’interrogation qui forment un cœur. Des riffs et des ambiances tour à tour inspirés du post-punk, de la new wave, du grunge un peu, ou du rock FM, sans honte, mais toujours avec cette touche si personnelle, incomparable. Et la voix du père Cairns qui n’a jamais été aussi profonde et riche que sur cet album, jamais. Cet Amour Infernal suit en quelque sorte la voie tracée par Troublegum, en adoucissant le ton, mais en appuyant sur le sarcasme et la noirceur l’air de rien… et en ajoutant une bonne dose de spleen et de larmes, de pessimisme et de fausse mièvrerie, paumés quelque part entre la maturité émotionnelle du Père et les pleurs juvéniles du Fils. Une suite de ballades, de slows, de petites salves fougueuses et fraîches... mmmmh… miam. En reprenant « Diane » de Hüsker Dü (ballade bouleversante qui raconte explicitement l’histoire d’un viol suivi de meurtre, à moins que ce ne soit l’inverse) avec pour seul accompagnement à la voix possédée d’Andy le délicat violoncelle de la recrue Martin McCarrick, Therapy? lui donne un sens nouveau, une seconde jeunesse, une fraîcheur presque insolente. Douce et torturée en même temps, cette ballade sublime était vouée à ne jamais sortir de ma tête dès l’instant où je l’ai écoutée pour la première fois. Je pourrais remettre sur le tapis « Me vs You », d’abord lente et pesante, puis débridée, belle comme un lundi pluvieux… je pourrais remettre sur le billard « Stories », ou pour faire plus simple, la version émotionnelle de « Nowhere »… je pourrais remettre sur le tas « A Moment Of Clarity » et vous dire qu’il s’agit d’un slow poignant et unique, la plus belle et la plus incroyable ballade jamais composée par Therapy? : sous une nuit étoilée et secrètement incestueuse, c’est une femme et un homme se serrant l’un contre l’autre à en crever, s’embrassant langoureusement, un corps à corps en phase terminale sous une pluie de larmes chaudes… Je pourrais remettre sur la table « Bowels Of Love », la valse écorchée, « Misery », possédée, « Epilepsy » la déglinguée, « Jude The Obsene », prenante et juste, voire même « 30 Seconds », effrénée et secrète… mais ce ne serait finalement qu’une façon de trop en dire. Je me tais sur elles, laissant le soin aux désillusionistes professionnels de leur niquer une par une la tronche. Ce disque me met du baume au cœur à chaque fois que je le passe, ça en devient gênant : je me sens faible… Qu’importe. J’écoute « Diane » et je mime l’apprentie violoniste imaginaire qui jouait perchée au-dessus de mon balcon, dont je reluquais les dessous de jupons en cachette, avant qu’un jour, sans savoir pourquoi, l’envie de la faire tomber de son perchoir, de lui taillader les joues en sourire d’ange et de la violer sauvagement me prît. J’écoute « A Moment Of Clarity » et je chiale comme un con, en mimant la danse d’un nécrophile romantique et de son cadavre maquillé. Faut s’avouer sentimental et mièvre, de temps en temps, sans chercher à jouer les durs à cuire… on a toute notre putain de vie pour ça non ? J’suis pas pressé de commencer. A l’écoute de ce disque je retrouve le parfum de mes années collège, mes années ‘t’es encore puceau toi ?’, mes années d’insouciance, perdues au fond de cette fosse à purin qu’on nomme maturité. Peu importe la nostalgie qui me ronge les intestins, aujourd’hui me v’la adulte et Infernal Love n’a rien perdu de sa saveur, pas comme les VHS de Wes Craven ou mes premières compiles rock seventies qui sont devenus bien fades depuis… lui mettre 6/6 serait faire preuve de trop de faiblesse cependant. Je lui laisse donc un 5/6 qui me fend le cœur, admirez un peu le courage… Ouais, je l’aime cet album. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise de plus ?

note       Publiée le jeudi 22 novembre 2007

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Note moyenne        17 votes

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Lord Tom Envoyez un message privé àLord Tom

Oui Bad mother, Me vs you, 30 seconds et son refrain touchant...

Message édité le 07-05-2023 à 23:12 par Lord tom

GrahamBondSwing Envoyez un message privé àGrahamBondSwing

J'vois que ça parle de Therapy?, alors c'est une bonne excuse pour aller vérifier d'quoi on cause exactement : rock/metal alterno, petit FNM de poche ? Sur cet album il y a morceaux radio friendly (enfin la radio dans les 90's), pépère pour tracer sur l'autoroute et puis par moment des petites décalages, des ruptures (des croisés), des trucs pas forcément très catholiques pour les oreilles de monsieur tout le monde... Toute la fin de l'album est assez dingue (j'avais pas percuté que Diane était une reprise de HD).

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NevrOp4th Envoyez un message privé àNevrOp4th

happy people have no stories.

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saïmone Envoyez un message privé àsaïmone
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Merde je suis tombé sur Diane par hasard sur mon DD. C'est idiot, c'est comme mettre une mine antipersonnel sous son oreiller. Boom Headshot...

Mountain of Judgement Envoyez un message privé àMountain of Judgement

Surpris au début. J'étais fan de "Nurse" et "Troublegum". Et puis adhésion quasi immédiate. Je percevais pas ça comme "romantique". D'ailleurs, si on me l'avait dit ça m'aurait vexé je crois... mais il me nouait discrètement la gorge. Très bel album.

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