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Nina Hagen Band › Nina Hagen Band
- 1978 • CBS records CBS 83 136 • 1 LP 33 tours
- 1985 • Columbia records CDCOL 83136 • 1 CD
cd • 11 titres
- 1TV-Glotzer (white punks on dope) [reprise de The Tubes]
- 2Rangehn
- 3Unbeschreiblich
- 4Auf'm Bahnhof Zoo
- 5Naturträne
- 6Superboy
- 7Heiss
- 8Fisch im Wasser
- 9Auf'm Friedhof
- 10Der Spinner
- 11Pank
extraits vidéo
informations
Produit par Nina Hagen & Tom Müller - Arrangé par Nina Hagen
line up
Nina Hagen (chant), Manfred Praeker (basse, chant), Bernhard Potschka (guitare, chant), Reinhold Heil (clavier, piano, chant), Herwig Mitteregger (batterie)
chronique
C'est en 1978 que le Nina Hagen Band livre son premier opus...A sa tête, une jeune demoiselle déjantée aux capacités vocales de cantatrice, exilée d'Europe de l'Est et qui a découvert le punk à Londres. La musique du quintet est très particulière tant ses influences sont diverses, du classique au reggae en passant par la pop ou le rock; elle puise d'ailleurs dans des arrangements assez convenus: piano boogie, soli de guitare très rock, tempi groovy, presque disco parfois...C'est véritablement la voix de Nina Hagen qui donne au tout cette coloration si folle. En réalité, je devrais dire 'ces' colorations tant sa palette vocale est large. On passe ainsi de vocaux rocailleux sur 'Auf'm Bahnof Zoo' aux vocalises classiques haut perchés de 'Naturträne', en passant par des phases plus normales sur 'Superboy' ou hurlés sur 'Auf'm Friedhof'. Cette manière d'interpréter est à la fois le point fort et le point faible tant elle peut séduire ou agacer prodigieusement. Il est certains que les atmosphères très différentes d'un titre à l'autre n'aident pas, le groupe s'essayant au reggae (la rythmique de 'Heiss'), au punk rock ('Pank'), à une sorte de mélange gospelo-classique très particulier ('Fisch im Wasser'), sans oublier le rock traditionnel ou des touches new wave expérimentales ('Auf'm Friedhof'). L'exécution impeccable, bien que peu originale, des musiciens permet cette fusion contre-nature d'éléments disparates et débouche sur de belles pièces comme 'Auf'm Friedhof', 'TV-Glotzer', 'Auf'm Bahnhof Zoo' ou 'Rank'. Pas évident pourtant de se situer, passée la surprise de la première écoute, on aime ou pas les sonorités bizarres d'un album qui a certes vieilli mais qui reste selon moi un point particulier dans l'histoire du post-punk.
chronique
Il est 10 heures du mat', et vous avez les boules parce qu'une bande de néo-fascistes sournoisement déguisés en ouvriers de la DDE a décidé se s'éclater à jammer à grand coups de marteau-piqueurs et de bétonneuse (non, pas les Faust, seulement la DDE), histoire de vous réveiller un bon coup... La mine enfarinée, vous mettez sur la platine le premier Nina Hagen à fond les ballons. C'est sur lui que vous comptiez pour vous réveiller, sur la voix hirsute de Nina crachée dans vos oreilles pour vous remettre d'aplomb, et pas sur cette gestapo du sommeil en orange fluo. Mais qu'a cela ne tienne, vous allez leur inculquer les bonnes manières. "TV-Glotzer" (obscure reprise de « White punks on dope » des Tubes) démarre, potards dans le rouge. Tiens, d'ailleurs, vous n'avez pas envie de l'allumer aujourd'hui, la TV. Vous laissez le pseudo punk rock joué par des hardos de pub ringard (fuck, des punks à cheveux longs et moustache, c'est comme du poisson pas frais) vous laver les oreilles, tandis que la Hagen hurle comme si ce premier album était son dernier. Et c'est probablement ce qu'elle doit penser, elle qui se retrouve dotée d'un son digne d'Alice Cooper, alors qu'il y a quelque mois elle était encore coincée dans Berlin-est, avant que la Stasi ne l'expédie comme un colis piégé à l'ouest. Voulaient-ils porter le coup de grâce à l'occident capitaliste en lui envoyant cette harpie ? Virée sans ménagement donc, en 76, pour « attitude antisociale », elle en profitera pour fricoter, non pas avec Trust, mais avec les Slits et les Sex Pistols (finalement les fentes et les pistolets sexuels, ça peut s’entendre non ?), ce qui pose aussi la question : Siouxsie a-t-elle pris des cours au près de la Hagen ? Déboulant à 200 à l'heure avec ce premier disque qui envoie plus de colère que tout le mouvement punk anglais (Johnny Rotten pouvait retourner à sa collection de Van Der Graaf Generator), Hagen semble avoir passé ses 20 premières années en RDA à chuchoter et à se cacher tant elle s'époumone… Bon, je vous fais le topo en gros, Nina Hagen ça pète tout. Les 3 premiers titres atomisent la concurrence, le reste est presque superflu. "Rangehn" donnerait des envies de pogo à Miterrand et Helmut Kol alors qu'Unbeschreiblich (ah l'allemand, que de 4/20 n'ai je eu grace a cette langue si subtile), beau comme un carambolage de stock-car, restitue à merveille l'atmosphère déglinguée du Berlin de la guerre froide, et de la débandade mondiale de la fin des 70’s. Nina Hagen était un peu aux punks anglais ce que Lilith était à Adam, c'est à dire, l'élément dissonant, qui vient foutre le bordel... Alors, si les critiques de l'époque n'y comprennent rien, et préfèrent les têtes de gondole destroy genre Richard Hell, inutile de rappeler que Björk et Madonna, elles, en resteront sur leur petit cul potelé, et prendront un peu les armes grace à Tati Nina, tandis qu'aujourd'hui elle fait des reprises de Rammstein avec Apocalyptica pour pouvoir becter. Monde de merde. Sheisse Welt tiens ! Nina Hagen, plus qu'une égérie du punk qu'elle a par ailleurs pris par les couilles, reste encore 30 ans après une sorte de concept. Il faudrait aujourd'hui qu'une Iranienne s'échappe du pays après avoir dessoudé un ou deux mollahs en leur faisant bouffer sa burka, et fonde un groupe genre Rockbitch avec une imagerie à la RATM pour avoir une idée du choc. Au lieu de ça, on a Tokyo Hotel, Linkin Park, et peut-être bientôt Pyong-Yang Gymnase, qui sait. Reste ce brûlot incandescent qui marque le point de départ d'une carrière en dents de scie, qui n'est pourtant pas avare de bons moments, mais toujours dans l'excès. C'est d'ailleurs après la fin de l'excessivement intense, "Naturträne" mélangeant Opera et rock bave aux lèvres à la "I Want You" des Beatles que, ne prenant même pas la peine d'écouter la face B, vous descendez dans la rue et commencez à frapper au hasard. Doté de superpouvoirs, vous brûlez dans la journée toutes les églises, mosquées, synagogues et autres bourse de New York de la planète et rendez ainsi la paix dans le monde. Il faudra attendre "Surfer Rosa" ou a la rigueur les Bad Brains pour trouver skeud plus défoulant…
Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...
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Dioneo
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Ah, Berlin de mon côté je ne l'écoute pas souvent non-plus - mais pas parce que je ne l'aime pas, plutôt parce que je ne suis pas toujours d'attaque pour supporter son côté sordide-sentimental, son côté affreuse histoire un peu trop bien racontée. Mais oui, c'est un sacré truc pour/malgré ça, c'est certain.
- Indusfreak › Envoyez un message privé à Indusfreak
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D'office, c'est la sensibilité retorse de Lou, entendons-nous bien, on le connaît et c'est pour ça qu'on l'apprécie aussi, une petite frape séductrice qu'on arrive pas à détester parce qu'il sait nous parler à l'oreille, enfin ce petit côté pervers qui te susurres des mots faussement gentils. C'est vrai que Berlin est plutôt désespéré, en bout de course ou fin de siècle (?) que potache. Je ne l'écoute pas souvent d'ailleurs, juste le souvenir d'un album que j'ai beaucoup écouté, qui a marqué une période de ma vie et qui est là bien planté dans un coin de ma tête.
Message édité le 13-05-2026 à 18:16 par Indusfreak
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Dioneo
› Envoyez un message privé à Dioneo
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C'est aussi un disque de méchant connard, hein, "sensibilité" ou pas ! Mais comme pas mal des meilleurs (et des... pas meilleurs) disques de Loulou peuvent l'être. Après oui, je trouve que ce Nina n'a pas grand-chose à voir avec, c'est vrai - même si Berlin flirte fréquemment avec le kitsch, il l'évite toujours de justesse, à mon sens, ou il parvient à en faire un truc vraiment... Bah insidieux, oui, c'est le mot en effet, à la fois brillant et horrible (dans ce qu'il raconte, communique...). D'un autre côté, si le Nina Hagen Band l'embrasse complètement, ici, ledit kitsch, je trouve que c'est pour en faire bien plus qu'une simple blague ou étalage de mauvais goût. Il y a de l'humour là-dedans mais pas au sens moquerie/parodie, on n'est pas chez Martin Circus ou Odeur. Alors que bon, de l'humour dans Berlin... Il n'en est guère question. (Et encore une fois je ne dis pas ça comme un reproche... Juste qu'en effet, rien que ça contribue à ce que ce ne soient pas des disques qui chez moi "sonnent la même cloche"... En passant cependant, je ne dis pas, ça ne veut pas dire que j'impose "humour" et "sensibilité" justement, pour moi ça n'a vraiment rien d'un compatible).
Message édité le 13-05-2026 à 18:31 par dioneo
- Indusfreak › Envoyez un message privé à Indusfreak
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Ah non, non et non... Incomparable pour moi. Du moins pas dans la forme. "Berlin" est tout en retenue, délicatesse, il est long en bouche. C'est un album immense de sensibilité contenue. Il est insidieux aussi comme beaucoup de choses qu'à faites Lou Reed, si on parle bien du même disque.
- Coltranophile › Envoyez un message privé à Coltranophile
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Vos échanges me l'ont fait réécouter. Je devrais même dire écouter car je n'en avais aucun souvenir- passé complètement à coté à l'époque du à mon coté sectaire Jazzeux. Ben, je le trouve assez formidable. Alors oui, elle en fait des tonnes mais il est clair qu'elle joue avec des codes et sans tomber dans le pur clin d'oeil aux avertis. Faudrait pas oublier que la culture musicale d'Outre-Rhin a été marquée par le Schlager (frissons et pas les bons). "Der Spinner", c'est presque du prog en bien. Quelque part, sans l'aspect "disque à thème", il me rappelle un peu le "Berlin" de qui on sait.
