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Compilations - Bandes originales de films › Irréversible

cd • 16 titres • 72:53 min

  • 1Irréversible
  • 2Tempus Edax Rerum
  • 3Symphony n°9 in D major, Adagio
  • 4Rectum
  • 5Night Beats
  • 6Stress
  • 7Paris by Night
  • 8Outrage
  • 9Outrun
  • 10Spinal Scratch
  • 11Extra Dry
  • 12Désaccords
  • 13Ventura/Into the tunnel
  • 14Mon manège à moi
  • 15Symphony n°7 in A major Op. 92
  • 16The End

enregistrement

Janvier 2002.

line up

Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Thomas Bangalter (pistes 1 à 12 et piste 15) extraits de Beethoven (pistes 2 et 14), Etienne Daho (piste 13).

remarques

Le présent album est disponible dans toutes les éditions collector du film.

chronique

A la question « Daft Punk ont-ils leur place sur Guts ? » Je répondrai non a priori. « Et Thomas Bangalter alors ? » là je dirai oui, indéniablement. « Et pourquoi donc ? » eh bien tout d’abord parce qu’il a à son actif cette B.O. de Irréversible, mes chers petits. Avant toute chose, je tiens à préciser que je ne me lancerai pas dans l’éternel débat de savoir si ce film méritait une telle controverse, si tout cela n’était finalement qu’un grosse provoc’ pour rassasier le petit voyeur pervers qui se cache derrière chaque spectateur, si Monica Bellucci n’avait pas l’air de prendre son pied à un moment donné, là, juste à l’instant où son agresseur lui remet un petit coup de pine gratis dans la turbine à chocolat, si l’utilisation singulière de l’extincteur montrée dans le film n’allait pas causer une hausse des incendies et une recrudescence des traumatismes crâniens, etc etc… Non. Sachons rester sobres. Moi, ce qui m’a surtout marqué dans ce long-métrage de Gaspar Noé, c’est de prime abord la façon dont le bonhomme s’amusait à danser avec sa caméra, et, juste après, la fusion presque alchimique qui s’était faite entre les bandes électroniques de Bangalter et les images chaotiques filmées en DV. Une certaine façon de mettre la nausée en exergue. Tous ceux qui ont vu le film en salles sauront de quoi je parle, car on pourra toujours dire ce qu’on veut sur ce long-métrage, il faut avouer que ça en jetait méchamment dans l’image comme dans le son, et que depuis Gandrieux, les trips audiovisuels de ce genre fallait se lever tôt pour en trouver dans les salles obscures. Mais indépendamment des images, justement, que vaut donc cette B.O. ? Eh bien, elle est ma foi fort trippante, à condition de ne pas être allergique aux sonorités de Daft Punk (car l’ami Bangalter convoque les esprits de son duo envahisseur d’ondes pour deux-trois pièces dansantes dont la présence se justifie par le simple fait que dans le film, il y’a cette longue séquence de fête que Bangalter devait composer, un simple outil musical qui permettrait à Monica de remuer ses fesses en faisant sa célèbre moue de mérou). Je ne vous parlerai pas de la piste 14, je pense que vous avez des yeux et le cerveau qui va avec pour vous rendre compte que c’est assez fâcheux, oui, mais en même temps, la chanson est dans le film. Ce qui est bien avec cette bande originale (respectant la chronologie initiale inversée des images) c’est qu’on peut en quelque sorte revivre le métrage en l’écoutant, car tout comme lui, elle commence sous de sombres auspices pour s’achever dans la lumière aveuglante du jour. Un decrescendo. Une descente en remontée (ou une remontée en descente, blablabla). Tout comme le film, elle est, à sa manière, belle et putassière en même temps, et, tout comme le film, elle a ses moments de pur trip morbide et ses rares moments de mièvrerie. Pour faire simple : exception faite des deux thèmes classiques de tonton Wolfgang, aussi magistraux que célèbres (notez tout de même que l’adagio de la neuvième en D majeur a été retravaillé façon ambient par Bangalter), la majeure partie de la B.O. est purement sombre et/ou flippée, et le reste est aux antipodes. 3/4 electro cheap à la Carpenter/Goblin versus house carbonisée de partout, 1/4 house FM (mais bien plus buvable que du David Guetta, rassurez-vous). C’est aussi simple que ça. Le premier titre n’est autre que le thème éponyme du film, crade et vil : un vieux beat à reverb tout droit sorti des années 80, une mélodie malsaine, le tout monté avec un synthé que je qualifierai d’ignoblement visqueux, dans le même esprit que ce qu’on pu commettre les Goblin en leur temps mais avec les moyens d’aujourd’hui. « Tempus Edax Rerum » est le générique du film, une suite percussive basique qui se contente de marquer un tempo inquisiteur et pesant, après une courte intro façon vieux film d’épouvante. Avec « Rectum », on a l’impression de nager dans le ventre d’un cachalot malade, ou d’être prisonnier d’une centrale nucléaire en état d’explosion imminente : cette ambiance grondante, angoissante ; un vortex moite qui tangue, le flux étouffant qui monte et descends sans cesse, disparaît, réapparaît, lancine et vous file la nausée (si vous avez vu le film, ce titre est celui utilisé pendant la séquence de descente dans le club homo)… pour ma part cette piste est tout simplement la meilleure pièce du lot, elle me rappelle à sa façon l’ambiance du « Il y a » de Programme : quelque chose de létal et d’oppressant. « Night Beats » voit enfin l’apparition des pures sonorités Daft Punk que Bangalter recycle pour en faire quelque chose de terriblement addictif et lobotomisant, « Paris By Night », fluide et prenant, « Stress », tout aussi délectable, envoûtant, « Outrage », sorte d’instrumental façon Daft P. speedé à mort, qui nous entraîne dans un tourbillon infernal… « Outrun » est la piste qui marque le passage vers l’éclaircie, l’autre côté du miroir, quand à « Désaccords » et « The End », elles sont tout aussi recommandables pour se vriller les synapses à l’ombre des tunnels… Pour résumer, la B.O. d’Irréversible, c’est ça : 60% de pistes synthétiques sombres et répétitives, 20% de techno/house pure, 15% de classique et 5% de variété façon salsifis. Avis aux amateurs… Maintenant, à la question qui vous brûle les lèvres « Etienne Daho a-t-il sa place sur Guts ? », je répondrai aussi oui, mais juste pour cette fois (faut pas déconner non plus).

note       Publiée le dimanche 18 novembre 2007

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notes

Note moyenne        9 votes

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Dead26 › lundi 20 février 2017 - 08:57  message privé !

Le film, ben le film... Il est bien filmé mais c'est tout. La musique c'est une autre affaire. J'aime bien la transition entres les morceaux. Le genre de bo qui passe bien en fin de soirée après moult abus. Un cd qui a un ptit goût de reviens-y repart là bas...

Note donnée au disque :       
Maz_ouT › vendredi 7 novembre 2008 - 15:00  message privé !

Pendant plus d'un an je me suis passé ce disque en buvant quelques drinks en solo avant de sortir avec mes potes qui n'auraient jamais acceptés une telle noirceur un samedi soir. Je me suis donc fait plaisir en balancant le son à fond sans aucune compréhension pour les voisins qui pouvaient me remercier de passer mes soirées ailleurs que dans leur trou sic...ca remut bien les tripes et pour Daho je trouve qu'il a sa cohérence la dedans mais on ne le réveillera plus, promis!

Note donnée au disque :       
Damodafoca › lundi 3 décembre 2007 - 00:02  message privé !
Moi, je dis ca, je dis rien, mais le live de daft Punk qui vient de sortir, il passe comme papa dans maman. Du coup je me replonge copieusement dans ce que j'ai raté et qui semble ratatrapable chez ce groupe que j'ai copieusement évité depuis 2000. Homewrok reste un classique!
Wotzenknecht › vendredi 23 novembre 2007 - 22:56  message privé !
avatar
mais ils ne recrutent que pour du métal... je n'ai aucune chance
empreznor › vendredi 23 novembre 2007 - 22:47  message privé !
tu peux pas test la noirceur de bangalteur, avant de critiquer, deviens chroniqueur.