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Deftones › Saturday Night Wrist
- 2006 • Maverick records 9362-49346-2 • 1 CD
cd • 12 titres • 50:30 min
- 1Hole In The Earth4:09
- 2Rapture3:25
- 3Beware6:00
- 4Cherry Waves5:17
- 5Mein3:59
- 6U U D D L R L R A B SELECT START4:12 [The Konami Kode]
- 7Xerces3:42
- 8Rats!Rats!Rats!4:00
- 9Pink Cellphone3:54
- 10Combat4:46
- 11Kimdracula3:15
- 12Rivière3:45
informations
Produit par Bob Ezrin , Deftones - Production des voix et production additionnele par Shaun Lopez - Mixé par Ryan Williams - Enregistré par Brian Humphrey, Brian Virtue (ingés-son) et par Jon Johnston (batterie sur la 3) - Masterisé par Howie Weinberg
line up
Stephen Carpenter (cordes), Chi Cheng (Basse), Abe Cunningham (batterie), Frank Delgado (claviers, sampler), Chino Moreno (Guitares, voix)
Musiciens additionnels : Annie Hardy (voix sur la 9), Serj Tankian (voix sur la 5), Rick Verrett (composition sur la 7), Shaun Lopez (composition sur la 5)
chronique
Un nouveau Deftones, c’est un peu toujours la même chose… On les attend au tournant, on se demande quel sera le prochain artwork incompréhensible, on cherche a les prendre en défaut… Et finalement, à chaque fois, rien n’y fait : les Deftones restent encore et toujours en marge du mouvement « neo » - aujourd’hui raide mort - qu’ils ont pourtant popularisé, à l’heure ou Korn se cherche une crédibilité classic rock en reprenant « Creep » de Radiohead (Ils peuvent la garder, Radiohead n’en veut plus) en faisant un MTV Unplugged (pas « In New York », non ils ont pas osé). Et donc ce nouveau Deftones, s’il décevra immanquablement ceux qui attendent un successeur à White Pony, a le mérite d’être là. Car il a bien failli ne pas exister. On ne va pas polémiquer sur le fait de savoir s’il efface ou non l’affront qu’à été le précédent disque pour certains, de toutes façons, il faut s’y résoudre : les Deftones sont les Deftones. Ils n’ont pas vraiment besoin de se renouveler pour ne pas lasser, vu à quel point leur musique résiste à l’épreuve du temps. Ne pas s’y tromper donc : si la pochette nous refait le coup du vinyle glam ressorti du grenier, il n’y a que peu d’incursions électroniques dans cet opus. Terry Date est remplacé par Bob Ezrin, et alors ? Peu de différences au final si ce n’est un son plus chaleureux, et des plans « à la Soundgarden ou Smashing » dixit le groupe... Si Dan The Automator, pressenti à l’origine, était resté aux manettes, là, peut-être… Donc, Bob Ezrin aux commandes. L’homme de « Berlin », de « The Wall », quand même ! On pouvait raisonnablement craindre une incompatibilité avec le groupe… Et ça n’a pas manqué. L’enregistrement de Saturday Night Wrist, peut être plus encore que celui de « Deftones », fut une véritable épreuve… Tout comme SOAD, les Deftones ont traversé une crise interne, qui, de leur propre aveu, a bien failli détruire le groupe. C’est le risque à prendre quand on devient un dinosaure du rock ! Ici, on a un cas de figure assez inédit : le chanteur qui refuse de chanter. Ezrin n’aura mis en boîte que des instrumentaux, avant que Chino retrouve soudain l’inspiration et commence à chanter… comme il n’a jamais chanté. Plus qu’un hamster, cette homme est un mystère ! Il n’y a qu’a entendre les perles absolues que sont « Cherry Waves », « Beware » ou l’immense « Xerces » pour comprendre : on est transporté dans un monde à part, ballotté par une houle sensuelle dans un océan de guitares lancinantes… Rien à dire, ils sont gros, ils ont des chaussettes frisant le racolage passif, mais qu’est ce qu’ils envoient ! Le seul problème, c’est que tout l’album n’est pas de ce niveau. Sur « Rapture » par exemple, le décalage chant/instrumental se fait un peu sentir… Les morceaux « rentre-dedans », a vrai dire, sont moins réussis, un peu en chien au sein d’un album plus rock, plus doux que d’accoutumée… Qui contient également son lot de bizarreries, telles « U,U,D,D,L,R,A,B,Select,Start », instrumental post-rock nommé d’après le fameux cheat code d’invincibilité des jeux Konami (les années 90, petit scarabée) ou encore un « Pink Cellphone » (encore un titre nostalgique…) qui rappelle Team Sleep de par la classe qu’il exsude littéralement... Il faut remercier Annie Hardy (Giant Drag), qui émoustille formidablement tout en citant la bible, avant de raconter des obscénités, sur fond de trip-hop caviar. Il y a aussi Serj Tankian… Qui chante une phrase (nulle, en plus). Des featurings qui ne masquent pas l’évidence : Saturday Night Wrist est la photographie d’un groupe en phase de dissolution (même si je pense, et souhaite, qu’ils continueront encore très longtemps), une bande de potes inséparables mais peu cohérents sur la durée d’un disque, et plus grave, sur la durée d’une chanson ! On sent un peu le remplissage par ci par là. Serge, viens chanter un bout sur notre chanson chiante, Annie, dit des conneries ici, et Chino… Chino… (soupir) Chino au final, chante de mieux en mieux, et ses lyrics et titres de chansons restent imperméables, comme autant de pied de nez au temps qui passe, alors que « Creep », et ben… Passé 17 ans, c’est dur. « I really wish these snakes were your arms », lance-t-il d’une voix éplorée sur “Kimdracula”. Autant que je sache, c’est eux qui auraient du marquer “Untouchables » sur leur pochette… Perfectibles, les Deftones, fatigués, peut-être. Mais indispensables, désormais. Rendez vous dans 10 ans pour le DVD « classic albums » de White Pony ?
chronique
"Tu es indulgent avec ce disque parce qu'il y a une nana sur la pochette", me rétorqua l'ami taquin, alors qu'un soir comme un autre nous devisions Deftones et amours déçues (ça va bien ensemble). Or, cher ami, il y en a une bien en évidence aussi sur la pochette d'Around the Fur, et je n'ai jamais été très réceptif au disque qu'elle habille... Tandis que le cou tendu comme offert au vampire-auditeur sur celle-ci, jusqu'à ses deux grains de beauté exquis, parle quand même bien de l'album dessous, bancal mais sensuel à en crever (peuvent pas s'en empêcher tant qu'il y a Chino), truffé de tentations diverses, élégant et malhabile comme sa track-list, comme une escort hors-de-prix en Louboutin qui cherche l'ascenseur un peu trop éméchée. Comme encore sous influence Team Sleep - décors changeants, cinéma intérieur, et envies toujours plus fortes de chercher La Fille, quand chez d'autres c'est Le Garçon.
À la fois léger et touffu, géant et plein d'air, un peu comme de la barbe à papa de Deftones... Hup-hup-hup : barba-paragraphes ! Un par boule. Pare-balles remisé au vestiaire : l'attaque terre-roses-triste de l'album sans titre est loin derrière, sa gravité cruelle aussi, en dehors de quelques gros coups de surins élec-triques de Steph Carpenter. Steph', ouais. Place à l'aérien, à l'aéroDef, au Def post-rockeux. On tend le cou on étire les ailes. Vers l'infini et au-delà... Enfin, au moins jusqu'au sommet de Mullholand Drive pour commencer... ouais... La femme de Saturday Night Wrist sous son filtre flou-shoegaze et ses traces d'usure vinylesques a un charme plus... Roxy Music ? En tout cas, plus cinématographique, c'est certain. Celle d'Around the Coiffeur est plus du niveau cagole de base (sorry whoever you are madame not Around anymore), du genre à jouer dans une télé-réalité, elle s'envisage comme l'œuvre limitée qu'elle renferme, où le flirt est toujours lié à l'entraînement. La go de SNW semble elle jouer dans un giallo. Un giallo hollywoodien. Ou un Lynch. Elle a des salières de Vénus, vous savez ces fossettes en bas du dos, détail qui rend indécent - les pouces s'y plantent instinctivement, les choses s'enchaînent naturellement comme un... samedi soir. Fièvre. Tiède, mais tenace. Ou Rêve ?
Saturday Night Wrist a la fièvre mais il respire à grand poumons l'air frais ambiant, et cela dès son intro power-dreampop-tones en apesanteur - "pourvu que les secondes soient des heures", à l'image de notre inénarrable MC Chinogero quand il étire les voyelles et le temps avec elles comme du chewing-gum cosmique, sur ce "Trou dans la Terre" ou mieux encore au gré du grand refrain crypto-alcoolique et anxieux de "Beware"... Oui : autant que le Sans-Titre-à-Tête-de-Mort fume, SNW hume. Il zone, se perd. "U U D D L R L R A B SELECT START" (...sérieux les gars...) en est une des clairières, presque une misère de prime abord, puis du smooth-jazzy-post rock très Bark Psychosis, si évocateur avec si peu... muant sur la belle "Xerces" vers le style Deftones mode 'brise d'été'. Gore sera plus beau encore dans l'atmo-Deftones en nuage de lait, mais ici on a déjà à savourer une forme de variété et de pop tendre, dans un disque par ailleurs bien freak-expé à sa façon... et pas dans ses meilleurs moments, bien pattonien, au sens foufou-zinzin (les freakystériques "Rapture" ou "Rats!Rats!Rats!" - ouais t'as raison Damodafoca y a parfois du screamo chez Deftones pas "que" du post-hardcore !) Passé le monstre-vortex d'album à tête de mort fleurie, SNW c'est un peu l'album mi-fourre-tout mi-film d'auteur perso de Deftones. Personnel, intime comme son titre évoquant la veuve poignet, dans l'appartement de vieux garçon fan de Sofia Coppola. Un Deftones borderline avec l'onanisme, bougies et roses pour rencard manqué, finition seul à rêver. So Chino... Un Deftones de salon, laboratoire deluxe, mi-lounge mi-vertige, où ils expérimentent davantage et de façon plus quadrillée, celui où ils la jouent un peu smart et nœud-pap'... SNW est-il aussi simple que cela ? Non : car aucun Deftones n'est aussi simple qu'il n'en a... l'air.
A-t-on besoin d'une Annie Hardy monologuant sur les queues non circoncises des anglais dans une absurde démo trip-hop discount ? Peut-être pas... mais ça n'est pas l'horreur qu'on raconte souvent, cette cracrabstract "Pink Cellphone", et peut-être sans elle SNW ne serait pas autant objet de curiosité... L'étrangeté de Saturday Night Wrist au fond c'est qu'il est fragmenté, plus compartimenté, qu'il semble vouloir vivre plusieurs vies, un peu comme le personnage principal de Holy Motors : il se change à l'arrache entre chaque vie, chaque piste. Il suit comme il peut les niveaux du millefeuille existentiel, sa cohérence est celle d'un patchwork, où les mondes se superposent comme les tissus d'univers. Quelque chose d'un brouillon luxueux... Quelque chose d'un mystère. Biscornu et élégant à la fois. Frustrant mais zébré de beauté. Laboratoire aux fantasmes... cassés. Aux tubes à essai, éparpillés. Pété de thunes (la griffe Ezrin ça coûte bonbon), et aussi, manquant un peu de hauteur comparé aux deux précédents, parfois comme juché sur talonnettes pour se mettre au niveau de son top model de couverture, autant que pour épater les critiques, qui viseront inévitablement ses tics... Ouais, c'est un peu l'album "vous savez quelle œuvre fort classieuse et impressionnante j'vais sortir de mes dossiers, m'sieur Pujadas, malgré les accusations de niou-métallisme dont ch'suis la victime, par toute cette racaille oisive fan de pop-rêve et de contemplation de souliers ?.. Hé ben j'vais vous l'dire !" de Deftones. J'abuse ouais, mais ça vient dans tous ces trucs moches ou étranges en flottement dans un bout érodé de mon cerveau, liés à une époque que je me remémore floue, paumée, et bizarrement fagotée, comme c't'album. 2006, bitches. Une époque devenue poussière grise, et puis... et puis la partie solide de l'album : l'enchaînement final et magistral "Combat"-"Kimdracula"-"Rivière", qui n'aurait pas dépareillé sur White Pony, et où Def nous font dans trois nuances de Tones ce qu'ils savent faire : du Deftones. Frôlant le sublime, épique, magique... Un album finissant de telle façon ne peut décidément pas mériter l'oubli.
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- born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo
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Impec avec la canicule qui lessive.
- born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo
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Ouiiiiiiiii putain c'est génial !
- L.Autre.Du.Dehors › Envoyez un message privé à L.Autre.Du.Dehors
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Alors que les agrafes qui le relient (constituées d'un alliage métallique traditionnellement désigné comme "Acier inoxydable") ont un aspect en surface lisse et dénué d'aspérités.
- born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo
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Merde, même le papier du livret a une texture légèrement obscène.
- born to gulo › Envoyez un message privé à born to gulo
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Tellement pas du néo, la fin de "Beware", que Korn peut signer sans que personne n'y voie que du feu.
