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Neil Young › Re-ac-tor

cd • 8 titres • 38:45 min

  • 1Opera Star
  • 2Surfer Joe and Moe the Sleaze
  • 3T-bone
  • 4Get Back on It
  • 5Southern Pacific
  • 6Motor City
  • 7Rapid Transit
  • 8Shots

informations

Modern Recorders, Redwood City, Californie, Etats-Unis, 9 octobre 1980 - 21 juillet 1981.

line up

Ralph Molina (batterie, voix), Poncho Sampedro (guitares, claviers, voix), Billy Talbot (basse, voix), Neil Young (voix, guitare, claviers)

chronique

Avec ce disque commence la longue série des albums mal aimés de Neil Young. C'est le dernier enregistré avec les desperados du Crazy Horse avant longtemps. Il souffre d'une bien mauvaise réputation qui m'a toujours laissé perplexe : le rock brut et sans fioritures qu'on y entend, avec un son assez crade, reste dans un esprit punk très "fuck you" dans l'âme (les paroles débiles d'un "T-Bone" qui s'allonge durant dix minutes...) et s'il contient des fautes de goût (les choeurs délirants du premier titre, les roucoulades de "Rapid transit", qui survolent un riff asséné de manière implacable), elles font encore partie d'un vrai trip rock, qui s'assume jusqu'au bout. Ce disque s'inscrit dans une lignée, exactement à mi-chemin entre "Everybody knows this is nowhere" et "Ragged glory" : l'électricité s'y répand de bout en bout en rejets malodorants. "Re-ac-tor", qui doit peut-être également sa mauvaise réputation au fait qu'il soit lié pour les Américains au soutien par l'artiste de Ronald Reagan (lui-même sera plus tard incapable de s'en expliquer vraiment) marque en outre la rupture entre le singer/songwriter guitariste et son label de toujours, Reprise (qu'il ne retrouvera qu'à partir de "This note's for you"). On aurait pu s'étonner qu'après maints déboires, il n'ait pas pris cette décision plus tôt. Mais paradoxalement, la période Geffen va véritablement entamer pour le canadien l'ère du grand n'importe-quoi, incapable qu'il sera de retrouver la grande flamme rock avant "Freedom" en 1989. En attendant, des morceaux comme "Southern pacific", dont les paroles et la rythmique évoquent l'histoire du rail aux Etats-Unis (épopée qui sera bien plus tard à nouveau abordée dans le fantastique "Trans Am" sur "Sleeps with angels"), possèdent tout simplement des vertus hypnotiques rares pour un disque de rock limite lo-fi. Et puis surtout, cet album se termine par un moment d'anthologie : le bien nommé "Shots" : près de huit minutes d'un mitraillage en règle à l'arme lourde, rock noisy apocalyptique et ravageur, dont les distorsions, explosions et bombardements guitaristiques en tout genre constituent autant de gilfles dans la gueule (pourquoi diable ne l'entend-on quasiment jamais en live ?). Un titre qui vient rappeler à bon escient comment Neil Young a pu traumatiser des groupes comme Sonic Youth ou Nirvana. Rien que pour ça, l'écoute de ce disque injustement sous-estimé est rigoureusement indispensable.

Très bon
      
Publiée le mercredi 8 février 2006

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notes

Note moyenne        11 votes

commentaires

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Coltranophile Envoyez un message privé à Coltranophile

Dans le petit monde des idolâtres un peu myopes de notre cher Neil, association à but de perdre du pognon dont je fais partie aussi, il est de bon ton d’avoir un album pinata, une galette que l’on considère indigne du génie du sieur, un auto-blasphème. Et d’autres albums que l’on oublie tout simplement (surtout dans les 80s). Dans la première catégorie, Trans obtient le plus de suffrages. Pourtant, je suis loin d’être d’accord même si c’est un album difforme. La vraie drouille de Neil, c’est celui-ci pour moi. Un navet qui pue l’ennui et la fainéantise, avec des titres comme T-Bone, Motor City ou Rapid Transit qui tiennent du foutage de gueule. Le passage obligatoire par le « brut épique » qui est une marque de fabrique donne lieu à « Shots », presque aussi nul que le reste. Si Trans est bringuebalant (et moins qu’on ne le dit souvent), c’est peut-être parce que notre héros s’était violemment vautré juste avant.

avatar Consultant en informatique Envoyez un message privé à Consultant en informatique

Il y a du lourd dans les compos sur celui-ci. Dommage que la production te donne des fois l'impression d'écouter le premier Kyuss. Il a sans doute été mis en boîte dix ans trop tôt dans sa carrière. C'est assez tue l'amour.

SEN Envoyez un message privé à SEN

On est pas loin des 6 boules en réalité sur ce disque !

avatar nicola Envoyez un message privé à nicola

On dirait la pochette du The Ex sur la Révolution espagnole.

nowyouknow Envoyez un message privé à nowyouknow

Il est bon cet album. Un bon son bien brut. On a l'impression les chansons ont été enregistrées en une ou deux prises très tard et sous alcool, d'où une atmosphère grunge un brin débile.. Shots aurait peut-être pu être mieux interprétée mais ça reste une grande chanson. Southern Pacific en est une autre. Je peux comprendre que T-Bone en fatigue certains et une chanson comme "Get Back On It" est franchement faiblarde (en plus de jurer avec le reste) mais dans l'ensemble c'est l'un des rares parmi ses albums 80's que je trouve vraiment bon. Le meilleur des 80's après Freedom?