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Neurosis › Given to the rising

cd • 10 titres • 70:48 min

  • 1Given to the rising8:55
  • 2Fear and sickness7:13
  • 3To the wind7:37
  • 4At the end of the road8:25
  • 5Shadow2:26
  • 6Hidden faces5:33
  • 7Water is not enough7:03
  • 8Distill (watching the swarm)9:13
  • 9Nine2:28
  • 10Origin11:48

enregistrement

Electrical audio, Chicago. Enregistré par Steve Albini.

line up

Dave Edwardson (basse), Josh Graham (media visuel), Scott Kelly (guitare, chant), Jason Roeder (batterie), Steve Von Till (guitare, chant), Noah Landis (organ, piano, samples, atmosphères).

remarques

chronique

Styles
hardcore
post-hardcore
metal extrême
rock
Styles personnels
neurot addiction

Vingt ans. vingt ans déjà que la bande de Steve Von Till torture nos esprits et lave nos tourments dans sa fabuleuse machine à explosions soniques orgasmiques et libératoires. Des débuts punk hardcore aux déferlantes apocalyptiques douloureusement jouissives de "Enemy of the sun" et de "Times of grace" en passant par les réminiscences aux accents plus progressif et folk de "A sun that never sets" et "The eye of every storm", Neurosis a, au fil des années, gagner le statut d'un groupe hautement estimé grâce à son attitude exemplaire et surtout l'énorme qualité de ses productions qui, depuis "Souls At zero", se révèlent toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Sur "Given to the rising", Neurosis continue de dicter sa loi pour les pauvres mortels que nous sommes et persévère dans sa quête imperturbable à la recherche de sensations toujours plus fortes. Toutefois, en examinant bien ce nouvel album, on peut dire sans trop se tromper que "Given to the rising" ne constitue pas vraiment une percée vers de nouveaux horizons mais plutôt une sorte de synthèse globale de l'œuvre des Californiens. Neurosis renoue ainsi sur la majeure partie de l'album avec la violence oubliée de leurs efforts des années 1990, violence concrétisée par une omniprésence de ce chant hurlé si caractéristique et la construction de murs soniques et de riffs d'une lourdeur quasi-implacable. Le passé resurgit également par l'intermédiaire des intermèdes "Shadow" et "Nine" qui semblent tout droit sortis de l'époque "Through silver in blood". Sur la fin de l'album, les titres "Distill" et "Origin" font quant à eux plutôt référence à une période plus récente (couverte par les albums "A sun that never sets" et "The eye of every storm"). Mais, soyons clair, à aucun moment la sauce ne sent le réchauffé, car comme toujours, l'engrenage "neurosisien" est imparable. Et une fois la porte franchie — ce qui constitue l'étape la plus difficile — pas de retour possible en arrière, car Neurosis est définitivement un des groupes les plus puissants et entêtants qui soit. Puissant de par la violence et la rage de son expression instrumentale et vocale. Puissant de par la force, la noirceur et l'extrême raffinement de ses atmosphères et mélodies. Puissant de par l'intelligence de construction de ses compositions, riches et palpitantes. Depuis longtemps, Neurosis est passé maître dans l'art de la conception de textures sonores hyper travaillées et émouvantes, dans l'utilisation de hurlements déchirants d'une bouleversante justesse. Qui peut résister à la puissance dévastatrice et rageuse d'un "To the wind" et d'un "At the end of the road" ? Qui peut résister à la déferlante sonique d'un "Hidden faces" ou d'un "Water is not enough" ? Qui peut encaisser sans frissonner la décharge émotionnelle délivrée sur un "Distill" ou un "Origin" ? Sur "Given to the rising" Neurosis nous livre vingt années de savoir faire. Un savoir faire unique... Les amis, réjouissez-vous : Neurosis est toujours là, bel et bien présent, et ce plus que jamais...

note       Publiée le vendredi 20 juillet 2007

chronique

Styles
hardcore
post-hardcore
metal extrême
rock
Styles personnels
post neurosis

Tout a commencé il y un peu plus de trente ans ans par une tumeur, une douleur maligne qui torture l’esprit et que l’on combat à l’instinct, en transformant le verbe en loi. Puis la furie hardcore cède le pas à une gravité d’évangile apocryphe relatant une fin du monde imminente. Le quintette de Oakland en devient le prophète, constatant la déchéance de l’Homme et la domination éternelle de la nature. L’Homme devient ainsi l’adversaire de l’astre brûlant qui gouverne sa propre existence et le discours musical et eschatologique prend une nouvelle dimension, angoissante et implacable. Parce qu’ils refusent la perdition, les prophètes s’embarquent dans une quête de rédemption tels l’alchimiste et son athanor qui accueillent inlassablement sang et métaux précieux. La récompense au bout de ce périple douloureux, la grâce, celle qui libère en invoquant les craintes pour les jeter au loin vers une souveraineté en symbiose totale avec les éléments. Transfigurés, les pèlerins assistent au couronnement d’un soleil qui jamais ne s’éteint et se retrouvent au cœur même de la tempête où tout a commencé. Plus fort que jamais, le discours autrefois sublimé des prophètes devient un manifeste intime d’hommes conscients de leur fragilité et de leurs liens indéfectibles avec l’univers. La nouvelle ascension de Neurosis les rapproche encore plus de cette humanité. "Given To the Rising" renouvelle les territoires explorés ces dernières années par le quintette à l’image des cycles perpétuels qu’il illustre avec génie depuis "Souls At Zero". Un renouvellement qui n’empêche pas un retour aux sources, un recours à des réminiscences du style Neurosis tout en évitant l’écueil de l’habillage factice. Les arrangements psychédéliques, l’influence drone et post rock, les touches shoegaze voire noisy proches d’un Sonic Youth ("Fear and Sickness") s’inscrivent dans une logique d’évolution évidente et la dynamique écrasante typique, ici plus aérienne, demeure toujours aussi galvanisante ("Hidden Faces", "Water Is Not Enough"). L’aura de l’album est d’autant plus palpable que le travail mélodique et harmonique est extraordinaire, varié et porteur d’émotions plurielles selon un subtil mariage de pièces brutes, directes et d’arrangements atmosphériques qui participent à l’adhésion de la démarche du groupe telle qu’elle fut accueillie à l’époque de "Times of Grace". La capacité de Neurosis à terminer ses albums de manière magistrale n’est plus à prouver, et cette fois c’est "Origin" qui s’y colle avec son cortège de mélodies et d’arpèges dépouillés et bouleversants en prélude d’un final "sabbathien" superbe. "Given To the Rising" ou le témoignage profondément humain d’un des groupes les plus entiers et intègres au sommet de son art. Chef-d’œuvre absolu, rien de moins. (chronique parue à l'origine dans Noise Magazine n°1, av/mai 2007)

note       Publiée le jeudi 12 novembre 2020

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Note moyenne        67 votes

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Coltranophile › samedi 14 novembre 2020 - 10:01  message privé !

@Raven. Danse Macabre ou La Servante au Grand Cœur, au choix.

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Cinabre › samedi 14 novembre 2020 - 00:39  message privé !

Exquis, je vous dis! Surréaliste tellement c'est beau!

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Raven › samedi 14 novembre 2020 - 00:16  message privé !
avatar

"Un cadavre"... ça n'a pas ce besoin de faire des phrases, déjà. Alors si en plus il sent bon... Il me rappelle un peu un poème de Beaudelaire ce Neuro, merci Coltrano.

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surimi-sans-mayo › vendredi 13 novembre 2020 - 22:05  message privé !

Vous boudez parce qu'ils n'ont pas sorti d'album ambient jumelé à celui-ci et que par conséquent vous n'avez pas pu rentabiliser l'achat de vos 5 chaines hi-fi.

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Coltranophile › vendredi 13 novembre 2020 - 19:14  message privé !

Un cadavre qui sent bon. On le présenterait presque à ses parents. Sa compagnie n'est pas rebutante. Ça reste un cadavre.

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