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Autechre › Untilted
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Sean Booth, Rob Brown
chronique
Il y a deux avantages à écrire sur Autechre : le premier c'est que leur son est devenu si autarcique que je n'aurai pas à me creuser pour chercher des comparaisons avec d'autres groupes, et le second c'est que leur musique est si complexe à dévoiler que je peux plus facilement vous en parler à travers des propos sur l'architecture, l'inconscient ou les cabines d'ascenseurs qu'à travers des discours purement musicaux. En l'occurence, pour "Untilted", huitième LP, il sera question de grammaire, d'égouts et d'orbites planétaires. Et la grammaire, c'est ce qui surprend le plus dès LCC : les rythmiques violentes et répétitives abandonnées vers Chiastic Slide semblent de retour. On a presque envie de se secouer sur tous les 'clac-clac-clac' qui nous harcèlent à une vitesse folle, tout en se demandant où ils veulent en venir. Et là, surprise dès la troisième minute : le morceau n'est du tout le même. Alors que l'on commençait à s'habituer à l'aspect malléable de leurs découpages rythmiques, Ae nous impose une nouvelle syntaxe : celle de la coupure nette. Les morceaux sont non seulement dur à intégrer mais ils sont tous séparés en parties distinctes, ayant la même banque de sons mais assemblés différemment, comme le modèle alternatif Lego que l'on voit à l'arrière des boites. L'effort est rude pour intégrer ces nouveaux éléments d'autant que les nappes sont ici peu présentes ou coupé en tranches, laissant aux rythmiques atonales et protéiformes la responsabilité de la cohérence musicale. Deux longues pièces sont ainsi presque uniquement remplis de beats : Ipacial Section et Augmatic Disport. La réussite est complète, les deux titres semblent d'abord parfaitement hermétiques puis à la longue donnent à voir la beauté presque poétique de ce langage unique. Pour ce qui est des orbites planétaires, il suffit de voir comment Augmatic Disport voit son rythme d'abord extrêmement rapide et mécanique s'emmêler sur lui-même puis arriver à un point où tout concorde (vers la sixième minute), telles des planètes formant une éclipse avant de se rouvrir pour laisser place à... du 4/4. Belle démonstration de force. Les amateurs des sons "balle de ping-pong dans un ascenseur" se raviront de Iera. Pro Radii, le titre concernant les égouts, semble prendre place dans une petite pièce perdue à des kilomètres sous terre, où se meuvent foule inhospitalière et chauves-souris mécaniques. Fermium et The Trees restent sur les acquis du duo, sûrs et évanescents, sans surprise. On attend beaucoup de Sublimit en voyant sa durée (le plus long titre de la discographie du groupe si l'on exclut les collaborations avec The Hafler Trio) et s'il ne déçoit pas, on conçoit qu'il aurait pu être plus surprenant. Il s'agit surtout d'un brassage de l'ensemble du savoir d'Ae : rentre-dedans, syncopes, mélodies hachées, rythmes jamais en place... dévoilé en trois parties, de la plus rapide à la plus ambiante. C'est la troisième qui me semble la plus réussie (et la plus longue puisqu'elle démarre vers la septième minute) puis qu'allègrement minimale et subtile. Elle montre tout le talent mis en oeuvre pour donner vie à tous ces grincements, bips et bruits subaquatiques, à la croisée d'Overand et Reniform Puls. On est pas loin de Fennesz (ah ça y est, j'ai fait une comparaison !) ou Etant Donnés (dans un autre registre je vous l'accorde) sur ces dernières minutes d'Untilted. Que retenir finalement ? Ae nous surprend encore, sans toutefois nous bouleverser. Ils avancent, lentement mais sûrement.
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Note moyenne 14 votes
commentaires
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- Le Gnomonique › Envoyez un message privé à Le Gnomonique
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Celui-là ne fait pas dans la séduction et distribue les tartes dès les premières secondes. Disque ingrat et minimal, sons épais et parfois paresseux, comme pour nous dire « c’est pas dans le détail que ça se passe ». Alors on dézoome et effectivement, Untilted est un album aux structures évolutives, presque narratives, peut-être plus intéressant que beau, mais qui compte aussi d’authentiques réussites comme l’excellent Pro Radii.
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saïmone
› Envoyez un message privé à saïmone
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Y'a qu'un robot pour pas aimer Greg Egan (oooops)
- bubble › Envoyez un message privé à bubble
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j'adore Greg Egan !
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saïmone
› Envoyez un message privé à saïmone
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S'il ne devait en rester qu'un ? Bon, heureusement c'est pas le cas. à écouter en lisant Diaspora de Greg Egan, on rigole bien
- Seijitsu › Envoyez un message privé à Seijitsu
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Il est pas loin d'être imbuvable par moment celui-là malgré ses moments de grâce effarants. C'est un peu leur album prog.
