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Annexus Quam › Beziehungen

cd • 4 titres • 40:09 min

  • 1Trobluhs El Ë Isch
  • 2Leyenburg 1
  • 3Dreh Dich Nicht Um
  • 4Leyenburg 2

enregistrement

Enregistré au Studio Dierks, Stommeln, Allemagne, Mai 1972. - Ingé-son : Dieter Dierks - Produit par Rolk-Ulrich Kaiser

line up

Martin Habenicht (basse, contrebasse), Ove Volquartz (saxophones ténor et soprano, flûte), Hans Kämper (trombone, guitare acoustique espagnole, flûte de pan), Harald Klemm (cithare électrique, tablas, echo de guitare, boîte de conserves, bruits d'eau), Roland Schaeffer (guitare, basse, voix, saxophone, vibraphone), Peter Werner (guitare électrique, percussions)

remarques

Illustration par Peter Geitner - La réédition vynil de 2008 sur Wah Wah Musik contient le titre "Kollodium" en bonus

chronique

Styles
jazz
krautrock
Styles personnels
kosmische musik / improvisation planante

Il y a des disques qui s'écoutent. D'autres qui se subissent. Certains, enfin, se parcourent, nous laissent errer à loisir dans leur vaste étendue sonore. Le deuxième et dernier disque d'Annexus Quam fait partie de ceux-là. C'est un de ces innombrables trésors cachés du Krautrock que je me fais un plaisir de partager avec vous... Enfin, cachés... Pas tant que ça, puisque le nom du label et l'année 72 devraient commencer à mettre la puce à l'OHReille aux Kraut-diggers, tous les jours plus nombreux en ces années de redécouverte massive. Sorti 2 ans après Osmose, ce Beziehungen (qui veut dire relations en allemand, on reste dans le même trip, puisque Annexus Quam signifie "regroupons-nous" en latin) lui est largement supérieur, contrairement à ce que la réputation d'Osmose laisserait présager. La pochette donne le ton : ceci est un voyage cosmique aux confins de la galaxie, aux frontières du rock planant... Improvisation et écriture s'interpénètrent, tout comme Jazz et Rock, pour former l'un des albums les plus mystiques et oniriques qu'il m'ait jamais été donné d'entendre. Beziehungen est un rêve, un rêve de ciel et de feu, de mélancolie sur la route de Zanarkand, de fumée bleutée s'échappant d'un narguilé sous une aurore boréale... L'intro captive et ébahit, ode aux sirènes des profondeurs que tous les amoureux de saxophone résonnant dans l'espace ne pourront que se passer en boucle. Leyenburg, le plat de résistance, semble un réveil alangui après ce songe bleuté. Les instruments, privés de leur halo, s'étirent et baillent dans la pièce, sans rythme, en une longue impro jazz d'une décontraction absolue, au milieu de laquelle on se balade à notre guise. La face B s'ouvre sur une pièce intitulée "ne te retourne pas", longue caravane ondulant comme une procession de crotales sur les dunes glacées du Sahara nocturne. On retrouve notre rêve berçant, puis une impro purement expérimentale au milieu, avant de rebasculer dans cet onirisme d'une beauté suprême, aux motifs mélodiques captivants. Puis Leyenburg revient fermer la marche avec quelques bénédictions du saxophone groggy. L'inédit "Kollodium" présent sur la réédition 2008, bien dans l'esprit de Beziehungen bien que datant des sessions d'Osmose, permet de mesurer le chemin parcouru par le groupe. De formation "planante" ouvertement défoncée, ils sont passé à un hybride fascinant de jazz et de rock évanescent, au jeu extra-terrestre, dépourvu de tempo, de thème mélodique, de synthés, seulement constitué de petites touches impressionnistes, à des lieues du jazz fusion qui était en train de prendre forme. Si c'est un bonheur de tomber sur de telles perles, on ne peut que regretter qu'il s'agisse de l'épitaphe d'Annexus Quam, sublimes incompris artisans d'une musique primitive et d'une douceur rare pour une œuvre aussi expérimentale. Un gros 5/6 à conseiller absolument à quiconque s'intéresse à l'impro.

note       Publiée le jeudi 11 février 2010

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snooky › jeudi 20 janvier 2011 - 06:04  message privé !

Prolifique année 70 qui donnera naissance à une contre culture musicale, un courant issu d'Allemagne que les anglo saxons péjorativement appelleront le "krautrock", rock choucroute; pépinière d'artistes aux noms bizarres, Popol Vuh, Faust,Can, Tangerine Dream, klaus Schulze, Amon DuulII, Ash Ra Tempel, Floh de Cologne, Agitation Free et j'en passe, foisonnants d'idées neuves et terriblement novatrices. Annexus Quam fait partie de ceux là et Beziehungen est leur deuxième et dernier album. Savant mélange de jazz et de rock planant, Annexus Quam manie l'improvisation comme personne.Point ou peu de ligne mélodique mais juste quelques souffles( le saxo très sensuel d'Ove Volquartz), quelques plaintes sonores.Très expérimental et incandescente, quelquefois à la limite du free, cette musique là étonne par son audace et ses concepts très novateurs.Une vraie pépite même si , de mon point de vue, légérement inférieur à Osmose, le premier.

Note donnée au disque :       
Grandgousier › vendredi 12 février 2010 - 01:55  message privé !

Ça fait un petit bout de temps que ce groupe est sur ma liste. Par contre ta chro me donne plus envie de commencer par Osmose bizarrement.

Uhu › jeudi 11 février 2010 - 15:48  message privé !

J'avais jeté une oreille sur "Osmose" qui ne m'avait pas marqué, ta chronique me donne envie de redonner une chance à Annexus Quam

born to gulo › jeudi 11 février 2010 - 10:02  message privé !

zaNarkand, c'est fait exprès ?